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Arbre de vie

Symbole de la vie, de la renaissance, de l'exaltation, cet arbre dont le fruit donne l'immortalité, a été planté par Dieu dans le jardin d'Eden.
C'est pour éviter qu'Adam le mange comme il a mangé la pomme de la connaissance que Dieu le chasse du Paradis. Cependant, la mort n'est apparue qu'après la consommation du fruit défendu, on peut se demander à quoi aurait servi cet arbre d'immortalité : peut-être ne s'agit-il originellement que d'un seul et même arbre.
Peut-être aussi la connaissance n'est-elle que la prise de conscience par l'homme de son caractère mortel : la découverte du corps (à travers la nudité) est la découverte de la fragilité, de la portion mortelle de l'homme. La fonction de la religion serait dès lors de montrer par quel chemin l'homme peut retrouver l'arbre de vie. Pour ceux qui trouveraient sadique un Dieu plantant des arbres interdits, l'explication folkloriste qui tente de reconstituer un récit originel, semblera plus réconfortante. Dieu aurait planté un arbre de vie et un arbre de mort pour laisser à Adam le choix de sa condition. Il aurait envoyé le serpent pour conseiller à l'homme de manger de l'arbre de vie, qui lui aurait donné l'immortalité. Mais le serpent, voulant garder pour lui cette immortalité, transmet le conseil inverse.
À lui donc le fruit de la vie, à l'homme celui de la mort. 
AT - Genèse, livre 2, verset 9 ; livre 3, verset 22


Cèdre du Liban

Symbolise le luxe, la beauté, la force
Les cèdres du Liban étaient réputés dans tout le monde antique. Dans la Bible, ils sont surtout connus pour avoir servi à la construction du Temple et de la maison de Salomon. Ils incarnent la beauté et le luxe : Son visage est comme le Liban, remarquable comme les cèdres, dit la Sulamite du Bien-aimé du Cantique.
Ils représentent l'homme orgueilleux qui s'est élevé et que Yahvé abaissera, aussi bien que le juste ferme dans sa foi pour Yahvé. Comme ils restent toujours verts et semblent vivre longtemps, ils symbolisent l'immortalité. Ezéchiel en a tiré une image du Messie à venir et c'est peut-être par lui que le cèdre du Liban a pénétré l'imaginaire chrétien.
AT - Premier livre des Rois, livre 5, verset 20 ; livre 7, verset 2 et suivants


Le lys dans la vallée

Cette expression est surtout connue grâce au roman de Balzac, et désigne la Bien-Aimée.
AT - Cantique des cantiques, livre 2, verset 1


Péché originel

Thématique souvent utilisée dans un sens sensuel, la pomme peut s'interpréter métaphoriquement aussi comme les seins... Mais elle est avant tout le fruit de l'arbre de la connaissance, même si chaque peuple lui en préférait d'autres : la figue eut les honneurs de la Grèce et de l'Italie, l'orange en Italie, le raisin en Bourgogne et en Champagne, la cerise en Île-de-France.
À noter que la feuille de vigne ou de figuier a servi également à revêtir Adam et Ève... Mais la pomme est restée le fruit défendu par excellence, ce qui peut se justifier par un phénomène linguistique : en effet, le sens du terme pomum (latin vernaculaire) qui désignait tout fruit à pépins s'est peu à peu restreint à la pomme. un jeu de mots analogue peut expliquer le choix du pommier (malus) pour incarner l'arbre mauvais (malus) !
AT - Genèse, livre 2, verset 17 ; livre 3, versets 1 à 7



De mémoire de rose...

Allusion à Fontenelle, Entretien sur la pluralité des mondes, V (1686)
Les roses ne se souviennent pas d'avoir vu mourir le jardinier et le présument immortel.


Couper l'herbe sous le pied (à quelqu'un)

L'expression signifie texto frustrer quelqu'un d'un avantage escompté en le devançant ou en le supplantant... 
La locution date du XVIe siècle, et figure notamment chez Brantôme. Elle met en œuvre l'idée de rupture, de suppression des moyens de subsistance, par l'emploi de couper (comme dans couper les vivres) et de herbe, ce nom qui avait en effet la valeur de moyen de subsistance assez proche de celle d'un mot comme pain et explicite dans d'anciennes locutions comme l'herbe lui manque sous le pied (il manque de moyens de subsistance) ou être réduit à l'herbe (être privé du nécessaire).
La locution a fait l'objet de légères variantes : faucher l'herbe sous le pied ou tondre l'herbe sous le pied de quelqu'un. Couper l'herbe sous les pieds (ce qui serait plus logique) se trouve chez Cotgrave au XVIIe siècle, Richelet au XVIIIe siècle et est toujours employée.


