Mère poule
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Cet âge est sans pitié
La Fontaine, « les Deux Pigeons », Fables, IX, 2 (1679)
Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre..., ça y est ? vous
y êtes ? Bah vi, tout le monde connaît ses deux vers,
quand même ! Bon, la suite de la fable est moins
connue :
« Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié)
Prit sa
fronde et du coup tua plus d'à moitié
La volatile
malheureuse. »
Quel âge pouvait bien avoir ce morveux ?
Jadis les Romains distinguaient quatre âges : l'enfant
(infans, celui qui ne parle pas) devenait puer à sept ans,
quand il quittait sa mère pour être éduqué comme un
garçon, puis adulescens à dix-sept ans, puis juvenis
(jeune homme) à... trente ans !
Le Moyen Âge, tout en maintenant des frontières politiques et militaires aux différents stades de mûrissement, classifie les âges en fonction des tempéraments : la vie se diviserait donc en quatre tranches d'à peu près vingt ans chaque. Selon les auteurs, l'enfance peut durer jusqu'à vingt-cinq ou trente ans, un âge proche de l'espérance de vie d'alors !!!
Cf : « Il n'y a plus d'enfant », Molière, Le Malade imaginaire, II, 9
Le Moyen Âge, tout en maintenant des frontières politiques et militaires aux différents stades de mûrissement, classifie les âges en fonction des tempéraments : la vie se diviserait donc en quatre tranches d'à peu près vingt ans chaque. Selon les auteurs, l'enfance peut durer jusqu'à vingt-cinq ou trente ans, un âge proche de l'espérance de vie d'alors !!!
Cf : « Il n'y a plus d'enfant », Molière, Le Malade imaginaire, II, 9
En faire des gorges chaudes
Comme un faucon bien dressé
Un mulot vivant ou un cœur d'oiseau (de la chair saignante et chaude) récompensait le faucon dressé qui rapportait à son maître un faisan, une bécasse ou un lièvre. D'un seul coup de bec, il faisait disparaître dans son jabot sa récompense, sa gorge chaude.
Appliqué aux humains, faire des gorges chaudes avait le sens de se régaler d'un bon repas. L'expression prendra au figuré celui de se régaler de plaisanteries faites aux dépens d'un autre. Ce sens de moquerie hilare a été conforté par l'expression voisine rire à gorge déployée.
Oiseau de mauvais augure
Caton l'Ancien, Tite-Live et Cicéron tenaient cette croyance pour ridicule. À Rome, les augures étaient les prêtres chargés d'observer les présages du ciel et d'en avertir les autorités dont la politique dépendait en grande partie de ce qui était ainsi annoncé.
Les augures formaient un des quatre collèges sacerdotaux. Tout d'abord au nombre de trois, on compta jusqu'à quinze augures et rien ne pouvait être décidé sans consultation de leur avis.
Déclaraient-ils que les dieux n'étaient pas bien disposés, tout était alors interrompu. On voit là l'importance de ce corps auquel seuls les patriciens eurent d'abord accès.
Les cérémonies augurales étaient compliquées et accompagnées d'un rite très élaboré. Vers minuit, sur le pomoerium, grand chemin inculte qui ceinturait Rome à l'extérieur des murailles, les augures allaient prédire l'avenir à l'entrée d'une tente. Ils étaient vêtus de leur toge et tenaient leur bâton augural, fait dans un bois sans nœud, symbole de leur dignité.
Il y avait deux corps d'augures : l'auspice et l'augure proprement dit. Le prêtre observait avec soin le vol des oiseaux, puis écoutait leur chant avant de formuler des prophéties.
Certains volatiles étaient parfois mis à mort. L'augure étudiait alors leurs mouvements d'agonie, puis lisait dans leurs entrailles. Selon le résultat, l'oiseau se révélait être de bon ou de mauvais augure et l'avenir immédiat de la cité était suspendu aux lèvres du prêtre. À en croire certains historiens, les oiseaux étaient parfois remplacés par un être humain immolé sur un autel...
Ce genre de présage ou de divination se retrouvait chez les Mexicains pour qui les aigles, vautours, corbeaux, cygnes et même les insectes, étaient annonciateurs de bienfaits ou de malheurs.
Aujourd'hui, est qualifié de bon ou de mauvais augure ce qui laisse présager quelque chose d'heureux ou de désagréable.
Avoir de l'entregent
Comme un faucon bien dressé
Pour accoutumer le timide et craintif faucon à la présence des chasseurs et des chiens, on avait besoin de le garder dans la maison, près des chiens et des gens. À la longue, l'animal finissait par acquérir de l'entregent.
À la chasse, perché sur le gantelet de cuir de son maître entouré par ses gens, l'animal bien dressé ne bougeait pas d'une aile.
Des pratiques de haut vol
On appelait oiseaux de haut vol − ou de haute volerie − le faucon pèlerin, le gerfaut, qui montent haut dans le ciel pour dominer leur proie et fondre sur elle. On chassait ainsi la perdrix, le faisan, le canard, la pie et l'alouette.
Cette chasse, la plus spectaculaire mais aussi la plus délicate, fait un peu penser aux combats aériens. La technique de basse volerie est pratiquée en sous-bois, sur les lièvres et les lapins, par des oiseaux plus petits qui partent directement du poing du fauconnier et, sans s'élever, filent en droite ligne sur la proie.
