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Tout à trac

Sans ambages 
Le trac était la trace, l'empreinte de l'animal traqué. 
Dans un premier temps, il a donné la locution tout d'un trac, d'une seule traite, puis tout à trac, comme celui qui sans ambages aborde brusquement un sujet sans s'embarrasser de précautions oratoires.


Un vrai coup de fusil

Une note salée 
Le terme note salée date du XVIIIe siècle, du temps où le sel, frappé des droits de gabelle, était une denrée très onéreuse. Au restaurant aujourd'hui, on parle de coup de fusil
Bien que l'expression ne date que des années 30, la comparaison entre clients et gibier à poils ou à plumes est ancienne. Au temps du Bonheur des Dames de Zola, les soldeurs qui refilaient des vieux rossignols à un client de passage appelaient cette pratique faire un coup de fusil
Les rossignols étaient, au temps de Balzac, les livres invendables, rangés dans les plus hauts casiers chez les libraires. Comme des rossignols perchés sur la plus haute branche d'un arbre.

Aller à la curée

Dernière phase d'une partie de chasse, la bête étant servie − c'est-à-dire achevée au couteau − on la dépèce sur place et l'on donne leur récompense aux chiens. 
Il faut distinguer deux sortes de curées : la curée chaude et la curée froide. La première est celle qui se fait sur le lieu même où la bête a été mise à mort ; c'est celle que les chiens préfèrent et qui les encourage le mieux. La curée froide est celle que l'on donne en rentrant au logis.
Curée, anciennement cuirée, est dérivé de cuir, car c'est sur la peau tendue un peu à l'écart que l'on offre aux chiens les entrailles de la bête. Il faut signaler du reste que les chiens ne sont pas tout à fait les premiers servis.
Il existe d'abord, avant le dépeçage proprement dit, la cérémonie du pied, soulignée comme il se doit par une sonnerie des cors : « Le veneur sert la bête. Puis, selon la coutume, il lève le pied de l'animal en le coupant proprement à la première jointure, et en ayant soin de laisser un lambeau de peau taillée sur le genou, il le pose sur une cape, revient vers les invités et fait au plus important d'entre eux, à celui qu'il veut particulièrement honorer, les honneurs du pied », Paul Vialar.
La chasse à courre est bien sûr une longue jouissance, mais c'est bien là l'ultime façon, pour un des participants au moins, de prendre son pied !!!


Avoir de l'entregent

Comme un faucon bien dressé 
Pour accoutumer le timide et craintif faucon à la présence des chasseurs et des chiens, on avait besoin de le garder dans la maison, près des chiens et des gens. À la longue, l'animal finissait par acquérir de l'entregent
À la chasse, perché sur le gantelet de cuir de son maître entouré par ses gens, l'animal bien dressé ne bougeait pas d'une aile.

Des pratiques de haut vol

On appelait oiseaux de haut vol − ou de haute volerie − le faucon pèlerin, le gerfaut, qui montent haut dans le ciel pour dominer leur proie et fondre sur elle. On chassait ainsi la perdrix, le faisan, le canard, la pie et l'alouette.
Cette chasse, la plus spectaculaire mais aussi la plus délicate, fait un peu penser aux combats aériens. La technique de basse volerie est pratiquée en sous-bois, sur les lièvres et les lapins, par des oiseaux plus petits qui partent directement du poing du fauconnier et, sans s'élever, filent en droite ligne sur la proie.


Donner dans le panneau

Comme un vulgaire perdreau 
Aujourd'hui dur et rigide, un panneau était autrefois mou et flexible. Issu du latin panellus, le mot panel ou panneau désignait un pan d'étoffe. À la chasse, c'était un filet. Interdite de nos jours, la chasse aux panneaux consistait à tendre des filets verticaux sur le passage des lièvres ou des perdreaux.