Décerner la palme

Établir le palmarès

Chez les Anciens, le symbole de la victoire était agreste : couronne de laurier posée sur la tête du général victorieux ou palme remise aux premiers d'un concours, à ceux qui figurent au palmarès. 
Le laurier, consacré à Apollon, ne pouvait servir à aucun usage profane. En revanche, les longues feuilles du palmier-dattier n'étaient chargées d'aucune symbolique. C'est pourquoi elles deviendront au travers de la fête chrétienne du dimanche des Rameaux (domenica in ramis palmarum) qui commémore l'accueil triomphal fait à Jésus le jour de son entrée à Jérusalem au début de la grande semaine de Pâques par ses disciples qui répandaient des branches de palmier sous ses pas. 

Le chiche soleil de nos climats nous a contraints à remplacer les palmes par du buis.


Être du bois dont on fait les flûtes

C'est être très accommodant, avoir l'échine souple, aussi souple que le roseau, ce bois dont on fait les flûtes, ou que l'érable, ce bois dont on fait les vielles, forme ancienne de l'expression.
À l'opposé, être du bois dont on fait les chefs, c'est être de la même trempe qu'un chef, aussi dur et robuste qu'un chêne.


Faire florès

Se couvrir de fleurs
On ne voit plus les fleurs sous le bouquet de compliments adressés à ceux qui font florès, à ceux qui réussissent.
La coutume de jadis était pourtant de couvrir de fleurs la personne qui remportait un brillant succès.
Aux Jeux floraux de Toulouse, un concours de poésie qui existe depuis le XVe siècle, les lauréats reçoivent une fleur d'or ou d'argent.
La locution vient du provençal faire flori, faire le fleuri, le florissant, l'avantageux.



Filer un mauvais coton

« On dit proverbialement, Cela jettera un beau coton, pour faire entendre qu'une chose mal entreprise produira un mauvais effet & qu'elle sera désavantageuse à ceux qui l'ont commencée. Cette façon de parler, quoiqu'elle ait passé de la ville à la Cour, est basse & ridicule. » 
Tel était le sentiment de Furetière sur cette expression et c'est peut-être pour être moins ridicules que nous disons, depuis le XIXe siècle, filer un mauvais coton
Pierre Guiraud, suivant en cela Maurice Rat, donne ici une interprétation arboricole : « Filer un mauvais coton, être dans un mauvais état de santé ou d'affaires, s'explique par la forme primitive de l'expression qui est de jeter un mauvais coton. Jeter signifie émettre une sécrétion.
On dit par exemple jeter sa gourme qui est une sorte d'inflammation boutonneuse qui atteint les petits enfants [...]. Jeter un mauvais coton aura donc pu se dire d'un cotonnier qui produit des boutons maladifs, et coton aura entraîné la pseudo-motivation filer. »
Sans vouloir porter ombrage à l'éminente érudition de M. Guiraud, il est assez étonnant que les gens du XVIIe siècle, et le peuple de Paris de surcroît, se soient intéressés d'aussi près aux cotonniers, ces arbres exotiques d'Inde ou d'Egypte, au point de nommer, sans les avoir jamais vus, une de leurs maladies possibles, et d'en faire une locution courante...
Tout au plus pouvaient-ils savoir − Olivier de Serres le dit − que les cotonniers jettent du coton, et à la rigueur en faire une plaisanterie.
Une étoffe vieillissante jette en effet une bourre cotonneuse qui est la marque de son usure, et qui laisse prévoir des déchirures, des accrocs, bref une détérioration complète du tissu dans un proche avenir.
C'est là l'interprétation donnée par G. Esnault, lequel note aussi pour 1692 jeter un vilain coton. Par contre, il semble logique que le coton de la locution ait conduit à filer, peut-être à cause des premières machines défectueuses au XVIIIe siècle, peut-être aussi par attraction avec une autre expression courante et ancienne : filer sa corde, qui voulait dire se livrer à des activités qui ne pouvaient qu'entraîner une fin désastreuse.
Il y a là une parenté certaine, surtout au sens que relève Furetière de «chose désavantageuse à ceux qui l'ont commencée », qui a pu produire le croisement.


