Ainsi Pilate présente-t-il le Christ aux prêtres du Temple, après l'avoir fait fouetter. Par dérision, les
soldats l'ont vêtu de pourpre, l'ont couronné d'épines et
lui ont fait un sceptre de roseau. Le terme ecce homo
désigne, par référence à cette scène, une représentation
du Christ dans sa tenue de roi parodique.
Par image, on désignait ainsi un homme pâle et maigre.
NT - Évangile selon saint Jean, livre 19, verset 5
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Tohu-bohu
Un de ces mots imitatifs qu'on trouve dans toutes les
langues, comme sens dessus dessous, tintamarre,
trictrac, tonnerre, bombe, s'exclamait Voltaire face au
terme hébraïque tôhû wâbôhû...
Cheveux longs et idées courtes
Proverbe médiéval, que l'on rencontre par exemple
dans A dialogue of the Effectual Proverbs in The
English Tongue concerning marriages de John
Heywood, part. II, chap. VII (1562)
Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es
Brillat-Savarin, Physiologie du goût ou Méditations
de gastronomie transcendante, IVe aphorisme
(1826)
Il ne faut pas dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau
Il ne faut s'engager à rien, de peur de faire plus tard ce dont
on avait pris l'engagement de s'abstenir
L'expression se comprend par allusion à l'aventure de
l'ivrogne qui jurait sans cesse qu'il ne boirait jamais d'eau et
qui se noya dans le bassin d'une fontaine... C'est ce que
rappelle l'Arioste, redécouvert et si apprécié au XVIe siècle :
« Come veneno e sangue viperino,
L'acqua fuggia, quanto figgu si puote, On quivi muore, e quel che più l'annoia
El sentir che velo' acqua sine muoia »
Autrement dit en clair...
« Il fuyait l'eau comme le poison et le sang de vipère,
Autant qu'il est possible de la fuir,
Cependant il y laissa la vie et sa plus grande douleur fut
De sentir qu'il mourait dans l'eau »
L'enfer est pavé de bonnes intentions
James Bowell, Vie de Samuel Jonhson, ch. 49 (1791)
« Hell is paved with good intentions »
Lutte pour la vie
Darwin, Origine des espèces, ch. III (1859, 1882
pour la traduction française ; la traduction de
1862 parle de concurrence vitale).
Struggle for life.À la dérive
En se laissant aller, sans pouvoir réagir
Ou, pour des objets : sans être dirigé, en étant le jouet des circonstances.
Ou, pour des objets : sans être dirigé, en étant le jouet des circonstances.
Dans les deux cas, l'expression présuppose une issue mauvaise.
L'image du corps flottant emporté par le courant est généralement associée à la passivité de l'homme et des entreprises humaines face aux forces qui le mènent. Cela équivaut donc à être sans règle et sans guide, comme un navire emporté par les vents ou par le courant, dans une direction perpendiculaire ou oblique à sa quille : « Laissons les nations aller à la dérive », Proudhon
L'anglais dit de même : adrift, et l'espagnol : a la dériva.
À quoi ça rime ?
On a coutume d'opposer aujourd'hui le fond et la forme. il fut un temps où, pour être apprécié, un texte se devait d'être en vers. Ou bien alors son contenu (la raison, le raisonnement) devait se révéler particulièrement riche. On opposait alors la rime à la raison.
Agir sans rime ni raison consistait à se comportait d'une manière incompréhensible. Les Anglais disent même without rhyme or reason.
D'où le sens de à quoi ça rime ? qu'est-ce que cela signifie ?Agir sans rime ni raison consistait à se comportait d'une manière incompréhensible. Les Anglais disent même without rhyme or reason.
Au marc le franc
En cas de faillite
Rien à voir avec le serpent monétaire ou le marc de Bourgogne.
Rien à voir avec le serpent monétaire ou le marc de Bourgogne.
Au Moyen Âge, un marc était un poids de 8 onces (245 g) qui servait à peser les monnaies. Il a donné son nom au Mark allemand. L'expression signifie littéralement : pour le poids d'un marc, tant de francs. Elle ne s'emploie plus que dans un jugement de faillite pour dire que les créanciers seront payés au prorata de leur créance.
Avoir du toupet
Être gonflé, avoir du culot
L'origine de la locution avoir du toupet remonte au XVe siècle en Italie. À cette époque existaient dans ce pays les bravi (pluriel de l'italien bravo), les ancêtres de nos brigands, qui faisaient profession d'assassiner les gens sur demande, sorte de tueurs à gages que l'on payait pour se débarrasser d'un rival en amour, d'un concurrent agressif ou d'un quelconque ennemi. Les bravi étaient souvent employés par les grands seigneurs qui les commanditaient. Ils avaient quasiment pignon sur rue : il suffisait de frapper à leur porte, de désigner la victime à abattre et de remettre l'argent.
Pendant longtemps, les bravi furent pratiquement impunis tellement ils étaient protégés. Toutefois, ils ne souhaitaient pas être reconnus de quiconque quand ils perpétraient leurs forfaits : les reconnaître équivalait à donner le nom du commanditaire.
Quand ils exerçaient leur coupable activité, ils prenaient la précaution de rabattre sur leur visage un toupet de cheveux, qui d'ordinaire pendait sur le côté ou sur la nuque. De ces bravi, on disait qu'ils avaient du toupet, quand avec audace, ils s'apprêtaient à passer à l'action.
Ces hommes à la hardiesse reconnue, prêts à tous les coups de main, à accepter tout contrat, étaient bien souvent armés jusqu'aux dents ; une arquebuse à la main, des pistolets à la ceinture, un couteau dans les jambières et un poignard dans la poche.
