Affichage des articles dont le libellé est maison. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est maison. Afficher tous les articles

Aller à une boum

À une surprise-partie
Les premières surprises-parties datent des années 30. 
Le jeu consistait à débarquer, toute une bande, chez un ami commun, les bras chargés de victuailles. La surprise était totale chez celui qu'on réveillait ainsi pour organiser une partie chez lui. Il n'y a plus de surprise aujourd'hui. Le mot surprise-partie a du reste vieilli, remplacé successivement par surboum (d'après en plein boum), par surpatte puis par boum tout court. 
Depuis peu a réapparu le terme de soirée. Seuls les 10-12 ans appellent encore boum ce que leurs parents nommaient goûter d'enfants. Mais il est vrai qu'ils y passent leur temps à écouter du rock ou de la techno !!! 


Connaître les tenants et les aboutissants

Pour cadastrer les terres alentour 
Connaître les tenants et les aboutissants, c'était autrefois délimiter une propriété, au sens propre connaître les terres auxquelles elle tenait et aboutissait.


Croquer le marmot

Heurter le petit singe 
L'origine de cette expression a fait couler beaucoup d'encre. Elle ne se comprend qu'en se référant au sens de ces deux mots d'ancien français : marmot était le nom du singe et croquer signifiait frapper, heurter. 
Pas de sonnette à la porte des maisons à cette époque, mais un heurtoir en bronze décoré d'une main stylisée ou d'une figurine grotesque, souvent de singe. Ainsi, croquer le marmot ne signifie rien d'autre qu'attendre à la porte en faisant cogner le marteau sur l'huis avec impatience.


De l'eau dans le gaz

Le torchon va brûler

Avant la guerre de 14, la plupart des logements
 étaient éclairés au gaz. C'était le signe du confort moderne. À l'entrée des immeubles de rapport figurait en bonne place une plaque émaillée « gaz et eau à tous les étages ».

Ce n'était pas du gaz naturel comme aujourd'hui, mais du gaz de houille, un gaz souvent chargé d'humidité. Des poches d'eau finissaient par se former dans les tuyaux, provoquant de fréquentes pannes de lumière ou de réchaud en pleine préparation du repas. Prétexte à disputes incessantes dans les ménages !

La couleur orangée que prenait la flamme du réchaud sous l'influence de l'humidité permettait de prévoir la panne... et l'imminence d'une nouvelle dispute ! 
Le torchon allait encore brûler dans le ménage...



Découvrir le pot aux roses

Se mettre au parfum 
C'est en faisant les antiquaires que l'on peut découvrir le pot aux roses de ses rêves : il en existe encore de nombreux spécimens. 
On a beaucoup glosé sur l'origine de cette expression qui remonte au XIIIe siècle : pour masquer les odeurs fortes qui régnaient dans les demeures du Moyen Âge, on avait coutume d'écraser et de faire macérer des pétales de rose dans des pots. Il suffisait de retirer le couvercle du pot aux roses pour qu'un parfum suave se répande. D'où le sens figuré de la locution.
Certaines maîtresses de maison avaient leur recette composée d'un mélange de différentes fleurs dont elles gardaient jalousement le secret. Dans ce cas, cela s'appelait confectionner un pot pourri.
Au XVIe siècle, apprendre un secret se dit également découvrir le pot pourri. Les Anglaises sont de nos jours très expertes dans cet art de confectionner des rose-bowls ce qu'elles appellent dans leur langue aussi un pot-pourri.


Faire danser l'anse du panier

Vieille pratique chez les cuisinières que de prélever une petite commission sur les commissions en comptant un peu plus cher à la patronne. Il suffisait de mettre les plus beaux fruits sur le dessus du panier.
Cette petite gratte s'appelait l'anse du panier.
Mais pourquoi la faire danser ? Simplement parce que faire danser quelqu'un avait le sens d'extorquer quelque chose sous la menace. Ce qui se dirait aujourd'hui faire chanter.

Faire du potin

En Normandie, pendant les longues soirées d'hiver, les femmes se réunissaient pour filer et bavarder. Chacune apportait sa potine, petit pot de terre cuite rempli de braises qu'elle déposait devant elle ou sous ses jupons.
C'est autour des potins que les commères passaient en revue tous les potins du village. Quand une dispute éclatait et que le ton montait, cela ne pouvait que faire du potin.


