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Pêche miraculeuse

Profit inespéré, au propre (pêche) ou au figuré.
NT - Évangile selon saint Luc, livre 5, versets 1 à 11 ; Livre de Jonas, livre 21, verset 6


Poisson d'avril

Un cadeau de nouvel An 
Le jour à partir duquel l'année change de millésime a varié neuf fois en France depuis le début de l'ère chrétienne. Jour de fête et jour d'échange des étrennes, il ne sera fixé au 1er janvier qu'en 1565. Avant, c'était le 1er avril. 
Ceci pour expliquer les cadeaux fantaisistes offerts par de joyeux lurons aux retardataires non adaptés au nouveau calendrier. Avril était la pleine saison du maquereau comme en témoigne le terme ancien dont étaient affublés les maquereaux, les souteneurs, un bon siècle avant l'introduction du calendrier grégorien.
Quelle meilleure farce en effet que de faire présent en plein carême d'un maquereau, à un moment où les gens maugréaient à l'idée d'être obligés de faire maigre et de ne manger que du poisson pendant quarante jours ?
Les Allemandes faisaient de même avec leur Aprilscherz (plaisanterie d'avril). Aujourd'hui, cette plaisanterie n'est plus qu'un poisson en papier que les enfants épinglent subrepticement dans le dos de leurs petits camarades.


Tomber comme mars en carême

Pas du tout mal à propos 
Sous prétexte qu'on se passerait bien de faire maigre pendant le carême, beaucoup employaient (et continuent à employer) fort illogiquement cette expression pour arriver mal à propos. 
Parce que c'est tout le contraire ! Le carême dure quarante jours comme l'indique son nom en latin. Carême est la déformation de quadragesima dies. Même si Pâques est une fête mobile, il y a forcément quelques jours du carême en mars. 
Pour Rabelais, le curé de Meudon, la tournure avait donc logiquement le sens d'arriver inévitablement.
Mais plus tard, au temps de Boileau, l'expression change un peu de signification : c'est arriver de façon propice. L'Académie française va ajouter à la confusion en proposant dans son dictionnaire de 1762 d'écrire dans ce sens : arriver comme marée en carême, arguant que le poisson frais est le bienvenu en période de jours maigres. 
Résultat : nous disposons de deux expressions quasiment identiques pour deux sens quasiment contraires !


Caviarder

Retrancher des passages d'un article 
S'il arrive qu'on lâche un noir pâté, c'est bien involontairement. Ce noir caviar, lui, est bien volontaire et doit verbe et nom (le caviardage) à la Russie tsariste, grande spécialiste en censure et œufs d'esturgeon.


Débardeur

Docker chargé de vider les bennes de poissons 
Les débardeurs ont presque disparu, sauf leurs épaules ! Ce titre subsiste cependant chez les dockers de pêche, où le débardeur a la charge de vider les bennes de poissons sur les tables de triage.


Faire une queue de poisson

Faire une queue de poisson signifie, pour un véhicule, se rabattre brusquement devant celui qu'il vient de dépasser (1926). L'expression viendrait d'une métaphore sur le mouvement ondoyant du coup de queue d'un poisson.
À ne pas confondre avec « se finir en queue de poisson » : les deux expressions existent bel et bien avec deux champs sémantiques bien distincts.


Il y a anguille sous roche

Ça sent l'entourloupe 
« Latet anguis in herba » (Il se cache un serpent dans l'herbe) disaient les Romains. 
C'est un jeu de mots sur le mot ancien guille, entourloupe, qui a fait passer du serpent (anguis en latin) à l'anguille qui était un mets des plus recherchés au Moyen Âge. Ce poisson n'ayant aucune raison de se prélasser dans l'herbe, la logique populaire lui a substitué la roche. 
En anglais, cette anguille est devenue un rat : « I can smell a rat », je sens l'entourloupe.


Noyer le poisson

Contradiction apparente 
L'expression semble absurde mais la contradiction n'est qu'apparente. 
Noyer le poisson est une technique de pêcheur à la ligne qui consiste à épuiser le poisson une fois ferré, en le sortant et en le replongeant dans l'eau de façon répétée.


