Ou aux quatre coins de la terre, c'est-à-dire : Partout.
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Aux quatre vents
Les Anciens nommaient les points cardinaux par les
vents soufflant des directions correspondantes,
l'expression désigne donc ce qui part dans toutes les
directions, partout dans le monde.
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Le XIXe siècle a bien connu le numéro de tête-bêche que
figurent ces chiffres amusants.
« Que fait Bacchus quand, accablé d'ivresse,
Son vit mollit et sur le con s'endort ?
Soixante-neuf... et son vit se redresse,
Soixante-neuf ferait bander un mort »
Parnasse satyrique, 18..
L'expression de ces salacités s'est prolongée tant bien
que mal jusqu'à nos jours, mais la connotation
égrillarde du chiffre paraît moins forte que naguère.
À la six-quatre-deux
En deux coups de dés
Quand cette expression à l'origine obscure apparaît en 1867, elle possède déjà les deux sens que nous lui connaissons ; en moins de deux ou à la va comme j'te pousse. Le sens de rapidité pourrait venir d'un jeu de dés ou de cartes.
Quand cette expression à l'origine obscure apparaît en 1867, elle possède déjà les deux sens que nous lui connaissons ; en moins de deux ou à la va comme j'te pousse. Le sens de rapidité pourrait venir d'un jeu de dés ou de cartes.
On disait aussi de celui qui allait vite en besogne : il a fait deux coups, six trous, par référence au jeu de tric-trac ou jacquet, dont chacun des quatre compartiments comporte six cases.
Mais certains pensent que cette notion de vitesse pourrait venir de la manière de dessiner rapidement l'un en-dessous de l'autre un 6, un 4 et un 2 pour former le profil d'un visage.
Dire les chiffres à l'envers peut exprimer la notion de négligence. On disait aussi faire quelque chose de sept en quatorze, n'importe comment, comme celui qui compte de sept à quatorze sans s'arrêter aux chiffres intermédiaires.
Dire à quelqu'un ses quatre vérités
Dès 1549, Estienne explique dire à quelqu'un ses (quatre) vérités comme lui dire ce qu'on pense de lui avec une franchise brutale. Ces vérités personnelles sont toujours désobligeantes pour celui dont il s'agit, et le pluriel correspond à choses vraies dites sur le compte de quelqu'un et qui paraissent justifiées (donc vraies) du point de vue de l'attaquant.
Quatre n'a ici qu'une valeur intensive, mais ne s'explique pas spécifiquement, sinon par l'image implicite du cadran, totalité divisée en quatre secteurs (cf. : les quatre points cardinaux, aux quatre vents, etc.).
En deux mots
Très brièvement
On trouve les variantes en trois, quatre, quelques mots. En un mot comme en cent ne signifie pas rien d'autre que la chose peut être aussi bien exprimée brièvement.
Faux comme un jeton
Compter, c'était jeter
« Je ne sais calculer ni à jet ni à plume », disait Montaigne. Rien de surprenant à son époque où tout le monde écrivait encore les nombres en chiffres romains et où les gens qui savaient calculer étaient considérés comme de vrais magiciens.
Il est impossible d'utiliser les chiffres romains pour faire une opération. Les marchands, les géomètres, les banquiers les employaient seulement pour en écrire les résultats. Pour calculer, on utilisait des jetons en os ou en ivoire ou en métal que l'on jetait sur des abaques, sorte de tables où étaient gravées des colonnes.
Certains jetons de cuivre ressemblaient à des pièces de monnaie. De là naîtra l'expression faux comme un jeton. Les calculateurs professionnels qui utilisaient l'albaque à jetons formaient une caste placée sous la haute protection de l'Église. Voulant garder leurs secrets, ils s'opposèrent longtemps à la diffusion du système des chiffres arabes et du zéro qui rendaient les calculs si faciles.
Ils firent même envoyer au bûcher comme suppôts de Satan certains propagateurs trop zélés des chiffres arabes.
Il a tiré le bon numéro
Mariage d'intérêt, mariage d'argent, mariage de raison, mariage de convenances, même mariage d'amour, le mariage a toujours été une loterie où il faut avoir la chance de tirer le bon numéro.
Comme au tirage au sort des conscrits au siècle dernier. Ceux qui tiraient le bon numéro échappaient à un service militaire obligatoire de sept années (les sept ans de raison ?)
L'âge du capitaine
Pour évoquer des questions oiseuses ou des problèmes absurdes
Par référence à des devinettes saugrenues où il faut trouver, à partir de données hétérogènes, l'âge du capitaine d'un navire.
