Affichage des articles dont le libellé est jeux d'enfants. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jeux d'enfants. Afficher tous les articles

Dormir comme un sabot

Ronfler comme une toupie 
Les enfants ne jouent plus à la toupie ni au sabot, sorte de grosse toupie de bois que l'on activait à l'aide d'un fouet. Parvenu à grande vitesse, il restait parfaitement immobile de longues minutes sur son axe, ronflant légèrement. Le sabot dort, disait-on. 
Dormir à poings fermés se disait aussi ronfler comme une toupie d'Allemagne, un modèle de toupie creuse et percée vers le haut qui émettait un sifflement caractéristique.


Mystère et boule de gomme

Motus et bouche cousue 
Personne n'a jamais percé le mystère de la boule de gomme. Les linguistes émettent l'hypothèse d'un emprunt à un syntagme crypto-enfantin (en clair, l'expression aurait vu le jour dans une cour de maternelle...), où les boules de gomme s'échangeaient contre des billes. Ce serait donc une déformation plaisante de motus et bouche cousue ! dont l'origine, depuis Molière, n'est pas sujette, quant à elle, à mystère !


Un château de cartes

Vieille bicoque en carton 
Au temps des contes de Perrault, un château de carte (au singulier) était une bicoque peu solide comme faite en carton.
Le mot carte n'étant plus utilisé dans ce sens, le terme sera repris par les enfants qui s'amusent à édifier une construction la plus haute possible en superposant des cartes à jouer.

À la queue leu leu

Quand on parle du loup, on en voit la queue 
Le mot leu n'est pas autre chose qu'une ancienne forme de loup. «Hareu, le leu ! le leu ! le leu !», criaient les bergers picards. Il a laissé des traces dans le nom de Saint-Leu, pour Saint-Loup, et naturellement dans la description de gens marchant l'un derrière l'autre - « queue à queue, comme les loups quand ils s'entre-suivent » : à la queue leu leu
Cela bien avant que les romans de Fenimore Cooper parlent de file indienne. Pourtant, le redoublement du mot leu n'est qu'une erreur d'écriture, déjà très ancienne.
Il constitue une mauvais (ou amusante) interprétation de la vieille langue où de et du ne s'employaient pas toujours pour désigner l'appartenance : Château-Gaillard veut dire le château de Gaillard et Choisy-le-Roi, Choisy du Roi. Ainsi la queue du loup était simplement la queue le loup, et en Picardie : la queue le leu, qu'on a finit par écrire leu leu.
Du reste, Rabelais cite la forme «à la queue au loup». Si l'expression a eu autant de vitalité, c'est qu'elle servait à désigner « un jeu de petits enfans », un jeu tout bête, et toujours amplement pratiqué dans les cours d'école maternelle, qui consiste à courir en rang d'oignons en tenant le tablier de celui qui précède...


Faire vinaigre

Vocabulaire de... cour de récréation ! 
Sur l'injonction d'une camarade, les filles qui sautent à la corde doivent sauter lentement, à l'huile, ou au vinaigre, rapidement.

Donner sa langue au chat

Madame de Sévigné s'exclame dans sa lettre célèbre sur le mariage de monsieur Lanzin : « Ne devinez-vous pas, jetez-vous votre langue aux chiens ? ». On passe du chien au chat au XIXe siècle sous l'influence des enfants qui adorent jouer aux devinettes. A cette époque, il y a un chat dans chaque maison pour faire la chasse aux souris. Le chat est donc un animal plus familier à leurs yeux que le chien, compagnon du père pour la chasse.

Enfourcher son dada

« Dia ! Dia ! » criaient les cochers en claquant leur fouet, « Da ! Da ! », reprenaient les bambins. C'est ainsi que le noble animal, la «plus belle conquête de l'homme» est devenu  dada dans la langue enfantine, dès les temps anciens, comme naguère l'automobile était devenue toto.
Il est naturel qu'un animal à la fois aussi prestigieux pour un enfant et aussi familièrement quotidien ait toujours constitué le jeu favori des petits garçons, sous la forme de substituts divers, allant du simple bâton empanaché au cheval de bois toutes catégories, dont la chaise à bascule ornée d'une tête de bidet constituait la version bébé. Selon Rabelais, un ancêtre de Pantagruel avait échappé au Déluge en chevauchant l'arche de Noé dans laquelle, vu sa taille, il n'avait pu trouver place : « Il estoit dessus l'Arche à cheval, jambe deça, jambe delà, comme les petitz enfans sus des chevaulx de boys ». La fascination pour le jouet s'est transportée naturellement sur les amusettes et autres idées fixes du monde adulte, qu'il s'agisse d'une collection de castagnettes andalouses ou bien d'obscurs branchements de radioamateurs.
À noter au passage que l'anglais hobby, de hobby-horse (cheval de petite taille) a exactement le même sens et la même évolution. « Enfourcher son dada » est donc à peine une métaphore : « Un homme qui n'a point de dada ignore tout le parti que l'on peut tirer de la vie », affirme Balzac.


Faire des galipettes

La galipette, cette culbute que les enfants adorent faire, est moins innocente qu'il n'y paraît. À l'origine, c'était une distraction réservée aux adultes. L'ancienne expression virer des galipettes, faire « une partie de jambes en l'air » nous révèle le sens exact du mot. Il dérive de l'ancien français  galer, soit s'amuser.
Nous viennent du même terme les femmes galantes, autrement dit, celles qui ne rechignaient pas à se faire culbuter !