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Colosse aux pieds d'argile

Se dit de quelqu'un dont la force n'est qu'apparente
Le colosse aux pieds d'argile, c'est le rêve de Nabuchodonosor interprété par Daniel. Le roi a vu une statue immense dont la tête était d'or, la poitrine et les bras d'argent, les reins et les cuisses de bronze, les jambes de fer, les pieds de fer et d'argile. Une pierre suffit à pulvériser les pieds et la statue d'écroula. Selon Daniel, le roi est la tête d'or ; les royaumes qui suivront seront successivement d'argent, de bronze, de fer ; le dernier royaume sera un royaume divisé (de fer et d'argile), à la fois fort et faible.
On voit dans ces quatre royaumes les royaumes babylonien, mède, perse, grec, romain. Le cinquième est celui d'Alexandre (ou l'Empire romain), divisé par ses successeurs et en guerre permanente. 
Sa division annoncerait la fin des royaumes terrestres et la pierre qui abat le colosse fonderait un cinquième royaume spirituel.
Mais on ne peut manquer de faire le rapprochement avec les quatre âges (or, argent, bronze, fer) qui, dans la mythologie antique, symbolisaient la décadence progressive du monde, à laquelle correspond une vision pessimiste de l'histoire comme déclin.
La conception chrétienne aura au moins le mérite d'inverser progressivement cette vision. La révélation et la résurrection du christ ne peuvent qu'être un progrès. L'histoire sera donc divisée en trois âges : l'ancienne loi, avant notre ère ; l'âge du Christ, dans lequel nous vivons ; le règne de l'Esprit, qui viendra dans un monde spirituel.
Ce cadre nouveau ne contredit pas l'ancien : le progrès entre les deux premiers âges est uniquement spirituel, et le monde matériel continue bien à vieillir et à empirer. Mais ce déclin est souhaitable, puisque ce n'est qu'à la venue de l'antéchrist et à l'anéantissement du monde matériel qu'adviendra le règne de l'Esprit.
L'apocalypse n'est donc pas une catastrophe, mais une nécessité pour échapper à la matière. Dans cette optique, le progrès matériel (donc social) est une entrave à la venue d'un monde meilleur, parce que spirituel... 
AT - Livre de Daniel, livre 2, versets 31 à 35


Prendre son fade

G. Esnault le relève aussi en 1850 au sens de ration : « un petit fade d'eau-de-vie », ou encore en 1899 : « Il a son fade » pour « il est ivre ».
La valeur sexuelle de l'expression a probablement suivi de prendre son pied, ce qui n'empêche pas un usage parfois fantaisiste et imagé : « La campagne prenait son fade avec la campagne », Bertrnad Blier, Les Valseuses, 1973.
L'expression prendre son fade est restée de connotation plus argotique et ne s'est pas répandue aussi largement dans la langue courante que son parallèle prendre son pied. Elle a gardé par ailleurs un sens strictement sexuel.
Comme le pied, le fade désignait la part du butin chez les voleurs du XIXe siècle.
Puis le mot est rapidement passé dans l'argot de tout un chacun, au point que Balzac l'employait, et que Delvau le désigne en 1866 comme : « quote-part de chacun dans une dépense générale ; écot que l'on paye dans un pique-nique. Mot de l'argot des voleurs qui a passé dans l'argot des ouvriers ».