S'en moquer comme de l'an quarante
Comme du Coran
Mais quel est donc ce fameux an quarante ? Tout simplement la déformation du mot arabe al coran, le Coran. On comprend le dédain des croisés pour les versets de ce livre impie à leurs yeux. Et pour l'algèbre que l'on doit aussi aux Arabes, comme en témoigne l'expression voisine n'y comprendre non plus qu'à de l'algèbre ou bien à l'alcoran.
Prétextant que s'en moquer comme de l'an quarante n'est attestée pour la première fois qu'en pleine Révolution Française, certains voudraient contester cette origine pourtant de loin la plus logique. Pour eux, l'an quarante serait celui de la République à la pérennité de laquelle les royalistes ne pouvaient croire.
Mais comme les premières attestations écrites se situent dans des textes révolutionnaires, d'autres les contredisent : pour eux, il s'agirait de l'an quarante du règne de Louis XVI encore roi des Français.
Ils tombent néanmoins d'accord pour déclarer que quarante serait le chiffre de l'attente dans la symbolique des nombres. Comme les quarante jours du déluge, les quarante ans passés par les Hébreux dans le désert, les quarante heures que passa Jésus au sépulcre et les quarante jours qui passèrent ensuite jusqu'à son ascension dans le ciel. C'est aussi la durée du jeûne chez les chrétiens et les musulmans.
Ce qui confirme bien l'hypothèse de l'alcoran en an quarante.
Se moquer du tiers comme du quart
Se moquer du qu'en dira-t-on
Tiers et quart ne sont pas à prendre ici pour des fractions mathématiques, mais à comprendre dans leur sens ancien de troisième et quatrième. Se moquer du tiers comme du quart, c'est tout simplement se moquer des uns comme des autres.
Se prendre pour la huitième merveille du monde
De nombreux lieux de par le monde se réclament d'être la 8e merveille du monde.
En France, le Mont-Saint-Michel, selon certains, semble mériter cet honneur tant la magesté et la grandeur du lieu en imposent aux visiteurs. Il est pourtant difficile de juger et de comparer de tels chefs-d'œuvre avec les sept merveilles du monde officielles des Anciens.
En voici la liste, par ordre chronologique, bien que les auteurs ne s'accordent pas toujours sur ces dates :
− Vers 2700 avant J.-C., Sémiramis fit construire les jardins suspendus de Babylone ainsi que de nombreux monuments dont un palais de 5 kilomètres de tour. La magnificence du lieu lui valut le titre de Reine de l'Orient ;
− Vers 2600 avant J.-C., en Egypte, les trois pharaons de la IVème dynastie, Khéops, Khéphren et Mykérinos, père, fils et petit-fils, firent construire les trois pyramides bien connues. Elles ont respectivement 142, 133 et 54 mètres de haut ;
− 400 ans avant J.-C., Phidias, le plus grand sculpteur de l'Antiquité, réalisé à Olympe la statue de Jupiter Olympien ; − 378 ans avant J.-C., Artémise fit élever à Halicarnasse, en Asie Mineure, un tombeau à la gloire de son époux Mausole : le Mausolée. Avec 11 mètres de haut sur 126 mètres de long, le monument était surmonté d'une pyramide où se tenait la statue de Mausole assis dans un quadrige de marbre. L'ensemble mesurait 43 mètres de haut. Sa masse et l'art déployé lui valurent cette place glorieuse ;
− 285 ans avant J.-C., Ptolémée fit relier l'île de Pharos à Alexandrie par la construction d'un môle de 1300 mètres de long au bout duquel fut érigée une tour de marbre blanc de 135 mètres de haut. La nuit, un feu, visible à 1000 milles nautiques des côtes, brûlait en permanence pour guider les marins. Ce phare fut ébranlé à plusieurs reprises par les tremblements de terre. En 1152, il ne mesurait plus que 22 mètres avant de s'écrouler totalement en 1302 ;
− 285 ans avant J.-C., sur l'île de Rhodes dans la mer Egée, fut érigée la statue en bronze du colosse, haute de 32 mètres, représentant Apollon. Les navires, toutes voiles dehors, pouvaient passer entre ses jambes écartées. Lui aussi s'écroula suite à un tremblement de terre ;
− En 103 avant J.-C., le temple de Diane à Ephèse (Turquie actuelle) fut détruit par Erostrate (que certains auteurs qualifient de fou) qui y mit le feu pour immortaliser son nom. Il avait fallu 220 années de travail pour construire ce magnifique monument aux 127 colonnes de 20 mètres de haut chacune.
