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Babylone

La Babylone moderne, la grande prostituée
Bab-ili (la porte de Dieu), ville mésopotamienne sur l'Euphrate connue depuis le XXIIIe siècle av. JC, devient la capitale d'un vaste empire qui devait durer quinze siècles, avec des alternances de périodes fastes et de déclins.
Elle fut particulièrement florissante sous le règne d'Hammourabi, au XVIIIe siècle et sous Nabuchodonosor, au VIe siècle. C'est à cette époque que les Hébreux y furent emmenés en esclavage : l'épisode, célèbre (Nabucco de Verdi) a nourri comparaisons et allusions. 
La ville, abandonnée vers 300 av. JC, est le parangon de l'exil ou de la corruption. Dans l'Apocalypse, elle désigne cryptiquement Rome, la grande ville corrompue par les plaisirs matériels.
Babylone, quoique disparue, a continué à symboliser l'ennemi de la nation hébraïque, d'où le proverbe Sion pleure quand Babylone rit...


Psalmodier

Chanter, plus particulièrement sur une seule note, selon les traditions des Psaumes ; (au figuré), réciter de façon monotone, sans inflexion de la voix.
AT - Deuxième livre de Samuel, livre 22, verset 50 ; juges, livre 5, verset 3 NT - Épître de Jacques, livre 5, verset 13


En France, tout finit par des chansons

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, V, 19 (1784)
Ainsi finit doublement la pièce, puisque c'en est la dernière phrase et qu'elle est incluse dans une chanson. C'est Brid'oison qui chante le dernier couplet du vaudeville en bégayant selon sa délicieuse habitude :
« Or, Messieurs, la Co-omédie Que l'on juge en cet instant, Sauf erreur, nous en pein-eint la vie du bon peuple qui l'entend. Qu'on l'opprime, il peste, il crie ; Il s'agite en cent fa-açons ; Tout finit par des chansons... » 

Aussi bien dans la pièce que dans le vaudeville qui la clôt, l'auteur semble avoir assemblé toutes les façons de tromper ou de dominer son prochain. Mais lorsque le bon peuple ovationne la pièce en 1784, il s'apprête déjà à chanter la Carmagnole...
Chamfort (Politique, 14) exprime ainsi une idée analogue dans ses Caractères et anecdotes : « Un homme d'esprit me disait un jour que le gouvernement de France était une monarchie absolue tempérée par des chansons. La chanson politique a toujours été un sport national. Souvent très bien tolérée, elle permet, par son effet cathartique de faire passer dans un sourire ce qui semblerait insupportable si l'on n'avait plus le droit de critiquer. »



Mozart assassiné

Saint-Exupéry, Terre des hommes, dernière phrase (1939)
« C'est un peu, dans chacun des hommes, Mozart assassiné. »



Boire à tire-larigot

Siffler pinte sur chopine
Boire à tyre larigault, siffler d'un trait une bouteille, date de 1585. Boire beaucoup se disait alors flûter.
Le larigot était une flûte à bec rustique. À l'auberge, pour prouver qu'on était vraiment un homme, il fallait se montrer capable de descendre une bouteille entière en buvant au goulot sans reprendre son souffle, comme le flûtiste tire des sons de son larigot sans paraître respirer.
Comme les sonneurs de trompe, de cor, de biniou et de bombarde, les flûtistes ont eu de tout temps une solide réputation de soiffards. On disait d'ailleurs boire comme un sonneur.


Et le tout à la clé

C'est réglé comme du papier à musique 
La clef en question ici n'est pas celle qui ferme une serrure mais celle qui est apposée en tête d'une portée musicale. Elle indique les dièses et les bémols qui modifient toutes les notes qui suivent sur la portée. 
D'où le sens de conséquence obligatoire qu'a pris la locution.