Faire la part du feu

Tout l'art pompier !
Le feu était un fléau redoutable au cœur des villes médiévales aux maisons de bois et aux ruelles étroites. Pas de pompe à incendie, seulement des seaux d'eau remplis à la rivière et passés de bras en bras. 
Pour empêcher le feu de ravager toute l'agglomération, il valait mieux lui sacrifier un pâté de maisons, quitte même à abattre jusqu'à un quartier de la ville, pour mieux le combattre un peu plus loin. 
Faire la part du feu était un moindre mal.


Faire ses ablutions

Les ablutions sont faites pour se purifier, pas pour se rafraîchir vulgairement les idées en se passant de l'eau sur le bout du nez.
Elles font partie du rituel de la messe ; le prêtre fait une ablution (ablutio, de abluere, laver) lorsque, après la communion, il se rince les doigts avec du vin et de l'eau. Il les essuie ensuite avec un petit linge et, du temps où la messe se disait en latin, il récitait au même moment le Psaume XXVI, verset 6, qui commence ainsi : Lavabo inter innocentes manus meas (Je laverai mes mains parmi les innocents).
À force de répéter lavabo, etc. en s'essuyant les mains, les officiants appelèrent ainsi l'essuie-mains lui-même, puis le coin de l'autel où ils le rangeaient avec le vase.
Ce mot de sacristie passa aux ablutions profanes, pour désigner un meuble de toilette avec cuvette et pot à eau, puis avec la modernisation le bassin de faïence que l'on connaît.
C'est bien le comble de la déchéance pour un terme de liturgie que de finir, pour ainsi dire, au cabinet !!! 


Jeter une pierre dans son jardin

Comme celle lancée à la femme adultère
Jeter la pierre à quelqu'un, c'est le critiquer ouvertement. Jeter une pierre dans son jardin (sous-entendu, quand il a le dos tourné), est une allusion désobligeante. 
Deux références bibliques à la femme adultère. « Que celui qui est sans péché, lui lance la première pierre », disait Jésus aux Pharisiens qui s'apprêtaient à la lapider. 
À noter que ce supplice rituel chez les Hébreux est encore prescrit par le Coran.


Le torchon brûle

Comme une vraie torche
Un torchon (du verbe latin torquere, tordre, torturer) était jadis une petite torche, un bouchon de paille tordue qu'on enflammait pour s'éclairer un court instant. Il était normal qu'il brulât, donc. 
Mais le mot torchon avait également le sens de violence comme l'atteste cette autre expression recevoir une torchée. L'expression sous sa première forme, le torchon brûle à la maison joue sur les trois sens du mot pour signifier une querelle domestique.


Mettre sur la sellette

Avant que la selle soit réservée au cheval et au vélo, le mot désignait toutes sortes de sièges, depuis un petit siège de bois à trois ou quatre pieds sans dossier, autrement dit un tabouret −  d'où la délicieuse expression, familière à Mme de Sévigné et à La Fontaine : être le cul entre deux selles − jusqu'à la chaise percée, ou selle nécessaire, commune depuis le Moyen Âge, ancêtre châtelain et confortable de nos vécés, comme en témoigne cette facture du XIVe siècle : « À maistre Girart d'Orléans, peintre du roy, pour six selles nécessaires, feutrées et couvertes de cuir. »
Ce siège-là nous a donné aller à la selle, gentiment conservée par les médecins à travers les siècles...
D'où bien sûr, les selles elles-mêmes, autrement dit les fèces, qui n'ont pas toujours eu la connotation médicale actuelle, témoin ce gros cochon de Saint-Simon : « Je suis monté dans la chambre où vous avez couché, et j'y ai poussé une grosse selle tout au milieu sur le plancher », fait-il dire à un grand seigneur.
La sellette est donc naturellement une petite selle, mais dans son sens premier de tabouret ! Il s'agit en effet du siège bas d'un tribunal sur lequel on faisait asseoir l'accusé, généralement enchaîné, dans une position d'infériorité pour être livré à la curiosité de ses juges.
« On le dit particulièrement d'un petit siège de bois sur lequel on faisait asseoir les criminels en prêtant leur dernier interrogatoire devant les Juges : ce qui ne se fait que quand il y a contre eux des conclusions des Procureurs du Roi à peine afflictive; car hors de cela, ils répondent derrière le Barreau. L'interrogatoire sur la sellette est la pièce la plus essentielle de l'instruction d'un procès criminel », écrivait Furetière.
«On dit aussi figurément de celui à qui on a fait plusieurs questions en quelque compagnie qui l'ont fatigué, qu'on l'a tenu long temps sur la sellette. » L'usage qui durait depuis le XIIIe siècle fut aboli par la révolution de 1789, au profit du box et de la célèbre formule tout à fait inverse : Accusé, levez-vous !