Des sept merveilles du monde, seules les Pyramides ont survécu aux siècles, mais dans le langage courant, d'autres merveilles les ont remplacées. Nous avons tous rencontré une personne dont on dit qu'elle se prend pour la 8e merveille du monde ; mais 7 étant un chiffre sacré, elle a peu de chances de se voir homologuer !
Tiré à quatre épingles
Bien ajusté
Au XVIe siècle, la mode était aux vêtements près du corps. Une personne bien tirée était celle dont les vêtements étaient parfaitement ajustés.
Les quatre épingles qui furent ajoutées à l'expression au siècle suivant n'ont pas besoin d'être expliquées par quelque mode médiévale imposant quatre épingles pour fermer un corsage. Pour ajuster une étoffe sur un patron ou une doublure sur un tissu, le tailleur a simplement besoin de tendre les quatre coins avant de la coudre.
Treize à la douzaine
L'expression relève du langage familier et s'entend pour « beaucoup, en abondance ou un grand nombre » (1750, in Gottschalk).
Cette image vient du commerce de détail où certains articles ou denrés sont (ou étaient ?) vendus au nombre de treize pour le prix de douze, ainsi les œufs ou les huîtres.
L'expression s'emploie principalement dans un sens plutôt péjoratif avec la nuance de beaucoup trop, à ne savoir qu'en faire.
Attendre cent sept ans
Cent sept carêmes
Attendre cent ans représentait déjà beaucoup. C'était la forme première de l'expression.
Les sept ans de rabiot sont dus à la symbolique d'origine biblique du chiffre sept et au télescopage avec deux expressions voisines. En Anjou, on attendait sept ans et un carême et, au Québec, c'était sept ans et sept carêmes. Car rien n'est plus long qu'un carême sans faire gras !
L'as des as
L'aviateur Georges Guynemer
Pour tuer le temps entre deux missions, les aviateurs de 14-18 tapaient le carton. Ils jouaient à la manille. À ce jeu, le dix et l'as sont les deux cartes les plus fortes. D'où la tradition de décerner au pilote qui avait abattu plus de dix avions ennemis le titre d'as. Le nouvel as devait alors payer le champagne !
S'inspirant des formules der des ders et prems des prems, la presse surnomma Guynemer, l'homme aux 54 victoires, l'as des as.
Lire en première
Faire une première lecture des épreuves
Le correcteur lit (ce qui signifie pour lui corriger) les épreuves en première (on dit aussi en pouce, seconde, voire troisième (lecture), et au final, en bon (à tirer) ou BAT.
En deux temps trois mouvements
Arme sur l'épaule... droite !
Réminiscence du maniement d'armes, imposé aux jeunes conscrits qui s'effectue en plusieurs temps successifs.
La cinquième colonne
Celle qui soutenait Franco
La cinquième colonne est née sur les ondes espagnoles pendant la guerre civile de 1936. Les Nationalistes ne cessaient de répéter à la radio que Madrid n'allait pas tarder à tomber grâce aux quatre colonnes fortement armées qui convergeaient vers la capitale espagnole défendue par les Républicains.
La radio ajoutait : sans oublier la cinquième colonne, celle formée par les partisans du général Franco à l'intérieur même de la ville.
C'est reparti comme en 40 !
Tout le monde connaît le sens de l'expression, « n'attacher aucune importance à quelque chose », et longtemps on pensa qu'il s'agissait de l'an 40 de la Révolution, expression des royalistes après l'adoption du calendrier républicain : mais le régime ne dura pas jusque là.
La découverte par Pierre Enckell d'un exemple datant de 1790 a ruiné cette explication. Aujourd'hui, on estime qu'il s'agit plutôt d'une déformation de « s'en moquer comme de l'Alcoran ». Le mot Coran ayant remplacé au XVIIIe siècle l'ancien Alcoran (al- qor‚n), l'expression n'aurait plus été comprise.
En fait, il y a comme une crase (télescopage de deux expressions, deux tronçons de phrase), entre « s'en moquer comme de l'an 40 » et « c'est reparti comme en 40 », variation modernisée de « c'est reparti comme en 14 » allusion ironique à la Grande Guerre. Une expression qui supposerait que les combattants partaient le sourire aux lèvres et la fleur au fusil, pleins d'allant...
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