Mener une vraie sarabande

Les musicologues savent bien que la sarabande, danse de cour noble et compassée, était une musique lente à trois temps, proche du menuet. Bach, couperin, Rameau en ont composé de célèbres.
Tout le contraire de la vraie sarabande qui était une danse lascive, désordonnée, bruyante et agitée, héritée des Espagnols qui la tenaient eux-mêmes des Arabes (du persan sarband, turban).
Mener une vraie sarabande montre bien que la locution se réfère à son acception initiale.


N'en jetez plus (la cour est pleine)

Plus de petits sous 
Les chanteurs des rues et les joueurs d'orgue de Barbarie n'omettaient jamais de faire les cours d'immeubles où la voix portait mieux. Les locataires des appartements sur cour étaient des personnes moins aisées mais souvent plus généreuses. Les petits sous et les thunes étaient plus faciles à ramasser. Certains les enveloppaient même dans un bout de journal pour leur éviter de rebondir au loin. 
Quand les donateurs tardaient à ouvrir leur fenêtre, les chanteurs leur criaient ironiquement : « N'en jetez plus, la cour est pleine ! » 
C'est le sens actuel de l'expression : ça suffit, assez !


Payer les violons

L'usage de donner des sérénades sous les balcons des belles s'est un peu perdu. Autrefois, c'était une façon comme une autre de faire sa cour, bien qu'un petit peu arrogante et vaniteuse.
« Valderan amena un musicien de ses amis devant nos fenestres, et luy fit chanter un air qui avec le son d'un Luth empescha que je n'allasse prendre mon repos tant j'ay d'affection pour l'harmonie. Je descendis en une salle basse avec ma servante pour escouter, et voyez la vanité de nostre amoureux : afin que l'on sceut que c'estoit luy qui donnoit ou faisoit donner cette sérénade, il se fit appeler tout haut par quelqu'un qui estoit là », Sorel
Mais ce n'était pas toujours celui qui payait les violons qui était récompensé de sa largesse. D'autres que lui pouvaient tirer les marrons du feu. Dans l'exemple de Sorel, du reste, Laurette, à qui était adressé le concert, se trouvait pendant ce temps-là au lit avec un autre homme, elle avait pris son plaisir avec son luth.
« On dit proverbialement : il paye les violons & les autres dansent ; pour dire il fait les frais , il a toute la peine d'une chose, & les autres le plaisir », Furetière.


Les dés sont pipés

Technique de chasse 
Il s'agit ici d'imiter le cri des animaux pour les attirer vers soi. 
Paul Vialar écrit dans La Chasse : « Le braconnier se sert aussi des appeaux, des chanterelles. Il faut s'y connaître bien pour faire venir à soi en les appelant certains gibiers afin de les tuer ensuite au fusil, et imiter à la perfection la caille comme la perdrix, ou mieux, la chevrette afin qu'accoure le mâle. » 
Autrefois, on attirait les oiseaux sur des branches d'arbres que l'on avait préalablement enduites de glu. On prenait aussi les oiseaux à la pipée − le mot étant de la famille de pipeau. Un pipeur est un filou. Ils abondent. Littré va jusqu'à écrire : « On peut dire au féminin pipeuse et, dans le style un peu élevé ou poétique piperesse. »


Avoir de la chaise

Avoir de l'expérience 
La musique se jouant souvent assis, c'est de la chaise que vient l'expérience.


Courir le cachet

Des parents d'élèves 
Les artistes qui courent le cachet copient les professeurs de l'ancien temps qui cherchaient des leçons à domicile pour grossir leurs traitements qui étaient encore plus maigres qu'aujourd'hui. Après chaque leçon, le répétiteur présentait une carte que l'élève revêtait du cachet de ses parents qui paieraient plus tard. Généralement une fois l'an, le jour de la saint-Grégoire.
C'était la coutume de régler les mémoires de ses fournisseurs le jour de la fête de leur saint patron. Les musiciens et les danseurs, professeurs de musique et de danse à leurs heures, feront passer l'expression dans le monde du spectacle.
Le cachet deviendra la rétribution pour une soirée à domicile, gagne-pain après lequel beaucoup d'artistes couraient au siècle dernier.


