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Action de grâce, eucharistie

Remerciements chaleureux et euphorique
L'action de grâce épistolaire était, dans l'Antiquité, une formule de politesse habituelle au début des lettres. Par extension, c'est devenu un préliminaire, notamment aux repas, sorte de merci anticipé à Dieu. Le grec eukharistia (reconnaissance) remplace, dans le NT, la bénédiction de l'AT, mais c'est là, en vérité, plus qu'un changement de formule : la bénédiction est une prérogative de Dieu que l'homme peut éventuellement prononcer en son nom ; mais l'homme doit répondre par la reconnaissance à la bénédiction qu'il a reçue. L'action de grâce par excellence, celle de Jésus lors de la dernière Cène, a gardé son nom grec d'eucharistie. 
AT - livre des Macchabées, livre 1, verset 11


Adam

L'hébreux âdâm signifie le terreux, et le premier homme a été créé à l'image de Dieu par Elohim ou tiré de la poussière par Yahvé, d'où son nom ('adâmâh, autrement dit le sol).
Les expressions formées sur son nom font allusion à l'état d'innocence, de dénuement, de nudité du Paradis terrestre, à l'époque reculée où il est censé avoir vécu.


Agapes

Repas copieux et festif
Les agapes (du grec agapê qui se traduit par amouré) sont à l'origine un repas fraternel de caractère liturgique, respecté par les premières communautés chrétiennes. Le principe semble avoir été de mettre en commun les nourritures pour que le pauvre bénéficie des mets apportés par le riche.
Très vite, cependant, ces repas dégénèrent car chacun apporte son propre dîner et l'un a faim et l'autre est ivre (saint Paul aux Corinthiens qui font bombance et se gavent sans pudeur). Les agapes devenues des occasions d'orgie sont interdites au IVe siècle, mais ne cesseront qu'au VIIe. 
NT - Épître de Jude, verset 12


Alléluia

Formule d'exultation, cri de joie
En hébreu : louez Yah (Yahvé). Intégré au départ dans un contexte syntaxique, il est très vite ressenti comme une formule rituelle : dans les Psaumes, il clôt et introduit un chant de louange. Les Septante et la Vulgate, dans ce cas, ne le traduisent pas, mais le transcrivent en grec et en latin : il s'agit donc bien, pour eux, d'un usage liturgique établi. Pour les chrétiens, l'alléluia est plus spécifiquement lié à la liturgie pascale et traduit la joie des fidèles à la résurrection du Sauveur. 
AT - Psaumes, livre 104, verset 35


Arche d'alliance

Pacte entre Dieu et un homme, un peuple ou l'ensemble de l'humanité, ce sanctuaire mobile, fabriqué sur les indications données par Dieu à Moïse, était religieusement transporté dans tous les déplacements du peuple hébreu.
On évite de toucher l'arche sainte, même pour la relever de la boue (un jour que les bœufs qui portaient l'arche regimbèrent et que celle-ci menaça de glisser, Osa la retint de sa main et mourut sur le champ).
L'Arche a perdu de son importance au profit du Temple lorsque les Hébreux se sont sédentarisés.
On ne sait pas très bien quand elle disparut — sans doute lors de la destruction du Temple en 587 av. JC.
La description de l'arche, en bois, est doublée de métal et ornée d'anneaux, a pu évoquer une bouteille de Leyde. Aurait-elle été un condensateur électrique dont seuls les prêtres, par leurs vêtements liturgiques, auraient été protégés ? Le foudroiement d'Osa et les menaces ne se conformant pas aux diktats vestimentaires s'expliqueraient rationnellement. Le texte biblique, malgré sa précision, se prête assez peu à cette interprétation.
À noter que l'arche d'alliance ('arôn) et l'arche de Noé (têbâh) se sont confondues dans la traduction latine. 
AT - Genèse, livre 9, versets 8 à 17 


