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Science sans conscience n'est que ruine de l'âme

Adage scolastique connu par Rabelais, Pantagruel, VIII (1532)
Dans la lettre de Gargantua à son fils, avec une référence à Salomon.


Éclairer la lanterne

La lanterne magique 
Une célèbre fable de Florian raconte l'histoire du singe qui voulait faire une projection de lanterne magique à ses amis. Ils s'étonnent de ne rien voir. L'appareil est-il défectueux ? Que nenni ! Le singe n'avait oublié qu'un point : éclairer sa lanterne
À rappeler que la lanterne magique date de 1685 et que les fables de Florian furent publier en 1792.


Être sur un pied d'égalité

En prenant le pied pour unité de mesure... (1671), cette expression se comprend comme sur un rapport d'égalité.


Ric rac

Avec une exactitude rigoureuse 
On disait autrefois dans ce sens ric à ric. « On ne compte guère ric à ric avec la Fortune et, quand elle veut bien réparer ses torts, on les oublie », écrivait Mme de Grignan (Lettre du 12 février 1703).


Avoir des atomes crochus

L'atome est vieux de 2000 ans. Il fut inventé par les philosophes grecs Leucippe et Démocrite qui se refusaient à croire à l'intervention des dieux dans la création du monde.
Pour eux, l'univers tout entier était constitué de vide et de particules insécables (c'est ce que signifie atomos en grec : qu'on ne peut couper). Démocrite avait imaginé que ces atomes s'accrochaient les uns aux autres. 
La physique nucléaire moderne ne retiendra pas cette hypothèse, mais la psychologie populaire le fera, pour évoquer la sympathie qui s'établit entre deux êtres.


Les arcanes de la politique

Tout ce qui est secret et mystérieux, ce qui ne se dit pas, sauf à un cercle d'initiés, peut être qualifié d'arcanes, qu'il s'agisse du domaine des arts, des sciences ou de la politique.
Le terme (du latin arcanum, secret) fait référence aux alchimistes qui disaient avoir découvert un remède infaillible afin de prolonger la vie ad vitam aeternam.
Seuls les inventeurs connaissaient la composition mystérieuse et secrète de cette panacée. Au XVe siècle, l'alchimiste et médecin suisse Paracelse donna une définition de l'arcane comme étant une substance incorporelle, immortelle et dont la nature est fort au-dessus de l'intelligence humaine. 
Inutile donc d'essayer de comprendre !
Longtemps employé dans le langage médical, le mot arcane faisait référence aux remèdes mystérieux et sans aucune valeur scientifique, auxquels étaient prêtées des vertus curatives, élixir de longue vie ou de jeunesse éternelle, remèdes très prisés par les crédules en qui les charlatans ont, de tous temps, trouvé une proie facile.
Paracelse fit scandale en critiquant les plus grands médecins de l'Antiquité, allant même jusqu'à brûler leurs œuvres. Suite à ses démêlés avec la justice, il dut quitter Bâle ; après une vie d'errance et de dénuement, Paracelse mourut misérablement dans une taverne de Salzbourg, à l'âge de 48 ans.
Triste fin pour celui qui avait prétendu posséder le moyen de prolonger la vie humaine de plusieurs siècles !


Avoir le compas dans l'œil

Comme Michel-ange 
Le compas à tracer des cercles comporte une pointe acérée et se le mettre dans l'œil serait risqué... 
Avoir le compas dans l'œil est nettement moins dangereux. On peut ainsi estimer avec exactitude des distances sans prendre de mesures. 
Michel-Ange avait ce don. On lui attribue d'ailleurs la paternité de la locution. Rappelons que les compas d'autrefois (du latin compassare, mesurer le pas) ne comportaient pas de pointes acérées. Ils servaient surtout à reporter des distances.

Eurêka !

« Ma couronne est-elle bien en or pur ? » demanda un jour à Archimède Hiéron, le roi de Syracuse. 
La solution ne parut pas évidente au savant grec dont les inventions et découvertes étaient pourtant aussi nombreuses que géniales. Leibniz lui-même sera impressionné au point de déclarer : « Ceux qui sont en état de comprendre Archimède admirent moins les découvertes des plus grands hommes modernes. » 
Il est vrai que la liste de ses inventions est impressionnante : de la vis sans fin qui porte son nom, à la théorie du levier (« Donnez-moi un point d'appui assez solide et je soulèverai le monde », disait-il), il rédigea nombre de traités sur la mesure du cercle, la spirale, la sphère, inventa la poulie, les roues dentelées, l'orgue mécanique et trouva d'innombrables applications à la géométrie et à la mécanique. 
Cette question de Hiéron semblait à première vue d'une simplicité extrême pour un homme d'un tel génie. La solution au problème se fit pourtant attendre et c'est en prenant son bain que l'éclair aurait jailli. 
Archimède venait d'inventer l'hydrostatique, découvrant la loi de l'équilibre des corps et déterminant la poussée qu'un fluide imprime à un solide. Cette découverte le transporta d'une joie telle qu'il sortit dans la rue en criant « Eurêka » (J'ai trouvé) à qui voulait l'entendre.
La fin d'Archimède fut tragique. En 209 avant J.-C., les Romains mirent le siège devant Syracuse et il leur fallut trois années pour prendre la cité. Archimède mit son talent au service de sa ville en inventant des machines colossales pour projeter d'énormes pierres sur l'ennemi.
Quand les galères romaines s'approchaient trop, elles se faisaient enlever par un machiavélique système de leviers armés de crampons et, une fois accrochées, elles étaient tirées et se brisaient sur les rochers. Les vaisseaux qui restaient soudain. Archimède avait fait disposer de grands miroirs concentrant l'ardeur du soleil vers les coques.
Malgré tout le génie créatif d'Archimède, les Romains prirent la ville, et Marcellus, leur général, admiratif devant de tels stratagèmes, ordonna de laisser la vie sauve au savant grec. Alors qu'il était occupé à dessiner des figures géométriques sur le sable, il fut tué par un soldat à qui il n'obéissait pas assez vite. Il avait 75 ans.
Et depuis, tous les écoliers récitent un jour le Théorème d'Archimède.

