L'hébreux âdâm signifie le terreux, et le premier
homme a été créé à l'image de Dieu par Elohim ou
tiré de la poussière par Yahvé, d'où son nom
('adâmâh, autrement dit le sol).
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Bâton de Moïse
Le bâton, le rameau, la verge d'Aaron, de Moïse
Attribut du commandement et du pouvoir magique
Il s'agit là du bâton de commandement des patriarches qui est la houlette du berger, et l'attribut du chef de clan dans les populations nomades.
Sceptre des rois, crosse des évêques, baguette du magicien (ou du chef d'orchestre !), il restera le symbole du pouvoir qu'il est depuis la Genèse. C'est aussi le symbole du royaume et de la tribu (en hébreu, shêbèt signifie à la fois bâton et tribu. Le bâton de Moïse est celui d'Elohim, il se change en serpent pour convaincre les Hébreux de la mission de Moïse, engendre les dix plaies d'Egypte, ouvre la Mer Rouge, fait jaillir l'eau du rocher du désert. Peut-être indique-t-il l'eau comme une baguette de sourcier ?
AT - Livre des Nombres, livre 17, versets 16 à 26
NT - Épître des Hébreux, livre 9, verset 4
Calvaire
Épreuve particulièrement longue et pénible
Calvaire est la traduction latine de l'hébreu
Golgotha, et l'allusion a le même sens, mais
s'emploie comme nom commun quand Golgotha est
resté un nom propre.
Le Calvaire désigne aussi une représentation du martyre de Jésus, et notamment les croix ornées de Bretagne.
NT - Évangile selon saint Matthieu, livre 27, verset 33 ; Évangile selon saint
Marc, livre 15, verset 22 ; Évangile selon saint Jean, livre 19, verset 17
Côte d'Adam
Allusion à la création de la femme
Femme, épouse, moitié
Deux traditions qui semblent contradictoires et qui sont
simplement juxtaposées rendent compte de la création de
l'homme. Selon la tradition élohimiste, dieu a créé l'homme
à son image et les (sic) a faits mâle et femelle. Selon le
Yahviste, yahvé-Elohim créa Adam seul mais lorsque
l'homme eut finit de nommer les animaux, on s'aperçut
qu'il n'y en avait aucun qui lui ressemblât et qui put lui
servir d' aide. Le Seigneur Dieu fit tomber dans une torpeur
l'homme qui s'endormit ; il prit une de ses côtes et referma
les chairs à sa place. Le Seigneur Dieu transforma la côte
qu'il avait prise à l'homme en une femme qu'il lui amena.
Présentée à Adam, la femme fut agréée comme chair de sa
chair et nommée femme, littéralement hommasse.
Les deux récits sont-ils contradictoires ? Les références d'Adam à une femme antérieure font penser qu'il y aurait eu deux créations de la femme, une égale de l'homme et l'autre tirée de lui.
Une tradition qui n'a rien de biblique voit en cette première femme Lilith, qui aurait refusé de s'accoupler avec Adam sur le dos et se serait enfuie avec Satan pour aller régner sur les Enfers...
D'autres y voient deux stades de la même tradition, spirituelle puis matérielle, ou en référence à l'androgyne platonicien (ce que contredit le pluriel les), une création en deux stades : Adam/Eve aurait été séparé pour se servir de compagne à soi-même. En hébreu comme en latin, côte et côté sont homonymes et Dieu aurait pu faire la femme en enlevant un côté (une moitié) à Adam.
De cette conception nous est restée l'habitude de désigner notre épouse par le terme ma moitié.
Bien sûr, l'histoire de la côte est plus poétique ! Tirer la femme de la tête l'aurait rendue orgueilleuse ; de l'œil, coquette ; de la bouche, cancanière ; des pieds, coureuse ; des mains, voleuse... il aurait opté pour l'organe le plus modeste, la côte (treizième du côté droit) couverte même quand l'homme se tient debout ; et pourtant, la femme est...
Les deux récits sont-ils contradictoires ? Les références d'Adam à une femme antérieure font penser qu'il y aurait eu deux créations de la femme, une égale de l'homme et l'autre tirée de lui.
Une tradition qui n'a rien de biblique voit en cette première femme Lilith, qui aurait refusé de s'accoupler avec Adam sur le dos et se serait enfuie avec Satan pour aller régner sur les Enfers...
D'autres y voient deux stades de la même tradition, spirituelle puis matérielle, ou en référence à l'androgyne platonicien (ce que contredit le pluriel les), une création en deux stades : Adam/Eve aurait été séparé pour se servir de compagne à soi-même. En hébreu comme en latin, côte et côté sont homonymes et Dieu aurait pu faire la femme en enlevant un côté (une moitié) à Adam.
De cette conception nous est restée l'habitude de désigner notre épouse par le terme ma moitié.