Une huile

Une grosse légume 
Dans l'armée, les chefs portaient des bicornes et des galons alignés en grand nombre sur leurs manches, appelés des sardines. Par plaisanterie sur les boîtes de sardines à l'huile, les pioupious des années 1830 rangeront les gradés parmi les huiles, donnant naissance à l'expression aujourd'hui en voie de disparition nager parmi les huiles.


Pêcher en eaux troubles

L'expression signifie tirer avantage d'une situation troublée ; faire des profits peu honorables grâce à des désordres (Guillaume Alexis, 1450-1486) L'image a été clairement expliquée et se retrouve dans différentes langues ; elle est vraisemblablement empruntée (XVIe siècle) à une locution grecque.
Nicot, in Explications morales d'aucuns proverbes français, l'explique comme suit : « Quand les rivières par quelques longues pluyes ou autre occasion sont bien troubles, lors les pescheurs ont bon temps, parce que le poisson ne pouvant appercevoir les filez, entrent plus facilement dedans : Tout de mesmes quand une République ou autre Estat, tel qu'il soit, est agité de dissensions et discordes civiles, et par ce moyen tout ordre et police en confusion, ceux qui manient les affaires publicques ont par là occasion et beau jeu pour faire leur proffit particulier et tirer à eux des finances et substances communes ce que bon leur semble, ce qu'ils ne pourroient sans craincte en un temps paisible et tranquille. »


Être ni chair ni poisson

De religion douteuse 
La locution date de la guerre de religion. Celui qui ne mangeait que du poisson pendant le Carême était considéré comme un bon catholique, celui qui mangeait de la chair ne pouvait être que protestant. Et celui qui n'était ni chair ni poisson était un homme à la religion douteuse. 
Aujourd'hui, c'est l'homme indécis, indéfinissable.


Le mariage de la carpe et du lapin

Alliance incongrue, le choix de la carpe et du lapin peut surprendre. Il l'est encore plus quand on apprend que cette expression d'allure médiévale date de 1934 !


Faire des yeux de merlan frit

Dans son édition de 1898, Larousse l'explique ainsi : « Lever les yeux au ciel, d'une manière ridicule, de sorte qu'un en voit plus que le blanc ». C'est une gestuelle de cinéma muet, qui, accompagnée de soupirs énamourés de rigueur, n'a guère plus cours chez les amants... L'expression est pourtant demeurée en usage depuis le dernier quart du XIXe siècle, où elle est apparue reprenant une notion d'œil blanc qui était jusque là l'apanage de la carpe. C'est en effet la carpe, poisson d'eau douce autrefois fort commun sur toutes les tables, qui a fourni le prototype de cette image culinaire de la pâmoison amoureuse, réelle ou rêvée. 
Une oeuvre rare et précieuse, les Œuvres badines du comte Caylus apporte la preuve irréfutable que la métaphore des yeux de poisson frit était déjà bien établie dès la première moitié du XVIIIe siècle : « Un jour, c'était pendant le grand chaud de l'été, s'étant retiré dans une grotte qui était au bord de ce canal, il vit une belle grande carpe, mais grande comme une personne ; ce qu'on remarquait davantage, c'était ses yeux ; jamais on n'en avait vu de si tendres. C'est de là qu'on a dit des amants qui regardent tendrement leur belle : qu'ils font des yeux de carpe frite », Caylus, Recueil de ces Messieurs, 1745


Faire une touche

Cette métaphore habillement tirée de la pêche - c'est le poisson qui touche l'hameçon avant de mordre - s'est répandue au début des années 1920 pour indiquer les marques d'intérêt, émotions et menues manoeuvres, observées à son propre égard chez une personne du sexe opposé. Il est probable que la résonance discrète du mot avec son sens affectif ordinaire (« cela me touche ») a contribué à son succès, comme aussi la promesse qu'il paraît contenir de réels attouchements à venir... L'expression se pare aujourd'hui d'un charme quelque peu désuet.