J'y brûlerai tous mes livres

Je mettrai tout en œuvre pour réussir
Allusion, dit l'abbé Morellet, à cet alchimiste qui, cherchant la pierre philosophale, se ruina en charbon, et chauffa son fourneau avec ses livres.


Avoir de l'estomac

Du coeur au ventre 
Avoir mal au cœur ou le cœur au bord des lèvres témoignent de la confusion qui existait jadis entre l'estomac et le cœur.
Avant le XVIe siècle, l'estomac était même considéré comme le siège de l'intelligence ! Et comme celui du courage, d'où avoir de l'estomac
Au temps des Précieuses Ridicules, estomac remplacera poitrine, mot jugé comme du dernier vulgaire. Et mot jugé de la pire indécence au XIXe siècle où la bienséance exigeait qu'on parlât de gorge (d'où soutien-gorge).


Avoir la bosse des maths

Une bosse de rigolade 
Les théories de Gall font aujourd'hui se tordre de rire les scientifiques. Pourtant, les Parisiens qui se piquaient de science sous le Premier Empire, ne juraient que par elles. Ils venaient en foule aux conférences des deux savants en vogue, Mesmer et son magnétisme, Gall et sa phrénologie (ou cranioscopie, si si !). 
Gall prétendait mesurer l'intelligence (phren en grec) par les bosses du crâne. Des théories fumeuses de ce savant allemand, il ne subsiste que la bosse des maths, évoquée généralement par ceux qui ne l'ont pas ou ceux qui ne... bossent pas assez pour comprendre cette discipline !


Grain de folie

Le terme de grain n'est pas ici à prendre dans son sens habituel de semence mais comme la 480ème partie d'une once. Avant l'invention du système métrique, le grain (0,053 g) était la plus petite mesure de poids.
Utilisé par les apothicaires dans la préparation des remèdes, le mot a donné naissance à des expressions comme n'avoir pas un grain de bon sens ou avoir un grain quand on parle d'un individu un tout petit peu fou... sous-entendu qu'il a un grain de folie.


Ne pas avoir un grain de bon sens

Avoir un grain ! 
Le terme de grain n'est pas ici à prendre dans son sens habituel de semence mais comme la 480ème partie d'une once. 
Avant l'invention du système métrique, le grain (0,053 g) était la plus petite mesure de poids. Utilisé par les apothicaires dans la préparation des remèdes, le mot a donné naissance à des expressions comme n'avoir pas un grain de bon sens ou avoir un grain quand on parle d'un individu un tout petit peu fou... sous-entendu qu'il a un grain de folie.

Se saigner aux quatre veines

La saignée était la panacée contre toutes les maladies. On saignait aussi bien les grabataires que les nouveau-nés. 
Mais fallait-il saigner du côté opposé à l'endroit malade pour obtenir une révulsion ou du même côté pour obtenir une dérivation ? 
Grave question.
Une profonde querelle divisait les médicastres du temps, les mires et les barbiers-chirurgiens. Ils ne tombaient d'accord que sur la saignée complète. Elle se faisait aux quatre veines, aux quatre membres, comme on disait en Normandie.

Chiffre

Service de transmission des messages codés
Le chiffre a du mystère, mais plus encore le chiffreur, l'homme du chiffre, qui code, décode, recode les secrets, heureusement passés au moulinet de la machine codeuse.


Doigt-de-gant

Jargon nucléaire 
Petit tube fermé à son extrémité, permettant de pénétrer dans un milieu sans communiquer avec lui. Petit, ce tube est un doigt-de-gant ; plus grand c'est une chaussette.


Effet pyjama

La nuit, dans les étoiles 
Terme astronomique pour désigner une succession de stries claires et sombres apparaissant sur un écran radar. Les scientifiques ne sont pas forcément gens éthérés : même s'ils peuvent parler d'anisotropie horizontale des bandes, ils savent encore ce que c'est qu'un pyjama... et le disent ! Et si on insiste bien, ils iront jusqu'à préciser qu'il y a des types de pyjamas particuliers.