Baal

Serveurs hypocrites de la divinité. 
NT - Livre des Juges, livre 2, verset 11



Baal-Zebud, Belzébuth

ou Baal-Zebud
Dieu d'Eqron, prince des démons
Baal-zéboul, le seigneur-prince était le dieu cananéen d'Eqron, sans doute un dieu de l'orage, dont le titre était devenu nom. Baal-Zébub, le seigneur des mouches, est une déformation intentionnelle et péjorative du nom. Le NT comprendra Baal-Zéboul comme le seigneur du fumier (zâbal) et en fera le prince des démons. 
La tradition française l'a déformé en Belzébuth.
AT - Livre des rois, versets 1, 2, 3, 6 et 16



Babylone

La Babylone moderne, la grande prostituée
Bab-ili (la porte de Dieu), ville mésopotamienne sur l'Euphrate connue depuis le XXIIIe siècle av. JC, devient la capitale d'un vaste empire qui devait durer quinze siècles, avec des alternances de périodes fastes et de déclins.
Elle fut particulièrement florissante sous le règne d'Hammourabi, au XVIIIe siècle et sous Nabuchodonosor, au VIe siècle. C'est à cette époque que les Hébreux y furent emmenés en esclavage : l'épisode, célèbre (Nabucco de Verdi) a nourri comparaisons et allusions. 
La ville, abandonnée vers 300 av. JC, est le parangon de l'exil ou de la corruption. Dans l'Apocalypse, elle désigne cryptiquement Rome, la grande ville corrompue par les plaisirs matériels.
Babylone, quoique disparue, a continué à symboliser l'ennemi de la nation hébraïque, d'où le proverbe Sion pleure quand Babylone rit...


Bâton de vieillesse

Soutien physique ou moral, matériel ou spirituel, d'un homme vieilli
Lorsque Tobit envoie son fils Tobias rechercher de l'argent laissé en dépôt, sa femme lui reproche d'avoir laissé partir le baculum senectutis nostrae, devenu virga manus nostrae (bâton de notre main) dans la Vulgate actuelle.
AT - Tobit, livre 5, verset 18



Bible

Le grec biblon (du nom de Byblos qui contrôle le commerce du papyrus égyptien) signifiait coeur du papyrus et par extension livre. Dans l'AT, c'est encore un substantif ordinaire : livre de la Loi, livre de Moïse... Mais l'emploi absolu se trouve déjà dans Daniel (9,2), où il désigne probablement les livres prophétiques (au pluriel biblia).
C'est sur ce neutre pluriel que l'on forma le féminin singulier bible, qui désigne les deux Testaments dès le IIe siècle (saint Jean Chrysostome).
Par extension, il désigne aujourd'hui un livre de référence, dans lequel tout s'y trouve et retrouve — sauf vous, complètement perdu !!!


Boire le calice jusqu'à la lie

La coupe d'amertume
Subir l'adversité jusqu'au bout ; s'emploie lorsqu'on se croit arrivé au terme de ses peines et qu'un rebondissement imprévu vient les prolonger.
La coupe est l'image traditionnelle de la colère de Yahvé. Le calice (calque du latin calix) est déjà une épreuve pénible, mais s'il faut en plus en boire la lie, ce résidu amer qui s'est déposé au fond, le châtiment est absolu ! C'est celui, en tout cas, que réserve le Dieu d'Israël, aux méchants. On confond aujourd'hui ce calice avec celui dont se plaignait le Christ au mont des Oliviers. Confusion entretenue par l'usage exclusivement liturgique du calice (au sens propre : vase où l'on consacre le vin de la messe) qui, sans renvoyer à ce passage, semble faire de la coupe d'amertume une allusion au NT. 
AT - Psaumes, livre 75, verset 9


Ecce homo

Présentation emphatique... voilà l'homme
Ainsi Pilate présente-t-il le Christ aux prêtres du Temple, après l'avoir fait fouetter. Par dérision, les soldats l'ont vêtu de pourpre, l'ont couronné d'épines et lui ont fait un sceptre de roseau. Le terme ecce homo désigne, par référence à cette scène, une représentation du Christ dans sa tenue de roi parodique. Par image, on désignait ainsi un homme pâle et maigre.
NT - Évangile selon saint Jean, livre 19, verset 5