Être aux abois

L'expression prend très tôt le sens figuré que l'on connaît : être réduit à la dernière extrémité, faute de ressources. Paul vialar raconte dans La Chasse : « L'animal est sur ses fins.
On le sait par les chiens, d'abord, et souvent pour l'avoir aperçu, recru, malmené, au bout de ses forces, tirant la langue, portant la hotte, les membres raidis, ses articulations enflammées ne répondant plus et le faisant trébucher sur quelque obstacle. »
Quelques minutes encore, et les chiens le rattrapent, s'accrochent à lui : « Parfois il leur tient tête et demeure ainsi, dressé encore, aux abois devant eux, fier et digne et sachant que ses derniers moments sont arrivés, capables encore de découdre quelque attaquant d'un coup d'andouiller. »


Être d'attaque

Une fois les bêtes traquées dûment localisées, les piqueurs reviennent vers la clairière où la compagnie les attend. Ils font au maître d'équipage leur rapport. 
Le veneur « choisit alors de chasser tel cerf plutôt que tel autre, et donne ses ordres en conséquence [...]. On se rend à l'enceinte désignée. Les chiens d'attaque y pénètrent, cherchent le cerf, le mettent debout, le lancent, le forçant à s'enfuir », Paul Vialar, La Chasse (Flammarion, 1973). 
Si tout va bien, évidemment. Car il peut arriver que la bête, avertie par on ne sait quel pressentiment, lève le pied sans attendre.


Faire buisson creux

Au Moyen Âge, on appelait toute la première partie de la chasse buissonner. Un buisson était alors non seulement n'importe quel arbuste, mais aussi un taillis.
Faire buisson creux, c'était donc venir à l'enceinte alors que l'animal avait déjà déguerpi. 
« On dit aussi, précise Furetière, qu'on a trouvé buisson creux lors qu'on n'a pas trouvé en une affaire ou en un lieu, ce qu'on esperoit d'y rencontrer. Ce proverbe est figuré, & tiré de la chasse, où on dit qu'on a trouvé buisson creux, quand on n'a rien trouvé, ou qu'un cerf s'en est allé de l'enceinte. »

Les dés sont pipés

Technique de chasse 
Il s'agit ici d'imiter le cri des animaux pour les attirer vers soi. 
Paul Vialar écrit dans La Chasse : « Le braconnier se sert aussi des appeaux, des chanterelles. Il faut s'y connaître bien pour faire venir à soi en les appelant certains gibiers afin de les tuer ensuite au fusil, et imiter à la perfection la caille comme la perdrix, ou mieux, la chevrette afin qu'accoure le mâle. » 
Autrefois, on attirait les oiseaux sur des branches d'arbres que l'on avait préalablement enduites de glu. On prenait aussi les oiseaux à la pipée − le mot étant de la famille de pipeau. Un pipeur est un filou. Ils abondent. Littré va jusqu'à écrire : « On peut dire au féminin pipeuse et, dans le style un peu élevé ou poétique piperesse. »


Marcher sur les brisées d'un autre

Qui va à la chasse perd sa place 
C'est suivre la voie ou entrer en concurrence avec quelqu'un sur un domaine qu'il s'était réservé. Jadis, ce domaine était le terrain de chasse du seigneur.
Les brisées sont les branchettes que le veneur dans une chasse à courre dispose sur le sol à l'endroit où le cerf a disparu dans le bois. La direction indiquée par le gros bout des rameaux permet à l'équipage d'être remis sur la voie de la bête.
Cette dernière expression est aussi d'origine cynégétique.


Prendre à défaut

On ne perçoit plus l'origine cynégétique de la locution. Quand un cerf rusé parvient à prendre en défaut la meute et lui fait perdre sa trace, les veneurs font faire aux chiens une grande boucle pour retrouver ses empreintes en avant de l'endroit où ils l'ont perdu. Ainsi peuvent-ils les remettre sur la voie de l'animal. Cela s'appelle prendre les devants.
Prendre à défaut, remettre sur la voie : encore deux autres locutions venues de la chasse à courre sans qu'on en ait bien conscience.