Jeter son froc aux orties

Mettre son habit au clou 
Avec l'accord de ses supérieurs, un ecclésiastique peut être relevé de ses vœux et quitter son habit pour retourner à la vie civile. On dit alors qu'il quitte son froc. 
Au contraire d'un moine qui jette son froc aux orties, en faisant le mur la nuit pour aller courir la gueuse. Les orties où il abandonne précipitamment son froc peuvent être celles qui longent souvent les murs des couvents ou encore les pointes acérées de la grille d'entrée qui portent aussi le nom d'orties.


Langue de bois

Parlée derrière le rideau de fer 
Le pesant langage administratif de la bureaucratie tsariste avait déjà été affublé du nom de langage de chêne. Le terme sera repris par les Polonais dans les années 70 pour qualifier le langage du parti communiste au pouvoir.
Quelques échantillons de cette langue de bois : derrière le terme difficultés temporaires, il fallait lire manque chronique de marchandises dans les magasins ; une grève dans une usine était qualifiée d'absence d'une partie des travailleurs ; et les plus hautes mesures de protection sociale étaient un euphémisme pour parler des fusillades au temps de Staline !


Prendre racine

S'implanter, devenir fort et vivace 
Il s'agit d'une métaphore de la botanique, où la locution signifie texto commencer à se nourrir par les racines, après plantation ou transplantation (1690). 
Utilisée en parlant d'une personne, elle s'emploie pour rester debout et immobile, un peu comme une plante.


Rester en plan

Pour reverdir 
Avec juste raison, on écrivait jadis rester en plan, car le mot dérive de planter. Les plaisantins ajoutaient même pour y reverdir
Un plan a commencé par être la plantation de jeunes arbres avant de devenir l'emplacement où devait être plantée sur le sol une statue ou édifié un monument. De là, on est passé au dessin représentant la projection horizontale d'une construction ou d'une ville. 
Pour François Villon, être en plan, c'était être en prison, c'est-à-dire condamné à l'immobilité forcée. De là dérive aussi être en planque, se dissimuler, immobile, pour mieux surveiller.

Effeuiller la marguerite

Détacher un à un les pétales de cette fleur 
En disant par jeu ou par superstition : il aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, pour savoir si l'on est aimé, le dernier pétale arraché étant censé donner la bonne réponse. 
On trouve l'expression chez Musset (1837) mais le jeu, fondé sur la croyance aux propriétés divinatoires de cette fleur, semble d'origine normande et paraît plus ancien. 
L'expression n'est plus très employée, sauf dans une intention délibérée d'archaïsme, au sens de conter fleurette, badiner, et − par plaisanterie − dans un contexte moins innocent.


Bayer aux corneilles

Regarder les corbeaux voler 
Bayer aux corneilles a le sens de regarder les mouches voler. Il faudrait plutôt parler de corbeaux car la corneille est un petit corbeau. Mais c'est aussi le fruit du cornouiller. Alors ? L'origine de l'expression est-elle animale ou végétale ? Ni l'une ni l'autre, sans aucun doute... Car au XVIe siècle, corneille a également le sens de chose sans intérêt. Et c'est bien là le sens de l'expression. Reste à savoir pourquoi corneille a pris ce sens dépréciatif au figuré.
Est-ce dû à la saveur aigrelette de la cornouille qui en fait un fruit qui n'est guère plus apprécié que les nèfles (en Picardie, l'exclamation «des corgnolles !» a le même sens que «des nèfles !») ?
Ou bien ce sens figuré vient-il de la chasse au faucon ? «Voler pour corneille !» se disait du faucon stupide qui, à la place d'une grive ou d'une caille dodue, ramenait comme proie ce petit corbeau sec et immangeable ?



