Tire la chevillette, et la bobinette cherra

Perrault, Le Petit Chaperon rouge (1697)
Même si petits et grands prennent un plaisir extrême à entendre conter ma mère l'Oye, inutile de rappeler en quelles circonstances la mère-grand invita à tirer la chevillette le grand méchant loup qu'elle prenait pour son petit Chaperon rouge...
Mais peut-être faut-il rappeler le fonctionnement d'une serrure aux noms barbares. La bobinette est un morceau de bois rond qui sert de verrou à la porte en pénétrant dans un creux du jambage. Une corde permet de manœuvrer de l'extérieur : la chevillette qui y est attachée permet de faire tomber ce verrou primitif, quand on la tire. Sur les quatre mots de l'expression, trois sont tombés en désuétude ! Il n'en fallait pas plus pour faire d'une banale invitation à entrer une véritable formule magique.
La phrase, fraîche et pimpante, n'a pas cette nuance ironique que l'on prête à son alter ego, Sésame ouvre-toi (Ali Baba et les quarante voleurs dans les Mille et une Nuits). Le sésame est un passe-partout auquel on reproche son caractère systématique, un peu trop facile — pas même besoin de tirer une chevillette !
On ne peut plus lire une réplique commençant par « C'est pour..., mon enfant sans songer à la litanie de maître loup —C'est pour mieux courir... écouter... voir... te manger, mon enfant.» 
On l'emploie pour répondre par une pirouette à une critique malveillante.



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