Prendre son pied

Il s'agit véritablement ici d'une expression vedette, le mot de passe non seulement des jouissances contemporaines, mais de toute une génération lève-tabou, qui a vu son épanouissement autour des événements de mai 68.
Il est assez remarquable que cette expression, de construction après tout banale, qui a pris naissance dans le milieu des voyous, ait circulé si longtemps — un demi-siècle au moins — dans les profondeurs de l'argot et de la langue verte des zonards pour exploser soudainement dans le grand public et devenir le mot préféré de tout un chacun. C'est sans doute qu'elle touchait brusquement un archétype, en se remotivant dans l'inconscient collectif par l'image du bébé heureux qui s'empare de son petit pied pour le sucer, aussi bien que par celle de la femme, que relevait déjà Aristophane dans Lysistrata, qui saisit son pied au moment de la jouissance sexuelle.
Le mot pied, équivalent de fade, plus ancien et plus fréquent, est bien établi dans l'argot du début du XIXe siècle au sens de part de butin. C'est ainsi que Vidocq le présente dans Les Voleurs, en 1836 : « Pied. Les tireurs (voleurs à la tire) avaient autrefois l'habitude, en partageant avec les Nonnes et les Coqueurs (des complices spécialisés dans la manipulation des attroupements), de retenir, sur la totalité du chopin (butin), 3 ou 4 francs par louis d'or. Plusieurs tireurs qui existent encore à Paris, et qui sont devenus sages, avaient l'habitude de prélever cette dîme ».
Ce sens étroit paraît s'être développé dans la dernière partie du siècle pour prendre la valeur de part, de compte, de ration — toujours parallèlement à l'évolution de fade. On trouve dès 1878 j'en ai mon pied, pour dire j'en ai mon compte, j'en ai plus qu'assez, j'en ai ma ration, j'en ai ma claque — en somme j'en ai marre !!!
C'est probablement au travers de ce sens de ration portée à son comble, d'une femme qui prend sa ration, qui en a pour son compte dans les ébats sexuels que prendre son pied s'est installé d'abord dans la jouissance, puis, plus généralement, dans l'idée d'un plaisir très vif.
En effet, ce mot sorti de l'ombre au début des années 20 est resté longtemps attaché au plaisir exclusivement féminin.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la valeur non sexuelle de l'expression, devenue la plus fréquente aujourd'hui, est apparue dans l'usage à peu près en même temps que sa valeur d'orgasme !
Ainsi, les deux sens, propre et figuré, ont-ils cheminé de concert pendant plusieurs décennies dans des cercles relativement restreints avant d'inonder le champ des grands bonheurs publics.


Faire une gaffe

Mettre les pieds dans le gué 
La gaffe dans son sens de maladresse, a une toute autre origine : Gafar en provençal signifiait passer à gué. D'où la double acception de gaffe : perche qui aidait à passer la rivière et maladresse du piéton qui patauge dans la boue du gué. 
En normand, patauger se dit pareillement gafouiller.


Mettre le pied à l'étrier

Pour mieux monter en selle 
L'étrier est en quelque sorte une marche pour grimper sur le dos du cheval, mais cette marche est tout de même haut placée. Mieux valait donc se faire aider pour prendre place sur la selle. C'est le sens de l'expression.


Vivre sur un grand pied

Avec démesure 
Rien à voir avec la reine Berthe à l'unique grand pied... Le pied a été longtemps unité de mesure (on dit encore être enterré à six pieds sous terre). C'est dans ce sens qu'il faut comprendre vivre sur un grand pied, avec démesure, ou être sur un pied d'égalité
Rien à voir avec la longueur des chaussures à la poulaine comme certains ont pu l'écrire.

Avoir l'estomac dans les talons

Mourir de faim 
Avoir l'estomac dans les talons qui se dit pour avoir très faim a une variante très plaisante (1898) sous la forme de avoir l'estomac dans les gadins (in Esnault). 
L'estomac vide semble alors s'agrandir et occuper tout le bas du corps, jusqu'aux pieds en outre, dans le contexte de la marche, les talons font souffrir le marcheur, à l'égal de son estomac avant l'étape.
Mais cette explication rationnelle ne suffit pas ! L'image implicite est celle de marcher sur son estomac, bien que le détail de la réalisation formelle reste obscur.


Faire du pied

Si l'expression est attestée telle quelle qu'au XXe siècle, les jeux de chevilles, frôlements de souliers, et autres pressions d'orteils discrets sous les tables en témoignage de désir caché sont constants dans l'histoire des amours naissantes ou clandestines...