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Envoyer au diable Vauvert

Envoyer paître 
Envoyer quelqu'un au diable, c'est souhaiter le voir partir pour un lieu d'où il ne reviendra jamais. L'envoyer aux cent mille diables, c'est encore plus loin. Mais quel est donc ce diable vert ou vauvert quand la tradition l'habille de rouge ou de noir ?!! 
Les Parisiens disaient faire le diable de Vauvert, ce qui signifiait se démener : comme un diable dans un bénitier. Selon la rumeur publique, vivait autrefois dans les ruines du château de Vauvert un démon redoutable.
Au temps de Saint Louis, les Chartreux y avaient fondé une abbaye réussissant à le chasser hors des murs de la ville bien après la place d'Enfer (qui deviendra curieusement la place Denfert-Rochereau dans le XIVe arrondissement).
C'était loin pour un Parisien de l'époque. Ce qui explique la première forme de l'expression : au diable vauvert. Le diable de Vauvert ne fait plus parler de lui. 
S'est-il repenti après être rentré chez les moines de l'abbaye ou bien est-il parti vivre très loin à la campagne (au vert !) ? Son suppléant le diable vert habite, croit-on, en lieu encore plus lointain, en pleine verdure.


Faire chier la colle

Lors d'un collage de pièces, appliquer une dose de colle telle qu'elle déborde hors des surfaces se dit faire chier la colle. 
Ne pas confondre cette expression de menuisier et cette autre : chier dans la colle, argotique façon d'exprimer l'exagération.

C'est reparti comme en 40 !

Tout le monde connaît le sens de l'expression, « n'attacher aucune importance à quelque chose », et longtemps on pensa qu'il s'agissait de l'an 40 de la Révolution, expression des royalistes après l'adoption du calendrier républicain : mais le régime ne dura pas jusque là. 
La découverte par Pierre Enckell d'un exemple datant de 1790 a ruiné cette explication. Aujourd'hui, on estime qu'il s'agit plutôt d'une déformation de « s'en moquer comme de l'Alcoran ». Le mot Coran ayant remplacé au XVIIIe siècle l'ancien Alcoran (al- qor‚n), l'expression n'aurait plus été comprise. 
En fait, il y a comme une crase (télescopage de deux expressions, deux tronçons de phrase), entre « s'en moquer comme de l'an 40 » et « c'est reparti comme en 40 », variation modernisée de « c'est reparti comme en 14 » allusion ironique à la Grande Guerre. Une expression qui supposerait que les combattants partaient le sourire aux lèvres et la fleur au fusil, pleins d'allant...



Nom d'un chien !

Au Moyen Âge, blasphémer était passible de châtiments corporels et nom d'un chien ! fait partie de la série des jurons euphémiques formés pour éviter le nom de Dieu, tout simplement.
... de chien ! (complément de nom) est toujours péjoratif, comme, par exemple, dans cette autre expression : un mal de chien.



Nom de nom !

Le tabou judéo-chrétien sur l'utilisation du mot « Dieu » a conduit à l'emploi de substituts : Tonnerre de Zeus ! Mon Dieu ! (sans intention injurieuse), Nom de Dieu ! (qui l'est plus). Les blasphémateurs anciens employaient des expressions fort cocasses qui ont dégénéré avec le temps pour changer quelquefois de sens : Par Dieu ! est devenu pardi ! ; Sacré Dieu ! sacrebleu ! ; Par la mort de Dieu ! morbleu ! 
On rejoint cette débauche d'imagination qui, au Québec, permet de sacrer sans sacrer tout en sacrant : Tabernouche, montadi, caltar, etc. 
Le roi Henri IV jurait beaucoup, prenant à l'occasion Dieu à partie. Fâché, il s'écriait souvent : « Jarni Dieu ! » (avec l'accent du temps, « Je renie Dieu ! »). Son confesseur, inquiet pour l'âme du Vert Galant (qui avait certainement bien d'autres peccadilles sur la conscience...), lui recommanda d'utiliser le même juron, mais en remplaçant le mot Dieu par son nom à lui, c'est-à-dire Coton. C'est ainsi que Jarnicoton devint un juron très à la mode pendant des siècles.



