Affichage des articles dont le libellé est main. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est main. Afficher tous les articles

Veuve Poignet

La vieille allégorie de la veuve Poignet, autrement dit la propre main du branleur solitaire, fit florès au XIXe siècle. Cette veuve secourable est bien difficile à interpréter : l'idée du veuf privé de sa femme qui serait un masturbateur habituel n'est pas très convaincante. Serait-il possible qu'il y ait eu à cette même époque un jeu de mots avec la veuve, la guillotine, parce qu'elle décalotte le vit ?... 
On peut penser aussi à la convoitise traditionnelle des jeunes veuves pour les adolescents ou les célibataires : Mme Machin est absente, on a recours à la veuve Poignet... 
En tout cas, cette personne, appelée aussi Mme Poignet est une bien bonne âme, une maîtresse idéale avec laquelle on ne se dispute jamais !


De la main gauche (mariage, enfant...)

Non reconnu par la loi 
La main symbolise ici le lien matrimonial, comme dans demander la main, la main droite le lien légal. 
« Elle partit quelques jours après pour l'Allemagne, où elle est devenue une princesse médiatisée ; par exemple, je ne sais plus si c'est de la main droite ou de la main gauche », Goron,  L'Amour à Paris 


Mettre à l'index

Montrer du doigt 
Indiquer dérive du mot latin index ; d'où le nom du deuxième doigt de la main qui sert à montrer. 
Le catalogue appelé Index librorum prohibitorium, créé en 1557 en pleine guerre de religion puis supprimé en 1966, recensait tous les ouvrages dont la lecture était interdite par le Saint-Siège, pour des raisons de doctrine ou de morale. Y ont figuré notamment les livres de Pascal, de Diderot, de Gide et de Sartre. Et même le Grand Larousse du XIXe siècle ! 
La religion catholique ne met plus aujourd'hui de livres à l'index mais l'expression s'emploie encore au sujet d'un personnage que l'on cherche à exclure.


Mettre ou prendre des gants

Mettre ou prendre des gants ne signifie rien d'autre qu'agir avec ménagement, mettre les formes, éviter de heurter ou de blesser quelqu'un (1792). Gant a ici le sens métaphorique de précaution.
Cette expression est très voisine de avec les/des gants, en prenant des précautions ; de manière délicate.


Mettre sa main au feu

À la première controverse, les gens sont prêts à mettre leur main au feu pour appuyer leurs dires. C'est un travers de l'espèce humaine : on veut toujours avoir raison ; nous voyons peu qu'un individu aille disputer contre un autre pour le seul plaisir d'avoir tort !!! Cette expression fait allusion à une pratique du Moyen Âge : le jugement de Dieu.
L'idée en est simple : afin de couper court aux enquêtes toujours ennuyeuses et délicates sur la culpabilité ou l'innocence des gens, on considérait que Dieu devait savoir, et s'Il le voulait bien, agir en conséquence. On s'en remettait donc à Sa grande vigilance, et on réglait les différends en imposant des épreuves au cours desquelles, immanqua-blement, Il reconnaîtrait les siens.
Ces épreuves existaient sous plusieurs formes. D'abord pour les princes, surtout, l'épreuve du feu, qui consistait à tenir sa main dans une flamme sans se brûler, ou à saisir sans dommage une barre de fer rougie, ou toute autre variante. Si l'épreuve était réussie et l'épiderme intact, on déclarait que la noble personne était dans son droit et lavée de tout soupçon. Furetière résume ainsi la situation : 
« On dit qu'un homme mettrait sa main au feu, son doigt au feu, quand il propose quelque chose dont il est très assuré. Ce proverbe se dit par allusion à une coutume qu'on avait autrefois de se purger d'une accusation par l'attouchement du fer chaud. Cunégonde, femme de l'Empereur Henri de Bavière, se purgea du soupçon que son mari avait contre elle, en marchant les pieds nus sur 12 socs de charrüe ardens. »
Dans le Roman de Renart, Dame Hersant, la femme d'Ysengrin le loup, contrairement à Cunégonde, refuse poliment cet examen. Elle nie l'adultère dont elle est accusée :
« Certes, onques n'ot en moi part en tel manière n'en tel guise; J'en feroie bien un Jouïse [jugement de Dieu] en eve chaude ou en feu chaut mais esconduire riens ne vaut, lasse, chaistive, mal ostrue ! [infortunée, née sous un mauvais astre] que je n'en serai ja crüe ».
Eau froide : on jetait le suspect pieds et poings liés dans une rivière ou dans un bassin ; s'il allait au fond, il était innocent, s'il flottait, il était coupable ! 
L'épreuve de la croix était nettement moins risquée : elle consistait en un duel aimable où les deux protagonistes se tenaient debout, immobiles, les bras étendus en croix comme des gymnastes, prenant leurs distances.
Celui qui, pris de crampes, abandonnait le premier la position avait tort. L'autre, naturellement, grimaçait, mais il avait raison ! De cet exercice décourageant vient sans doute l'expression baisser les bras.


Croiser les doigts

L'expression croiser les doigts n'a d'autre signification que conjurer le mauvais sort, qu'on accompagne le geste à la parole ou qu'on y fasse plus simplement qu'allusion.
Il s'agirait d'un anglicisme culturel (to cross one's fingers), jugé probablement plus chic que le fait de toucher du bois.


Avoir les mains pleines de doigts

Pour marquer le côté pataud, la maladresse physique d'une personne ou la répugnance que l'on a à être touché par quelqu'un (qu'il s'agisse d'une poignée de main ou d'une main baladeuse).

Connaître sur le bout des doigts

En suivant les lignes 
C'est en suivant les lignes avec le bout du doigt que les enfants apprennent à lire. Certains adultes pratiquent de même. Surtout quand ils ont à apprendre un texte par cœur. On a commencé par dire savoir au doigt, ad unguem, disaient les Latins.


Des ongles en deuil

Ongles noirs, sales (Delvau, 1867) 
Métaphore populaire, qui utilise la coutume associant le noir au deuil, à la mort... 
On aurait pu assimiler l'ongle à un message ou à un symbole de deuil (ce qui eût donné ongle de deuil comme on disait au XVIIe siècle dans le même sens ongle de velours ; au contraire en deuil suppose une assimilation anthropomorphique, qui personnalise l'ongle et implicitement le doigt, la main.


Mettre les pouces

Vae victis Vae victis, malheur au vaincu 
Le pouce abaissé de César et celui de la foule signifiait la mise à mort pour le gladiateur blessé. 
Mettre les pouces, s'avouer vaincu, est une allusion à cette même coutume des jeux du cirque de la Rome antique. 
De même l'interjection Pouce ! le je ne joue plus des cours de récréation.


Avoir la culotte à la main

Expression grivoise, mais pas vilaine, avoir la culotte à la main est une formule qui a les pieds sur terre. Autrefois, en effet, le retrait de la culotte était la condition sine qua non des rapprochements amoureux.
Aujourd'hui, tout a changé... car plus personne n'en porte !

Mettre la main au panier

Le panier en question n'est ici ni celui des robes à panier du temps de Fragonard ni celui des crinolines du Second Empire, mais le panil, nom ancien du Mont de Vénus et de la toison pubienne de la femme ! L'expression mettre la main au panil  est attestée dès le XIIe siècle, bien avant que les premiers vertugadins ne viennent à la mode. N'étant plus compris, le mot panil deviendra panier, sous l'influence d'expressions voisines : avoir son panier percé (avoir perdu sa virginité) et mettre la main au panier (dérober furtivement avant le repas une friandise disposée dans un panier).