Pour dissimuler leur visage, ils se paraient d'une résille (de nos jours, un bas fait l'affaire pour braquer une banque), et se laissaient pousser, en plus de leur toupet, de fort belles moustaches et une barbe hirsute qui masquaient toute la moitié du visage.
Avoir la fringale
Une faim de loup pour un cheval
En ancien français, avoir une faim de loup se disait avoir la faim-valle (du germain walf, loup). Le mot sera déformé en faim-calle puis en fringale qui est le nom actuel de la boulimie subite du cheval.
Avoir un bœuf sur la langue
Vieux calembour grec
Au temps d'Homère, posséder ne serait-ce qu'un seul bœuf, c'était déjà être riche. La richesse se calculait alors en bœufs : Tel collier en or et ivoire valait dix bœufs, un bon cuisinier s'échangeait contre six bœufs.
Égorger un bœuf sur l'autel d'un dieu était une offrande inouïe. Rien donc de plus normal en soi que les premières monnaies aient été frappées à l'effigie d'un bœuf et non à celle d'un prince !
Quand un Grec voulait acheter le silence de quelqu'un, il faisait mine de lui glisser dans la bouche une de ces pièces frappées du bœuf. Il lui mettait un bœuf sur la langue (bous epi glossa).
Les grecs affectionnaient tout particulièrement ce calembour car dans leur langue, bous signifiait à la fois bœuf et argent.
Baragouiner
Bara = pain et gwin = vin, et est présentée comme l'hypothèse la plus répandue pour expliquer ce terme assez étrange. Elle repose sur la localisation des premières attestations dans l'ouest de la France avant que le mot se répande un siècle après la réunion de la Bretagne à la France.
Le contexte de l'attestation (1391 pour barragouyn et 1532 pour barragouin) l'oppose à chrestien et à françois, mais le locuteur du Loiret l'appliquait déjà à un habitant de la Guyenne, par exemple.
Cette hypothèse suppose qu'à l'origine, le mot servait de sobriquet à l'encontre des Bretons, tiré de leur expression favorite pain, vin, entendue dans les auberges françaises que fréquentaient les pélerins bretons.
D'autres hypothèses, moins satisfaisantes, ont toutefois été proposées : Le latin Berecynthia, nom de Cybèle, mère des dieux, célébrée par un culte orgiastique, l'ancien provençal barganhar (marchander — cf : barguigner), une onomatopée désignant l'action de parler indistinctement et de patauger, un emprunt à l'espagnol barahunda (tumulte), lui-même emprunté de l'hébreu baruch habba (béni soit celui qui vient au nom du Seigneur).
Quant à Pierre Guiraud, qui cherche des étymologies socio- linguistiquement proches et vraisemblables, évoque un composé tautologique du type barater (s'agiter -> baratter) et gouiner, variante de couiner, crier.
Par ailleurs, l'initiale onomatopéique bar- dans barbare évoque étymologiquement la langue incompréhensible des étrangers.
Baragouiner fut d'abord attesté sous la forme de l'infinitif substantivé baragoiner pour signifier parler incorrect (1578, mais antérieur, la forme baragouinage, synonyme de baragouin se lisant déjà sous la plume de Rabelais dès 1546.
Baragouiner fut alors employé comme verbe au sens de parler une langue étrangère que personne ne comprend (1611) et, transitivement, prononcer indistinctement (1666).
Attention aux usages injurieux et xénophobes... Aujourd'hui, on n'emploie plus guère ce mot que pour parler un langage incorrect.
Cahin-caha
Aller d'une manière inégale, tantôt bien, tantôt mal, tant bien que mal Ménage, sans aucune preuve, donne comme origine à cette locution le latin qua hinc, qua hac, qu'il traduit, pour les besoins de la cause, par deça et delà.
Il n'en est rien, et l'on admet aujourd'hui que cahin-caha est une formation expressive, à rapprocher de l'onomatopéique cahot.
L'expression apparaît pour la première fois au XIVe siècle sous la forme kahu-kaha ; au XVIe siècle sous sa forme actuelle (Rabelais, bonaventure Des Périers). Elle fut mise à la mode en 1726 par les couplets de cet aimable Panard que Marmontel, non sans quelque exagération, nommait le La Fontaine du Vaudeville et qui, insérés dans une comédie de l'abbé d'Alainvre, La Tour de Carnaval, firent courir tout Paris au Théâtre-Italien.
Ne surnomma-t-on pas Cahin-Caha le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, qui, menant une politique de bascule, pencha tantôt du côté des jansénistes, tantôt du côté des jésuites ?
Une épitaphe, qu'on lui fit le jour de sa mort, déclare :
« Ci-gît Louis Cahin-Caha,
Qui dévotement appela,
De oui, de non s'entortilla,
Puis dit ceci, puis dit cela,
Perdit la tête et s'en alla »
Cahin-caha s'emploie couramment avec les verbes aller, marcher, cheminer, et s'accommode aussi d'être accolé à des noms, pronoms, etc.
« Cahin-caha, j'avais monté sur ma bête », fait dire La Fontaine à l'un de ses personnages, et Chateaubriand écrit ardemment : « J'avais une très froide et très bonne tête, et le coeur cahin-caha pour les trois quarts de l'humanité ».
On peut rapprocher de cahin-caha la locution couçi-couça qui signifie bien et mal, et qu'on écrivait au XVIIe siècle coussi-coussi (italien cosi cosi) puis qu'on a pris coutume, par analogie avec comme ci, comme ça, d'écrire couci-couça.
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