Fruit défendu

Thématique souvent utilisée dans un sens sensuel, la pomme peut s'interpréter métaphoriquement aussi comme les seins... Mais elle est avant tout le fruit de l'arbre de la connaissance, même si chaque peuple lui en préférait d'autres : la figue eut les honneurs de la Grèce et de l'Italie, l'orange en Italie, le raisin en Bourgogne et en Champagne, la cerise en Ile-de-France.
À noter que la feuille de vigne ou de figuier a servi également à revêtir Adam et Ève... Mais la pomme est resté le fruit défendu par excellence, ce qui peut se justifier par un phénomène linguistique : en effet, le sens du terme pomum (latin vernaculaire) qui désignait tout fruit à pépin s'est peu à peu restreint à la pomme. un jeu de mot analogue peut expliquer le choix du pommier (malus) pour incarner l'arbre mauvais (malus) !
AT - Genèse, livre 2, verset 17 ; livre 3, versets 1 à 7



Libertin

Athée, puis personne aux mœurs dissolues
Le terme connut un renouveau au XVIIIe siècle en regroupant les esprits forts autour de Théophile de Viau en jouant sur l'homophonie Liber (Bacchus) et liber (libre). 
Il y eut glissement de sens et confusion entre liberté de pensée et liberté de mœurs. 
NT - Actes, livre 6, verset 9


Loi du Talion

Du latin talio, même sens, formé sur talis, tel, principe juridique selon lequel le coupable doit subir le même dommage qu'il a fait subir à sa victime (au propre comme au figuré).
A noter cependant que la peine s'appliquait différemment selon la qualité des personnes lésées.
La loi du Talion apparaît dans le Code d'Hammourabi, roi de Babylone (1792-1750 av. JC), et malgré la cruauté de cette loi, elle constitue un progrès contre la loi primitive de la vengeance individuelle.
Aujourd'hui, la loi du Talion est synonyme de barbarie...
AT - Exode, livre 21, verset 24 ; Lévitique, livre 24, verset 20 ; Deutéronome, livre 19, verset 21


Maccabées


Macchabées (cadavres).
AT - Deuxième livre des Maccabées, livre 7 ; livre 12, versets 38 à 46


Malheur à celui par qui le scandale arrive

Parole de dénonciation
Étymologiquement, le scandale (skandalon en grec) est un caillou : il désigne la pierre d'achoppement qui fait trébucher.
À noter que scandale a un doublet : Esclandre.
NT - Évangile selon saint Matthieu, , livre 18, verset 7 ; Évangile selon saint Luc, livre 17, verset 1


On ne peut servir deux maîtres en même temps

Formule de la dévotion totale et jalouse
Selon l'exhortation du Christ : « Personne ne peut s'asservir à deux seigneurs, car ou il détestera l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez vous asservir à Dieu et à Mamon. »
Mamon, mot araméen désignant la richesse, est devenu, par personnification le dieu syrien de la Prospérité et, pour la Bible, le démon incarnant les biens mal acquis. Il n'apparaît nulle part ailleurs dans l'Écriture.
NT - Évangile selon saint Matthieu, livre 6, verset 24 ; Évangile selon saint Luc, livre 16, verset 13


Pain quotidien

Ce que l'on rencontre ou utilise tous les jours 
Le pain ayant été pendant longtemps la base de l'alimentation, il représentait aussi bien les besoins (matériels ou spirituels) de l'homme ; c'est pourquoi sa symbolique nous est restée dans nombre de rites et d'expressions : compagnon, copain...
NT - Évangile selon saint Matthieu, livre 6, verset 11 ; Évangile selon saint Luc, livre 11, verset 3



Paradis perdu

Autrement dit, le jardin d'Eden
Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'Orient, et il y plaça l'homme qu'il avait formé. La racine du mot éden renvoie à une steppe, une plaine, une terre non cultivée ; plus que l'abondance, c'est l'absence de travail qui semble caractériser le paradis...
AT - Genèse, livre 2, verset 8