Bien sûr, l'histoire de la côte est plus poétique ! Tirer la femme de la tête l'aurait rendue orgueilleuse ; de l'œil, coquette ; de la bouche, cancanière ; des pieds, coureuse ; des mains, voleuse... il aurait opté pour l'organe le plus modeste, la côte (treizième du côté droit) couverte même quand l'homme se tient debout ; et pourtant, la femme est...
Couronne d'épines
Supplice de martyr, symbole de la violence policière — si
si !!!
Après la condamnation, Jésus fut abandonné aux
soldats qui le flagellèrent, le revêtirent de pourpre, le
couronnèrent d'épines, lui mirent un roseau à la main et
se prosternèrent ironiquement devant lui en le saluant :
« Bonjour, Roi des Juifs. »
Chez Jean, l'épisode précède la
condamnation : lorsque la foule eut préféré Barrabas à
Jésus, Pilate fit déguiser celui-ci en roi de carnaval.
L'humiliation serait alors une tentative d'apitoyer la
foule et d'éviter la condamnation à mort.
Mais les Juifs, en accusant Jésus de s'être dit fils de Dieu,
profèrent une accusation de blasphème, plus grave que
celle de sédition. S'il faut en croire la relique de Notre-Dame de Paris, achetée par Saint Louis en 1239, et pour
laquelle fut édifiée la Sainte-chapelle, la sainte couronne
était de joncs entrelacés de jujubier.
De nombreuse épines sont vénérées partout en Europe.
NT - Évangile selon saint Marc, livre 15, verset 17 ; Évangile selon saint Jean, livre
19, verset 2 De nombreuse épines sont vénérées partout en Europe.
Après moi le déluge
Il s'agit plus d'une citation que d'une expression, et elle
nous vient de Louis XV, roi nonchalant et paresseux
aux goûts extravagants, XVIIIe siècle :
Dantesque
Le sens donné de nos jours à l'adjectif dantesque est
galvaudé par rapport à son origine littéraire : « Dantesque :
qui est conçu dans le style et la manière de Dante ; qui imite
le caractère sombre et sublime que Dante a inspiré à ses
poèmes » (définition du Nouveau Dictionnaire universel).
Dante est selon certains l'auteur d'une des productions les
plus sublimes qu'ait enfantées le génie de l'homme (id.).
Ce poète italien di XIVe siècle est surtout connu pour sa Divine
Comédie, composée de trois poèmes : l'Enfer, le Purgatoire et le
Paradis.
Cette œuvre allégorique été interprétée de maintes façons ;
certains y ont vu un caractère dantesque, en raison de
l'horreur grandiose qui se dégage de la description donnée par
le poète de l'Enfer.
Élémentaire, mon cher Watson
OMG ! Ce n'est, en fait, qu'une allusion cinématographique : la réplique de
Sherlock Holmes ne figure pas dans les livres de
Conan Doyle !!!
J'irai cracher sur vos tombes
Roman de Boris Vian, 1946
Le cri scandalisa la France en 1946, la terre des tombes et des charniers n'avait pas encore eu le temps de se
tasser.
Sous ce titre, Boris Vian publiait son premier roman qu'il
présentait comme la traduction d'un livre américain inédit
en anglais parce que plus scandaleux encore Outre-
Atlantique. L'auteur fictif, Vernon Sullivan, était censé
être un métis suffisamment blanchi par les apports de sang
blanc pour passer inaperçu dans la société raciste; la
vengeance qu'il tirait du lynchage de son frère était un
crachat sur la tombe de l'Amérique. Boris Vian devait
traîner toute sa vie le scandale de son premier livre, puisque
c'est à la projection privée du film qui en fut tirée en 1959,
qu'il fut terrassé par une crise cardiaque.
C'est moins la révolte que le dénigrement qu'ils traduisent,
le refus de toute sacralisation, le mépris du tabou par
l'affront suprême.
Entre-temps, le cri de haine et de révolte se répandait dans toute la France, avec ses épisodes comiques (l'affiche de la pièce de théâtre fut interdite dans le métro parce que le mot tombe risquait de choquer les familles endeuillées !) et ses moments déplaisants (l'interminable procès au terme duquel Vian est amnistié... en même temps que les criminels de guerre...).
C'est donc avant tout un geste de révolte que traduit cette provocation ; une révolte contre la civilisation à travers ce qu'elle a de plus sacré : sa mort. Mais l'image du crachat (qui succède à celle de la danse, dans une première version, sur une suggestion, dit-on, de Michelle Vian) rejoint une thématique plus ancienne : celle des crachats sérieux sur les axiomes sacrés de Lautréamont (Poésies, I), du jet de bave que le crapaud lance au front du Créateur (Maldoror, III).
Il est facile de s'indigner des manifestations anarchiques du blasphème dont on a, sous prétexte de civilisation, combattu les ritualisations. Il faut reconnaître que les gens qui se prennent pour des statues sont bien plus dangereux pour la démocratie que ceux qui les déboulonnent.
