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Rouler un patin

Patin que les linguistes appellent déverbal du verbe ancien patiner qui avait le sens érotique de caresser avec insistance comme avec une grosse patte. Remplacé par peloter au XIXe siècle, patiner reprendra vie sous la forme rouler un patin dans les années 30 en pleine vogue du patin à roulettes !
À noter que le verbe peloter a donné lui aussi naissance à un calembour du même acabit : rouler un pélot, un palot, une pelle, tandis que la chaussure de patinage inspirera rouler une galoche


Rouler une galoche

Cette expression procède d'un calembour sur la galoche, chaussure de patinage, activité sportive très en vogue dans les années 30.
À noter que patin que les linguistes appellent déverbal du verbe ancien patiner qui avait le sens érotique de caresser avec insistance comme avec une grosse patte. Remplacé par peloter au XIXe siècle, patiner reprendra vie sous la forme rouler un patin.


Rouler une pelle

Le verbe peloter, qui remplaça au XIXe siècle celui de patiner (qui avait le sens érotique de caresser avec insistance comme avec une grosse patte) a donné lieu à un calembour : rouler un pélot, un palot, une pelle, tout comme patiner, qui refit surface dans les années 30, en pleine vogue du patin à roulettes, inspira rouler un patin et rouler une galoche (pour la chaussure de patinage).


Se tenir à carreau

À l'abri des arbalètes 
Qui se garde à carreau n'est jamais capot. Ce proverbe a pu faire croire que l'expression était née dans un tripot, mais il n'est bâti que sur la consonance car la couleur carreau n'a pas de prédominance dans aucun jeu de cartes. 
Se tenir à carreau c'est en fait se tenir à l'abri des carreaux, ces traits d'arbalète ainsi nommés parce que leur pointe était taillé à quatre pans.


Tenir la distance

Être capable d'aller jusqu'au bout d'une action ; être résistant ; tenir longtemps 
Du vocabulaire sportif des courses où la distance est l'espace, l'étendue à parcourir.
− À propos d'une personne : « Surtout qu'on s'enfile pas qu'un pastis... non... Une bonne petite biture ne fait jamais de mal. Entre hommes, on se réchauffe le moral. Pour l'alcool, je tiens la distance, j'ai pas à me plaindre »,
C. Breillat, Police
− À propos d'une chose : « Le trio blond a fourbi ses armes. On les attendait au tournant en se disant qu'ils n'étaient capables que d'un seul tube soigneusement mis sur orbite grâce à un clip particulièrement accrocheur. Erreur. I've been Loosing You est un titre qui tient la distance »,
L'Événement du Jeudi, 5 février 1987


Le coup du père François

Un tour de pendard 
Le véritable coup du père François réclamait deux acolytes. Un costaud pour étrangler sa victime par-derrière à l'aide d'une courroie en le soulevant du sol, un complice pour le délester de sa montre ou de son porte-feuille. 
Le nom de coup du père François pourrait venir du célèbre lutteur de foire, François Arpin, dit le terrible Savoyard, dont la prise affectionnée était un étranglement par derrière. 
Actuellement, le coup du père François ne désigne plus qu'un choc à la nuque.


Casse-cou

Le cirque, c'est le danger et la fête, l'instant où elle est visitée par l'ombre de la mort. Les trapézistes, là-haut, vont et viennent, s'exerçant au quad (le quadruple saut), en se récupérant au porteur ou, plus difficile, au bâton, inerte et dangereux.
Pendant ce temps, le fil-de-dériste (funambule) passe et repasse au-dessus du vide, en équilibre sur la fatalité.


Cyclard

Surnom du coursier 
Le cyclard ou coursmard, avec sa virtuosité à prendre les rues en levrette et à remonter les trottoirs, est somme toute un cycliste plus rapide.