N'en jetez plus (la cour est pleine)

Plus de petits sous 
Les chanteurs des rues et les joueurs d'orgue de Barbarie n'omettaient jamais de faire les cours d'immeubles où la voix portait mieux. Les locataires des appartements sur cour étaient des personnes moins aisées mais souvent plus généreuses. Les petits sous et les thunes étaient plus faciles à ramasser. Certains les enveloppaient même dans un bout de journal pour leur éviter de rebondir au loin. 
Quand les donateurs tardaient à ouvrir leur fenêtre, les chanteurs leur criaient ironiquement : « N'en jetez plus, la cour est pleine ! » 
C'est le sens actuel de l'expression : ça suffit, assez !


Ouvrir ses quinquets

Allumer son lampion 
En 1789, un pharmacien français copie le système de la lampe à huile inventée par le physicien suisse Argand, en lui adjoignant un verre de lampe qui, ainsi, ne fume plus. 
Le succès de cette lampe, la lampe à Quinquet, sera immédiat et durera près d'un siècle jusqu'à l'invention de la lampe à pétrole lampant. 
Mais, ironie de l'histoire, la postérité ne retiendra pas le nom de l'inventeur mais celui du plagiaire. Jusqu'à en faire un mot de notre langue dans l'expression ouvrir ses quinquets, un synonyme plaisant des yeux.


Pendre la crémaillère

Pour faire bouillir la marmite 
Le premier acte des jeunes mariés qui emménageaient était de suspendre la crémaillère dans la cheminée pour y accrocher la marmite au-dessus du feu. À cette occasion, on invitait les amis à aider à emménager et à partager le premier repas. 
Aujourd'hui, ce geste est le plus souvent symbolique mais la coutume est restée.


Prendre des vessies pour des lanternes

C'est pourtant bien la même chose ! 
La locution date de 1210. On a commencé par dire vendre vessée pour lanterne puis faire de vessies lanternes
Les lanternes et les lampions étaient faits de vessies de porc ou de bélier. On en fait encore des abat-jour. 
Une lanterne avait donc effectivement plus de valeur qu'une simple vessie. Mais c'est plus le double sens des mots vessie et lanterne qu'il faut chercher l'origine de la locution.
Jusqu'à la Révolution une lanterne était un conte absurde, ridicule, et une vessée était un objet sans importance comme s'il était gonflé d'air : c'était du vent ! 
Vendre vessée ou vendre une lanterne revenait donc deux fois à vendre du vent.


Rendre son tablier

Démissionner, se démettre d'une fonction 
Attestée dès 1889, par Larchey, l'expression s'employait avant tout à propos d'un domestique qui quittait sa place, et ne s'utilise plus aujourd'hui qu'ironiquement pour de hautes fonctions. 
Autrement dit, rendre son tablier se disait pour quitter ses maîtres, en parlant d'une servante ou d'un domestique, à qui ses patrons fournissaient d'ordinaire le tablier mis pour travailler et qui le leur rendait en les quittant.


Sans feu ni lieu

Comme un S.D.F. 
Feu doit être pris ici dans son ancienne acception de foyer autour duquel la famille prenait ses repas. 
Sous l'Ancien Régime, la population des villes et des villages se calculait en feux, car on ne savait jamais de combien d'enfants les familles étaient composées. 
Lieu ajoute l'idée de domicile, comme dans vider les lieux. N'avoir ni feu ni lieu, c'était être sans vivres et sans toit. Jadis vagabond, le sans feu ni lieu est devenu le sans domicile fixe.