Demandons-nous enfin si la profanation n'est pas un acte salubre et nécessaire devant la puissance dangereuse que confère le prestige. Bien des sociétés l'ont ritualisée dans les cérémonies d'investiture.
Avoir débarrassé les ors de leur boue a conduit à la venir cracher anarchiquement sur ceux qui tentaient de l'oublier...
Entre-temps, le cri de haine et de révolte se répandait dans toute la France, avec ses épisodes comiques (l'affiche de la pièce de théâtre fut interdite dans le métro parce que le mot tombe risquait de choquer les familles endeuillées !) et ses moments déplaisants (l'interminable procès au terme duquel Vian est amnistié... en même temps que les criminels de guerre...).
C'est donc avant tout un geste de révolte que traduit cette provocation ; une révolte contre la civilisation à travers ce qu'elle a de plus sacré : sa mort. Mais l'image du crachat (qui succède à celle de la danse, dans une première version, sur une suggestion, dit-on, de Michelle Vian) rejoint une thématique plus ancienne : celle des crachats sérieux sur les axiomes sacrés de Lautréamont (Poésies, I), du jet de bave que le crapaud lance au front du Créateur (Maldoror, III).
Il est facile de s'indigner des manifestations anarchiques du blasphème dont on a, sous prétexte de civilisation, combattu les ritualisations. Il faut reconnaître que les gens qui se prennent pour des statues sont bien plus dangereux pour la démocratie que ceux qui les déboulonnent.
Demandons-nous enfin si la profanation n'est pas un acte salubre et nécessaire devant la puissance dangereuse que confère le prestige. Bien des sociétés l'ont ritualisée dans les cérémonies d'investiture.
Avoir débarrassé les ors de leur boue a conduit à la venir cracher anarchiquement sur ceux qui tentaient de l'oublier...
L'empereur à la barbe fleurie
Charlemagne, d'après La Chanson de Roland (v. 970)
Comparer la blancheur de la vieillesse à un arbre en
fleurs était bien plus valorisant qu'y voir le signe de la
décrépitude. La sagesse — privilège de la vieillesse — était
jadis jugée aussi importante que la force dans un
combat.
Mozart assassiné
Saint-Exupéry, Terre des hommes, dernière phrase
(1939)
« C'est un peu, dans chacun des hommes, Mozart
assassiné. »
Passer comme le café
La Harpe, Cours de littérature, « Siècle de Louis XIV », I, III, ch. IV, s.3 (1799)
La tradition attribue volontiers à Mme de Sévigné ce jugement qui reste a contrario comme une menace pour le critique littéraire : « Racine passera comme le café ». Il est presque dommage pour l'esprit de la marquise qu'il faille lui retirer la maternité. La célèbre épistolière n'avait cependant pas englobé le dramaturge et la boisson dans un même anathème : sans doute l'admiratrice du vieil ami Corneille voyait-elle d'un mauvais œil le succès grandissant de son jeune rival ; cependant qu'elle ne ménagera pas, plus tard, son enthousiasme devant Phèdre ou Athalie.
Si la critique souffre, selon Cabanis, du complexe de Pontmartin, c'est qu'elle a peur, aux yeux de la postérité, de ne pas reconnaître de son vivant un nouveau Baudelaire. Aussi, par prudence, encense-t-elle tout ce qui est suffisamment neuf pour sembler novateur.
Quant au café, elle n'y voyait tout d'abord qu'une de ces turqueries alors à la mode et destinée à s'évanouir avec les mamamouchis. C'est Soliman-Aga, ambassadeur de la Porte dorée et coqueluche des salons parisiens en 1669, qui en fit la boisson de ces dames.
Quant au café, elle n'y voyait tout d'abord qu'une de ces turqueries alors à la mode et destinée à s'évanouir avec les mamamouchis. C'est Soliman-Aga, ambassadeur de la Porte dorée et coqueluche des salons parisiens en 1669, qui en fit la boisson de ces dames.
L'histoire de Mme de Sévigné fut donc forgée après coup par ces historiens du XVIIIe siècle qui écrivaient comme on joue au téléphone arabe, en déformant chaque fois un peu plus ce qu'a dit le voisin.
Aujourd'hui, on emploie l'expression, ironiquement ou non, pour désigner les modes éphémères ou que l'on croit telles, les écrivains que l'on promet à l'oubli ou dont on regrette l'insuccès actuel.
On ne l'emploie plus comme au temps de Larousse pour stigmatiser le critique téméraire qui condamne une œuvre destinée à traverser les siècles. Dans ce cas, on se réfère davantage, depuis Cabanis (Plaisir et Lectures, t. II), au complexe de Pontmartin : faisant de la morale la pierre de touche de la critique littéraire, Pontmartin est désormais célèbre pour avoir traîné dans la boue qui lui servait d'encre Flaubert, Stendhal ou Baudelaire, hontes de la littérature française qui s'enorgueillissait des Victor de Laprade, Octave Feuillet et Georges Ohnet...
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