Conter fleurette

On connaît la chanson
« Quand pointe la pâquerette, 
Quand fleurit la primevère, 
C'est l'heure à conter fleurette,
À sa bergère »
Et Dufresnoy fait dire justement à sa bergère : 
« Quand un galant bien fait, de bonne mine,
Me conte fleurette, croit-on Que j'en sois chagrine ? » 
L'origine de cette locution est très controversée. Selon certains, il faudrait la voir dans conter fleuret - le fleuret  étant le bouton, pareil à un bouton de fleur, qu'on fixait au bout de l'épée pour en rendre la pointe innocente ; puis par extension, la lame elle-même. Conter ou parler fleuret, c'était aller sur le pré et se mesurer pour l'honneur... Mais loin d'être l'origine de la première locution, cette seconde, qui lui est de beaucoup postérieure (puisqu'elle n'est apparue qu'au XVIe siècle), en dérive par calembour. Combien de gentilshommes ont parlé ou conté fleuret, et même parlé épée - parce qu'ils contaient fleurette à la même belle ?!!
Lenoble, lui, la fait venir de ce qu'il y avait en France, sous Charles VI, une espèce de monnaie marquée de fleurs qu'on appelait fleurette. De sorte que conter fleurettes voudrait dire compter des fleurettes, c'est-à-dire donner de l'argent, chemin le plus court pour arriver au coeur des belles, comme dit La Fontaine... N'est-ce point ainsi que dans la mythologie antique, Jupiter, se métamorphosant en or liquide, et se coulant sous la porte de la chambre, comptait déjà fleurette à la belle Danaé ?...
Mais ici encore, qui ne voit que la locution compter fleurettes, si spirituelle qu'elle soit, est postérieure à  conter fleurettes - le doublet compter-conter (formes françaises, l'une savante, l'autre populaire, du latin  computare) ayant favorisé tout naturellement le calembour. Il serait plus naturel d'entendre au sens propre fleurette, qui comme fleur peut se prendre au figuré pour «jolie petite chose ». C'est ainsi que les Latins disaient rosas loqui et les Grecs rhoda eirein ou legein (« dire des roses », soit tenir des propos fleuris).
Au lieu de conter fleurette, on disait aussi fleureter. Et le moderne flirter, introduit dans notre langue vers 1855 et emprunté à l'anglais flirt, substantif (to flirt = railler, folâtrer), est devenu par sa prononciation et par son sens un homonyme de l'ancien fleureter. De là à en déduire que les jolies choses contées aux filles n'ont d'autre fin que les embobiner pour mieux folâtrer...


Pas piqué des hannetons

Avant l'invention des insecticides, le hanneton était le fléau des jardiniers. Ce coléoptère et surtout ses larves, les vers blancs, détruisaient les plus beaux fruits. Pas piqué des hannetons, en concurrence avec Pas piqué des vers évoque la qualité, l'excellence.
Pchhhhhht ! fait l'eau jetée sur le gaz, car combien de jardinier défendent leur production véreuse en arguant que « quand il y a le ver, c'est que le fruit est bon » ; le ver choisissant le meilleur, c'est donc un gage de qualité...


Bartassiger

Ce verbe qui sent bon la garrigue vient de bartasses, taillis touffus, en patois du Sud. Bartassiger revient donc à folâtrer dans les jardins à la façon des libertins du XVIIIe siècle, et l'on imagine bien quelque nobliau campagnard batifolant au détour d'un bosquet...

Voir la feuille à l'envers

L'amour écolo 
« Se livrer dans les bois aux plaisirs de l'amour », pour reprendre l'élégante définition du grand dictionnaire Wartburg. Ce sont surtout les filles qui regardent la feuille à l'envers...
Godefroy, dans son Dictionnaire, pense que la phrase proverbiale qu'il a trouvée chez Pierre Gringore (début du XVIe siècle) : « Qui craint les feuilles ne doit aller au bois », est une allusion à cette locution ; ce que rien ne prouve.
« Faire voir la feuille à l'envers », qui apparaît au XVIIe siècle, est considérée par Furetière, en 1690, comme une autre locution, d'ailleurs employée dans un contexte plus vague, et non érotique. « Qui craint les (ou qui a peur des) feuilles ne doit aller au bois » signifiait donc « qui a peur des conséquences, des frais d'une entreprise, ne doit pas s'y risquer ».