Sale coup pour la fanfare !

Pour les fanfarons
Un sale coup pour la fanfare est un brusque revirement de situation, par analogie avec la situation inconfortable du vantard, du fanfaron convaincu d'imposture. 
Au XVIIe siècle, faire grand bruit de ses exploits se disait faire la fanfare.


Tonnerre de Brest !


L'expression la plus célèbre du cher capitaine Haddock ne fait aucunement référence à quelque orage qui frapperait régulièrement le port breton... En fait, l'expression date du XVIIIe siècle, à l'époque où Brest avait un bagne. Chaque fois qu'un bagnard parvenait à s'échapper, l'alerte était donnée par le canon d'alarme du bagne que l'on surnommait le Tonnerre de Brest à cause du grondement que l'on pouvait entendre à des lieues à la ronde. Le bruit du canon était aussi le signal attendu par les innombrables bohémiens qui grouillaient aux alentours du bagne, appâtés par la récompense promise en cas de capture du fugitif. C'était donc une véritable meute qui se lançait aux trousses du prisonnier évadé.
Rares étaient ceux qui passaient entre les mailles du filet. La troisième tentative de François Vidocq fut la bonne. Il avait été condamné pour faux à huit ans de travaux forcés à Brest. En 1809, il fut décidé de créer une brigade de police composée d'anciens forçats dont Vidocq devint le chef. Il démissionna une vingtaine d'années plus tard pour se lancer dans les affaires. Son entreprise ayant fait faillite, Vidocq reprit du service dans la police en 1832. Chassez le naturel... Vidocq fut renvoyé pour vol. Balzac s'en inspira pour son personnage de Vautrin.
Entre les références à Tintin et à Balzac, voilà bien un juron qui a gagné ses galons d'idiome littéraire, non ?!!



Vingt dieux, la belle église !

Vain Dieu, la belle fille !
Accompagnée d'un sifflement d'admiration, cette exclamation est lancée habituellement au passage d'une jolie femme, parodiant un juron campagnard naïf. 
Vain Dieu (étymologiquement : Dieu est vide, chimérique) était considéré comme un juron blasphématoire. Sachant que faire retentir un blasphème pouvait jadis vous mener au bûcher, mieux valait le déguiser en vingt dieux et convertir la belle fille en belle église ; ce qui est cohérent avec le monde du sacré introduit par Vain Dieu.


Y a pas écrit... sur mon front !

Il ne faut pas me prendre pour un idiot
Dans un contexte polémique. Image du front sur lequel on peut imprimer une marque, comme dans l'Apocalypse, chap. 7. 
« Il avait les cheveux coupés en brosse, avec ce genre de front qu'ont souvent les militaires : il y a juste assez de place pour écrire le mot con », Marie & Joseph (Si t'as peur, jappe)


C'est reparti comme en 40 !

Tout le monde connaît le sens de l'expression, « n'attacher aucune importance à quelque chose », et longtemps on pensa qu'il s'agissait de l'an 40 de la Révolution, expression des royalistes après l'adoption du calendrier républicain : mais le régime ne dura pas jusque là. La découverte par Pierre Enckell d'un exemple datant de 1790 a ruiné cette explication. 
Aujourd'hui, on estime qu'il s'agit plutôt d'une déformation de « s'en moquer comme de l'Alcoran ». Le mot Coran ayant remplacé au XVIIIe siècle l'ancien Alcoran (al-qor‚n), l'expression n'aurait plus été comprise. En fait, il y a comme une crase (télescopage de deux expressions, deux tronçons de phrase), entre « s'en moquer comme de l'an 40 » et « c'est reparti comme en 40 », variation modernisée de « c'est reparti comme en 14 » allusion ironique à la Grande Guerre. Une expression qui supposerait que les combattants partaient le sourire aux lèvres et la fleur au fusil, pleins d'allant...


Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages

Pour signifier que l'on n'entend pas être pris pour un naïf, un imbécile, une victime désignée. L'origine de cette expression plaisante n'est pas éclaircie. C'est l'exergue du livre d'Antoine Blondin, Les Enfants du bon Dieu (1952) et le titre du film de Michel Audiard (1968).
Cette même année, le 9 septembre 1968, de Gaulle y faisait allusion : « [...] l'étrange illusion qui faisait croire à beaucoup que l'arrêt stérile de la vie pouvait devenir fécond; que le néant allait, tout à coup, engendrer le renouveau ; que les canards sauvages étaient les enfants du Bon Dieu » (cité par A. Passeron, in De Gaulle 1958- 1969, Paris, 1972)


Nom d'un chien !

Au Moyen Âge, blasphémer était passible de châtiments corporels et nom d'un chien ! fait partie de la série des jurons euphémiques formés pour éviter le nom de Dieu, tout simplement.
... de chien ! (complément de nom) est toujours péjoratif, comme, par exemple, dans cette autre expression : un mal de chien.

Nom de nom !

Le tabou judéo-chrétien sur l'utilisation du mot Dieu a conduit à l'emploi de substituts : Tonnerre de Zeus !, Mon Dieu ! (sans intention injurieuse), Nom de Dieu ! (qui l'est plus). Les blasphémateurs anciens employaient des expressions fort cocasses qui ont dégénéré avec le temps pour changer quelquefois de sens : Par Dieu ! est devenu  pardi ! ; sacré Dieu !, sacrebleu ! ; par la mort de Dieu ! , morbleu ! 
On rejoint cette débauche d'imagination qui, au Québec, permet de sacrer sans sacrer tout en sacrant : Tabernouche, montadi, caltar, etc. Le roi Henri IV jurait beaucoup, prenant à l'occasion Dieu à partie. Fâché, il s'écriait souvent : « Jarni Dieu ! » (avec l'accent du temps, « Je renie Dieu ! »). Son confesseur, inquiet pour l'âme du Vert Galant (qui avait certainement bien d'autres peccadilles sur la conscience...), lui recommanda d'utiliser le même juron, mais en remplaçant le mot Dieu par son nom à lui, c'est-à-dire Coton. C'est ainsi que Jarnicoton devint un juron très à la mode pendant des siècles.


Sale coup pour la fanfare !

Pour les fanfarons
Un sale coup pour la fanfare est un brusque revirement de situation, par analogie avec la situation inconfortable du vantard, du fanfaron convaincu d'imposture. Au XVIIe siècle, faire grand bruit de ses exploits se disait « faire la fanfare ».


Tonnerre de Brest !

L'expression la plus célèbre du cher capitaine Haddock ne fait aucunement référence à quelque orage qui frapperait régulièrement le port breton... En fait, l'expression date du XVIIIe siècle, à l'époque où Brest avait un bagne. Chaque fois qu'un bagnard parvenait à s'échapper, l'alerte était donnée par le canon d'alarme du bagne que l'on surnommait le  Tonnerre de Brest à cause du grondement que l'on pouvait entendre à des lieues à la ronde. Le bruit du canon était aussi le signal attendu par les innombrables bohémiens qui grouillaient aux alentours du bagne, appâtés par la récompense promise en cas de capture du fugitif. C'était donc une véritable meute qui se lançait aux trousses du prisonnier évadé.
Rares étaient ceux qui passaient entre les mailles du filet. La troisième tentative de François Vidocq fut la bonne. Il avait été condamné pour faux à huit ans de travaux forcés à Brest. En 1809, il fut décidé de créer une brigade de police composée d'anciens forçats dont Vidocq devint le chef. Il démissionna une vingtaine d'années plus tard pour se lancer dans les affaires. Son entreprise ayant fait faillite, Vidocq reprit du service dans la police en 1832. Chassez le naturel... Vidocq fut renvoyé pour vol. Balzac s'en inspira pour son personnage de Vautrin.
Entre les références à Tintin et à Balzac, voilà bien un juron qui a gagné ses galons d'idiome littéraire, non ?!!




Y a pas écrit... sur mon front !

Il ne faut pas me prendre pour un idiot
Dans un contexte polémique. Image du front sur lequel on peut imprimer une marque, comme dans l'Apocalypse, chap. 7. « Il avait les cheveux coupés en brosse, avec ce genre de front qu'ont souvent les militaires : il y a juste assez de place pour écrire le mot con » (Marie & Joseph, in Si t'as peur, jappe.)