Prendre le contre-pied

De la bête 
Les chiens de chasse sont souvent plus bêtes que la bête qu'ils traquent. Se dirigeant au flair, ils sont incapables de lire sur le sol les empreintes du gibier et donc sa direction. 
Il arrive souvent ainsi à la meute d'en suivre la voie à rebours ! Au XVIe siècle, prendre le contre-pied, c'était commettre une erreur. 
Aujourd'hui, c'est faire le contraire de ce qui est attendu mais sans forcément faire une erreur.


Prendre le vent

Ce n'est pas comme on pourrait le croire un terme de marin mais de chasseur. 
Le chien de chasse flaire le vent pour repérer dans quelle direction se trouve le gibier.


Prendre les devants

Pour retrouver la bête 
On ne perçoit plus l'origine cynégétique de la locution. Quand un cerf rusé parvient à prendre en défaut la meute et lui fait perdre sa trace, les veneurs font faire aux chiens une grande boucle pour retrouver ses empreintes en avant de l'endroit où ils l'ont perdu. Ainsi peuvent-ils les remettre sur la voie de l'animal. Cela s'appelle prendre les devants. Prendre à défaut, remettre sur la voie : encore deux autres locutions venues de la chasse à courre sans qu'on en ait bien conscience.

Réclamer à cor et à cri

Comme à la chasse à courre 
Aussitôt que les chiens parviennent sur la voie du cerf se déchaînent les cors et les cris de la chasse à courre. 
Les cris sont les ordres donnés aux chiens, les cors s'adressent aux veneurs, aux maîtres d'équipage, aux piqueurs et aux valets de chiens.


Remettre sur la voie

On ne perçoit plus l'origine cynégétique (= relatif à la chasse) de la locution. 
Quand un cerf rusé parvient à prendre en défaut la meute et lui fait perdre sa trace, les veneurs font faire aux chiens une grande boucle pour retrouver ses empreintes en avant de l'endroit où ils l'ont perdu. Ainsi peuvent-ils les remettre sur la voie de l'animal. Cela s'appelle prendre les devants.
Prendre à défaut, remettre sur la voie : encore deux autres locutions venues de la chasse à courre sans qu'on en ait bien conscience.


Un fin limier

Chien de chasse 
Le limier − de liem, lien − est un chien en laisse. Il ne doit pas être comme les autres. Sa première qualité est d'être haut de nez, mais il doit également être obéissant et secret, c'est-à-dire ne donner de la voix, et encore de façon discrète, qu'à bon escient. 
Mais c'est son maître qui, tel un Sioux utilisant différents indices (traces au sol, branches froissées, etc.), détermine, sans l'avoir vu, la nature, l'emplacement, et même l'âge de l'animal à traquer. Le limier au bout de sa laisse lui sert pour ainsi dire de pifomètre avancé !


Bayer aux corneilles

Regarder les corbeaux voler 
Bayer aux corneilles a le sens de regarder les mouches voler. Il faudrait plutôt parler de corbeaux car la corneille est un petit corbeau. Mais c'est aussi le fruit du cornouiller. Alors ? L'origine de l'expression est-elle animale ou végétale ? Ni l'une ni l'autre, sans aucun doute... Car au XVIe siècle, corneille a également le sens de chose sans intérêt. Et c'est bien là le sens de l'expression. Reste à savoir pourquoi corneille a pris ce sens dépréciatif au figuré.
Est-ce dû à la saveur aigrelette de la cornouille qui en fait un fruit qui n'est guère plus apprécié que les nèfles (en Picardie, l'exclamation «des corgnolles !» a le même sens que «des nèfles !») ?
Ou bien ce sens figuré vient-il de la chasse au faucon ? «Voler pour corneille !» se disait du faucon stupide qui, à la place d'une grive ou d'une caille dodue, ramenait comme proie ce petit corbeau sec et immangeable ?



Un froid de canard

Si cette sympathique expression est connue de tous, son origine n'est pas si évidente que ça : pourquoi les canards seraient-ils froids ?
Bah en fait, il ne faut pas aller chercher bien loin : hors de la basse-cour, quand même, car un froid de canard est une expression de chasseurs, tout simplement ! Ainsi est désigné un temps propice à la chasse au canard sauvage, très froid, très vif.