Faire la tourne

Tourner les pages d'une partition 
Autant que jouer sa partie, faire la tourne est un art, surtout si le mouvement est rapide.


Partir en brioche

Comme un couac à l'Opéra
Les musiciens de l'Opéra de Paris disposaient d'une cagnotte alimentée par les amendes infligées aux musiciens pour une mauvaise attaque ou une fausse note qui obligeait tout l'orchestre à prolonger indûment les répétitions.
On sait les musiciens d'orchestre très à cheval sur les horaires de travail. Les sommes recueillies permettaient l'achat d'une grosse brioche qu'ils partageaient pendant la pause.


Peloteur de belle-mère

Contrebassiste
Il y a bien des rôles chez les zicos (les musiciens), surtout chez les jazzeurs : on y est soufflant (au saxophone), fifrelot (flûtiste), biberonneur (clarinettiste), ou bien, eu égard au caractère imposant de l'objet peloteur de belle-mère.


Battre la breloque

Pour rompre les rangs 
Du réveil à l'extinction des feux, la vie du soldat est rythmée par le tambour et le clairon. La breloque, batterie de tambour au rythme irrégulier, appelait à rompre les rangs pour une distribution de vivres. Elle provoquait la débandade de la troupe, ce qui a donné son sens à l'expression : fonctionner de manière désordonnée, cafouiller. 
Le nom de cette batterie de tambour qui devait être jouée à bâtons rompus tire son nom du tintement irrégulier que font les petits bijoux, les breloques, accrochés à un bracelet ou portés en sautoir.


S'en moquer comme de colin-tampon

Comme des tambours de Marignan 
Marignan ? La réponse fuse : 1515. C'est la seule date de l'histoire de France que tous les Français connaissent car c'est une date aisée à se rappeler. Moins d'entre eux savent que la bataille de Marignan fut remportée par François Ier et que Marignan est en Italie. Et encore moins que cette victoire fut remportée sur les Suisses, alors alliés du duc de Milan. 
L'accent des soldats suisses, leur goût pour la bière au lieu du vin, leur gros ventre, attiraient les moqueries des soldats français qui les connaissaient bien car beaucoup de Suisses servaient dans les régiments français. Ils leur avaient collé le surnom de colin (diminutif péjoratif de Nicolas qui servait à désigner toute personne bête ou ridicule).
Tout au long de la bataille de Marignan, les soldats français s'en donnèrent à coeur joie. Ils raillaient complaisamment les batteries de tambour ennemies qui encourageaient vainement les troupes suisses au combat alors que leurs lignes étaient enfoncées par la fameuse furia francese.
De là date leur surnom de colin-tampon, tampon étant un autre nom du tambour.


Une conversation à bâtons rompus

Comme un roulement de tambour 
Le terme vient des fanfares militaires : une batterie à bâtons rompus est un mode spécial de jouer du tambour où le roulement habituel des deux baguettes est remplacé par deux coups de suite donnés par chaque bâton. 
La langue classique a d'abord commencé par parler d'une tâche exécutée à bâtons rompus, à propos d'un travail sans cesse interrompu. 
On n'emploie plus le terme aujourd'hui que pour qualifier des propos décousus.


Sale coup pour la fanfare !

Pour les fanfarons
Un sale coup pour la fanfare est un brusque revirement de situation, par analogie avec la situation inconfortable du vantard, du fanfaron convaincu d'imposture. 
Au XVIIe siècle, faire grand bruit de ses exploits se disait faire la fanfare.


Réglé comme du papier à musique

Comme une partition 
Les contemporains de Lully et de Couperin disaient d'une personne qui menait une vie régulière : elle est réglée comme un papier de musique (de et non à). Son emploi du temps est minuté comme la partition que chaque musicien d'orchestre a obligation de suivre à la lettre sous peine de cacophonie. 
Quand apparaîtront les premiers papiers réglés comportant des portées de cinq lignes pré-imprimées pour faciliter la tâche des compositeurs, le papier de musique deviendra papier à musique. 
On ne verra alors plus que la métaphore des lignes horizontales.