Donner dans le panneau
Comme un vulgaire perdreau
Aujourd'hui dur et rigide, un panneau était autrefois mou et flexible. Issu du latin panellus, le mot panel ou panneau désignait un pan d'étoffe. À la chasse, c'était un filet. Interdite de nos jours, la chasse aux panneaux consistait à tendre des filets verticaux sur le passage des lièvres ou des perdreaux.
Aile de mouette
Chariot d'une chaîne d'acheminement regroupant les journaux, le plus souvent par destination.
Cette bonne mouette déploie ses ailes pour que les journaux arrivent plus vite, et surtout, au bon endroit !
Effaroucheur
Jargon d'aviateur
Système destiné à éloigner les oiseaux de l'aire d'un aéroport. Il faut plus d'un épouvantail pour effaroucher les volatiles aux abords des aéroports. D'où ce terrible effaroucheur fait de systèmes souvent sophistiqués.
Hirondelle
Argot d'imprimerie
Marque qui délimite le format d'un document afin de faciliter le montage sur table. Les articles viennent se poser un à un sur ces ailes d'hirondelle.
Voiture pie
Voiture de police, noire et blanche
Cette voiture pie, qui n'est plus noire et blanche comme avant, piaille néanmoins encore comme une pie.
Comme c'est chouette !
La chouette n'est pas un animal anodin. Peut-être à cause de son air insolite et de ses mœurs nocturnes, sa réputation a beaucoup varié au cours des âges.
Naguère oiseau de malheur dont le cri étrange (le chuintement) annonçait la mort de quelqu'un, elle était clouée sur les portes des granges - du temps qu'il y avait encore des granges et des portes de bois. Elle effraie aussi les rongeurs, ceci étant sans doute la raison pratique de cela).
Chez les Grecs anciens, au contraire, elle était le symbole d'Athènes, parce que les chouettes paraît-il, abondaient dans la ville. En conséquence, elle fut dédiée à la déesse Athéna, Minerve, et à ce titre tout à fait respectée.
D'autre part, la chouette passe pour un oiseau coquet, soigné de sa personne. En ancien français, le verbe choeter signifiait faire le coquet et naturellement la coquette. On a donc parlé d'une femme chouette puis sans doute d'une chouette femme ! Panurge disait : « Ma femme sera jolye comme une belle petite chouette ».
Au jeu de paume - et l'on pourrait actualiser l'expression pour le tennis ou le ping-pong - on disait aussi faire la chouette pour jouer seul contre deux adversaires ; selon Littré parce que la chouette, si elle sort de jour, est assaillie et poursuivie par les autres oiseaux. Seul contre tous, c'est en effet assez chouette !
Quoi qu'il en soit, la fortune de ce mot dans le français d'aujourd'hui constitue une belle revanche pour un animal si longtemps et injustement persécuté.
Faire le pied de grue
Pas du tout comme un échassier
Attendre debout est pénible, à se dandiner d'un pied sur l'autre, en appuyant son pied derrière le genou de la jambe opposée ou sur le mur auquel on s'adosse. Exactement comme la grue qui se tient sur une patte. L'origine de l'expression semble donc évidente. Eh bien pas du tout !!!
Si on se réfère à la forme première de l'expression qui était « faire de la grue », dérivée du verbe ancien gruer, attendre. Ce verbe était sorti d'usage, le langage populaire inventera au XVIIe siècle une locution imagée plus compréhensible. C'était l'époque où les hommes portaient des bas et des talons rouges et hauts. Par métaphore, le mot grue a pris très tôt, dès le XIVe siècle, le sens de poule, de prostitution, par allusion à la station debout prolongée des filles de joie qui attendent les clients au coin des rues.
Maigre comme un coucou
Dans le nord
Comparaison surprenante car dans le Midi, on dit tout le contraire : «gras comme un coucou». On sait que maman coucou, n'aimant ni couver ni nourrir ses enfants, pond ses oeufs dans le nid d'un autre oiseau.
Sorti de l'œuf, le jeune a le cou si maigre qu'il a donné naissance dans le Nord à «maigre comme un coucou», renforcé par l'expression voisine «maigre comme un clou».
Mais comme le jeune coucou est beaucoup plus vorace et qu'il grossit plus vite que les autres oisillons aux dépens de qui il s'engraisse, les Méridionaux en ont retenu l'image inverse !
Noir comme un geai
Faux... son plumage est bigarré !
À partir du jais, pierre dure de lignite, on faisait jadis des bijoux de deuil. On doit donc dire « noir comme du jais » et non « comme un geai ».
Le geai appartient à la famille du corbeau cependant que son plumage n'est pas noir mais bigarré et terne, sauf quand il se pare des plumes du paon.
On ne saurait faire d'une buse un épervier
On ne saurait faire d'un sot un habile homme
Par allusion aux fauconniers qui dressaient bien l'épervier ou le faucon, mais ne pouvaient en faire autant du butor ou de la buse, qui passent pour stupides.
Les Anglais disent : « you cannot make a silken purse out of a sow's ear » (on ne peut pas faire une bourse de soie avec l'oreille d'un cochon).
Pousser des cris d'orfraie
Non, d'effraie
Erreur commune : on devrait dire « pousser des cris d'effraie ». L'effraie est une variété de chouette qui pousse des cris sinistres propres à effrayer celui qui se perd la nuit en forêt.
Il ne sert à rien de dire « pousser des cris d'orfraie », puisque l'orfraie est une variété d'aigle pêcheur dont le glapissement n'a rien de strident.
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