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Porter des cornes

Comme un coq châtré 
Pourquoi le cocu porte-il des cornes ? La réponse se trouve à la ferme. On ne gardait qu'un coq par basse-cour. Les autres étaient coupés pour en faire des chapons. Pour les empêcher de se battre, on leur coupait les ergots en plus, qu'on leur plantait comme des cornes au milieu de la crête. Au milieu de toutes les poules, il devenait facile ainsi de repérer les cornards que le coq cocufiait à loisir.
Par ailleurs, l'adjectif cornart avait aussi le sens d'imbécile et ce depuis le XIIIe siècle. 
Au XVIIe siècle, il prendra le sens de facile à ridiculiser, puis celui de cocu (du nom de la femelle du coucou qui va pondre son œuf dans le nid d'un autre oiseau).
Faire cocu ou planter des cornes a souvent été un moyen infaillible pour ridiculiser un homme aux yeux de ses relations.


Être comme un coq en pâte

On a commencé par dire comme un coq au panier, couché bien confortablement dans un panier pour être vendu au marché. Être comme un coq en pâte apparaît en 1672 dans le sens de se trouver bien au chaud dans son lit en ne montrant que la tête, à l'image de la volaille que la cuisinière couche dans un lit de pâte ne lui laissant dépasser que la tête, avant de la passer au four. Vivre comme un coq en pâte prendra le sens de mener une vie confortable, comme celle du riche, du bourgeois, ceux qu'on appelait les coqs. 
Etait aussi taxé de coq l'homme qui se donnait des airs d'importance. Il y avait ainsi le coq de village, le coq de paroisse, ou comme dans le roman éponyme de Michel Tournier, Le Coq de bruyère. Le coq de village deviendra le galant courtisé des femmes que plus tardivement.


Le coq gaulois

Vieille blague romaine Le coq n'a jamais été l'emblème de nos ancêtres les Gaulois mais simplement l'objet d'un jeu de mots de Romains qui se moquaient de leurs voisins chevelus : en latin le même mot gallus désigne à la fois le coq et le Gaulois. Il faudra attendre le IXe siècle pour voir le coq grimper au sommet de nos clochers. Le chant du coq annonçant le lever du jour était le symbole de la résurrection. Au XIIe siècle, les Allemands et les Anglais reprendront la vieille plaisanterie des Romains et attribueront le coq comme emblème aux Français, l'inverse dérisoire de l'aigle impérial germanique, l'adversaire vaincu d'avance du léopard britannique.
Au XVe siècle, l'humanisme ressuscite les Gaulois. Les sujets du roi se parent alors du nom de Galli. L'entourage de Charles VII se met à célébrer le coq blanc, généreux combattant, considéré comme un des oiseaux les plus nobles d'alors car porteur de couronne et d'éperons. Il commence aussi à figurer dans beaucoup d'allégories.
La Révolution le consacrera trois siècles plus tard. Le coq dit gaulois remplace la fleur de lys sur les drapeaux de 1789 et de 1830.


Sauter du coq à l'âne

C'est se montrer... chaud lapin !!! 
Quand deux animaux s'accouplent, on dit que le mâle couvre ou saillit la femelle. Il n'est que de voir le coq sauter de poule en poule dans une basse-cour pour se rendre compte que saillir et sauter sont deux formes d'un même verbe. Ne dit-on pas « sauter une nana » ? Si les poules en chaleur sont trop peu pour satisfaire l'appétit sexuel de ce chaud lapin, il arrive que l'on assiste à une « saillie du coq en l'ane », c'est-à- dire que l'on voit avec stupeur un coq sauter sur une cane. L'amour ne connaît pas de frontières ! Le mot ane (sans accent circonflexe) est l'ancien nom de la femelle du canard (du latin ana). La forme première de l'expression « saillir du coq en l'asne » montre qu'il y avait déjà, au XIVe siècle une confusion entre l'ane et l'âne. N'étant plus comprise, l'expression se verra attribuer son sens actuel.
À l'appui de cette hypothèse, Claude Duneton cite une autre expression, « autant que le coq au cul de la cane », qui dans le Roannais a le même sens que mettre cautère sur une jambe de bois.



Fier comme un pou

Vous vous imaginez, vous, vous rengorger telle cette affreuse bestiole qui vous ronge le crâne ? Mais c'est immonde !!! Bon, alors, ça veut dire quoi ?!! 
Pour le savoir, il faut en passer par la forme féminine du mot, qui n'est autre que... poule ! En effet, le mot poule vient de pulla (poulette) qui n'est autre que le féminin de pullus qui signifiait alors le petit d'un animal (qui a donné aussi poulain). Pullus a très tôt désigné le jeune coq, puis dériva en ancien français *pouil puis pol / pou. Coq a pris le pas sur cette forme dérivée, tandis que poule a concurrencé puis éliminé géline
Donc, être fier comme un pou, c'est tout simplement se pavaner comme le roi de la basse-cour...