De but en blanc

Tir de but à but 
Les premières armes à feu ne comportaient pas de hausse mobile. La ligne de mire faisait un angle de quelques degrés avec l'axe du canon. Cet angle de tir était calculé pour qu'en visant le blanc, c'est-à-dire la cible peinte en blanc, le projectile l'atteigne. À la condition expresse de se trouver à la distance normale de tir. C'est ce que l'on appelait le tir de but en blanc. C'était le plus rapide. À une autre distance, il fallait viser au-dessus ou en dessous du blanc, ce qui demandait des réglages fastidieux.
Mais pourquoi tirer du but et non vers le but ? Parce que les premiers champs de tir comportaient deux buttes ou buts (en ce temps-là, les gens disaient aussi bien une butte qu'un but). Elles étaient séparées de mille pas, la distance normale pour les arquebuses dites buttières.
On tirait de l'une vers l'autre avant d'aller aux résultats. Puis de l'autre vers l'une. D'où ce curieux renversement de sens : d'endroit d'où l'on tirait, le but est devenu l'endroit visé.

Un marathon

New York organise chaque année le nec plus ultra des marathons pour les passionnés de course à pied. Ainsi en novembre, se rassemblent plusieurs milliers de coureurs sur 42,195 kilomètres : cette distance très précise est celle qui séparait la ville de Marathon de celle d'Athènes.
En 490 avant J.-C., Miltiade fut nommé général en chef de l'armée athénienne pour faire face à l'invasion des Perses de Darius. Bien que dépassés par le nombre, les Athéniens parvinrent à repousser les envahisseurs et à remporter un succès qui s'annonçait plus qu'incertain.
Darius vaincu, la Grèce était sauvée et la première guerre médique terminée. Miltiade envoya une estafette à Athènes pour annoncer la victoire. Le soldat couvrit la distance en courant le plus vite possible. Une fois son message délivré, il s'écroula, mort d'épuisement. Discipline reine des Jeux Olympiques, le marathon commémore ce lointain exploit.


Avoir la pêche

Ou avoir la frite 
Vocabulaire de sportif : une pêche est un coup violent mais lourd, la frite est un coup rapide et soudain. 
Blague de communale : faire une frite à un copain, c'est lui cingler les fesses d'un geste brusque de haut en bas ce qui fait beaucoup plus mal qu'une simple claque sur la fesse. 
Avoir la pêche ou avoir la frite, c'est être en pleine forme physique.

C'est du béton !

Ça ne craint rien, c'est du solide ! 
D'une résistance à toute épreuve Malgré les apparences, cette expression ne vient pas des chantiers de construction, mais du monde du sport ! 
Il y a là d'ailleurs une parfaite illustration des métaphores : on ne dit pas c'est du béton dans le bâtiment pour dire c'est du solide, puisque précisément... c'en est ! 
Le béton est ici une image bâtie sur la technique du football. Les joueurs font le mur lorsqu'ils se placent en un rang serré devant leurs buts, pour parer un coup franc tiré par l'équipe adverse. 
De là l'idée qui s'est développée chez les joueurs de rugby d'une défense si compacte, si infranchissable, qu'elle paraît une barrière de béton armé. 
Faire du béton, pour les rugbymen, c'est s'incruster, s'accrocher au sol (souvent boueux, du reste !), soit dans une mêlée, soit dans une tactique de défense destinée à résister à un adversaire plus mobile.L'expression était déjà en usage dans les années 50 parmi le monde agité et loquace des supporters de rugby. S'est développé ensuite, au cours des années 60, un second degré de la métaphore, pour désigner un système de défense sans faille dans toutes sortes de domaines.
On dit aussi bien d'une documentation riche et complète (un article de ce blog, par exemple...) : C'est du béton ! 
Ce sont là des arguments solides, étayés par des preuves indiscutables, dans la défense d'une cause controversée : Ses arguments, tu peux y aller, c'est du béton !...
Enfin, la locution s'étant tout à fait dématérialisée dans les années 70-80, elle sert aujourd'hui de superlatif à solide, inébranlable, indestructible appliqués à divers contrats et liens - fussent-ils entièrement affectifs.


Coiffé au poteau

Terme de turfiste, le poteau est ici celui marquant l'arrivée d'une course hippique sur lequel un cheval se fait battre d'un poil.


Courir comme un dératé

Sans point de coté 
Mis à part le rôle utilitaire en cas de besoin impérieux, la course à pied a toujours fasciné les foules soit dans la compétition directe d'homme à homme, soit par animal interposé. Hélas ! nous savons tous depuis l'enfance que même les plus ingambes et les plus résistants au souffle sont sujets à une faiblesse commune : le fameux point de côté qui vous plie en deux et vous oblige à vous arrêter. 
Les Anciens croyaient que c'était la rate, organe un peu mystérieux, qui dilatée par l'effort causait cette douleur poignante (de poindre, piquer) au-dessous des côtes. Les Grecs et les Romains avaient donc essayé de remédier à cet inconvénient chez leurs champions du stade par un traitement approprié que décrit Pline l'Ancien : « La prêle employée en décoction dans un récipient de terre neuf, qu'on a rempli jusqu'au bord et qu'on a laissé réduire d'un tiers, consume, bue pendant trois jours par hémines, la rate des coureur, qu'on prépare à ce traitement par une abstinence de toute matière grasse ou huileuse durant vingt-quatre heures » (cité par Maurice Rat).
En fait, ils inventaient la diététique ! 
Encouragés par ce texte, et par les progrès naissants de la médecine, certains chirurgiens de la fin du XVIe siècle résolurent d'apporter au problème une solution radicale : l'ablation pure et simple de ce viscère encombrant. Le Dictionnaire de Trévoux fait de cette expérience un récit désapprobateur à l'article dérater : « Ce mot fut mis en usage par une secte de Chirurgiens qui s'éleva il y a environ un siècle. Ils prétendaient que l'homme tirerait de grands avantages s'il se faisait ôter la rate, ce qu'ils appelaient dérater. Les chiens auxquels ils avaient fait cette cruelle et bizarre opération ne moururent pas sur-le-champ, mais peu de temps après, ce qui fut cause qu'aucun homme ne voulu se faire dérater, pour jouir des prétendus avantages que vantaient les auteurs de cette opération. »

Pourtant la blague a fait fortune : on dit courir comme un dératé, précisément en mémoire de ces expériences qui furent accueillies par une franche rigolade.
Toutefois l'expression n'apparaît pas avant le début du XIXe siècle. Napoléon Landais la signale dans son dictionnaire en 1836 : « Courir comme un dératé, comme on suppose que pourrait le faire une personne à qui on aurait ôté la rate. » 


Déclarer forfait

Une amende pour un cheval 
La métaphore hippique n'est plus perçue, mais le forfait (forfeiten anglais, d'où le mot français est issu) est l'amende que le propriétaire d'un cheval doit payer aux organisateurs s'il ne le fait pas partir dans la course où il était engagé. 
Le vieux terme juridique français forfait était un débit à verser en cas de rupture de contrat. 
À l'époque de la Chanson de Roland, forfaire avait le sens plus général d'agir en dehors - fors - du devoir. Il nous en reste forfaiture.


En mettre un rayon

Coup de pédale sur les rayons 
Pour grimper le col du Lautaret ou du Galibier, les coureurs du Tour de France doivent mettre un coup sur les rayons. 
Le rayon d'une roue a une toute autre étymologie que celui de la ruche : il vient du latin radius.


Être dans la pampa

Être très en arrière du peloton 
Si l'on a manqué l'autobus (formation de coureurs qui se regroupent pour finir ensemble et notamment d'éviter l'élimination), on se retrouve dans la pampa ; il arrive que l'on dise alors du malheureux coureur qu'il ne lui manque plus que la canne à pêche...


Feuille morte

Balle frappée de façon à retomber d'aplomb 
Au football, il vaut mieux ne pas trop ramasser ce genre de feuille morte au fond de ses filets !


La dernière ligne droite

Pour marquer un aboutissement proche 
Du vocabulaire sportif des courses, où la dernière ligne droite précède l'arrivée. 
« - Allons, assieds-toi, me proposa Marlène. Tu ne manges rien depuis trois jours... 
- Je suis dans la dernière ligne droite de mon roman »,
Philippe Djian (Maudit Manège)

Lève-vite

Action de lever rapidement le châssis d'une automobile pour en changer les pneumatiques. 
En formule 1, la course se joue beaucoup dans les arrêts au stand, et dans la rapidité de ce lève-vite.