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Du miel et du lait sous ta langue

Image du baiser
La métaphore est assez fréquente dans la poésie orientale. Le miel qui coule de la bouche de la Sulamite (C'est du miel que tes lèvres distillent, ô fiancée) renvoie à la douceur de l'haleine, des baisers ou, plus probablement, des paroles. Car les lèvres de la femme adultère (étrangère) distillent le miel, disaient les Proverbes.
AT - Cantique des cantiques, livre 4, verset 11


Le lys dans la vallée

Cette expression est surtout connue grâce au roman de Balzac, et désigne la Bien-Aimée.
AT - Cantique des cantiques, livre 2, verset 1


Être au septième ciel

Connaître un bonheur sans partage, une félicité sans limite Y aurait-il sept ciels ?
Les Anciens, et même nos ancêtres du Moyen Âge, ignoraient la réalité de la voûte céleste et imaginaient ce qu'ils pouvaient expliquer. Pour eux, il y avait trois ciels : le zodiaque avec 12 constellations, la partie septentrionale qui en comptait 21 et la méridionale 27. Les théologiens admettaient également l'existence de trois cieux : l'air, résidence des oiseaux, lieu de formation des pluies et du vent ; le second était le ciel des astres fixés à une voûte solide en cristal pour laisser passer la lumière.
Au troisième ciel se trouvait le Créateur. Pendant longtemps, la locution fut être au troisième ciel et signifiait déjà connaître le bonheur, au Paradis, près de Dieu le Père.


Rouler un patin

Patin que les linguistes appellent déverbal du verbe ancien patiner qui avait le sens érotique de caresser avec insistance comme avec une grosse patte. Remplacé par peloter au XIXe siècle, patiner reprendra vie sous la forme rouler un patin dans les années 30 en pleine vogue du patin à roulettes !
À noter que le verbe peloter a donné lui aussi naissance à un calembour du même acabit : rouler un pélot, un palot, une pelle, tandis que la chaussure de patinage inspirera rouler une galoche


Rouler une galoche

Cette expression procède d'un calembour sur la galoche, chaussure de patinage, activité sportive très en vogue dans les années 30.
À noter que patin que les linguistes appellent déverbal du verbe ancien patiner qui avait le sens érotique de caresser avec insistance comme avec une grosse patte. Remplacé par peloter au XIXe siècle, patiner reprendra vie sous la forme rouler un patin.


Rouler une pelle

Le verbe peloter, qui remplaça au XIXe siècle celui de patiner (qui avait le sens érotique de caresser avec insistance comme avec une grosse patte) a donné lieu à un calembour : rouler un pélot, un palot, une pelle, tout comme patiner, qui refit surface dans les années 30, en pleine vogue du patin à roulettes, inspira rouler un patin et rouler une galoche (pour la chaussure de patinage).


Se sucer la pomme

Se bécoter
L'expression était déjà de mode au XIXe siècle, et relevée par Delvau en 1866 :
« Se sucer la pomme. S'embrasser, se bécoter. On dit aussi se sucer le trognon ». La pomme étant la tête, l'expression a duré aujourd'hui au sens de bécotage prolongé et incessant ; elle évoque des amoureux qui n'arrêtent pas de se lécher.


Amour, amour, quand tu nous tiens / on peut bien dire : adieu prudence !

Allusion au « Lion amoureux », de La Fontaine, Fables, IV, 1
La morale s'applique à ceux qui se sont laissés dépouiller de tout par amour et dont on jette l'écorce sans remords.





Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain

D'après Edmond About, Le Roman d'un brave hommech. 16 (1874)
Incarnation du moralisme progressiste du XIXème siècle, prophète de la trinité bourgeoise Travail-Patrie-Famille, About avait romancé, pour illustrer sa conception du brave homme, l'exaltation et les dangers de l'ascension sociale. Dumont, son héros narrateur, raconte à cinquante ans son trajet de la misère à la fortune, puis de la ruine au redressement, en montrant comment l'amour de sa femme l'a soutenu dans les épreuves : « Je ne sais pas s'il en existe au monde une plus belle, conclut-il, car l'idée de la comparer à une autre ne m'est jamais entrée dans l'esprit. Ce que je puis vous assurer, c'est que je l'aime aujourd'hui un peu plus qu'hier et un peu moins que demain. » 
Ainsi s'achève le roman dans la fusion des ascensions sentimentale et sociale...


L'amour fou

Titre d'un roman d'André Breton (1937)
Le rêve de l'amour unique (la Femme incarnée dans toutes les femmes aimées) étant irréalisable, pour des causes essentiellement économiques et morales, l'amour fou doit être à base de révolution sociale, mais il débouchera sur une expérience cosmique...
La référence à Breton est recommandée lorsque l'on est accusé de romantisme un peu désuet.



L'avenir de l'homme est la femme

Louis Aragon, Le Fou d'Elsa, « Zadjal de l'avenir » (1963)
C'est dans un débat entre ceux pour qui il n'y a d'avenir que dans Dieu et ceux qui n'en voient que dans l'homme qu'Aragon tranche à sa manière - à la manière du poète et du fou d'Elsa :
« L'avenir de l'homme est la femme Elle estla couleur de son âme
Elle est sa rumeur et son bruit Et sans elle il n'est qu'un blasphème Il n'est qu'un noyau sans son fruit Sa bouche souffle un vent sauvage Sa vie appartient aux ravages
Et sa propre main le détruit. »


Le cœur a ses raisons

Allusion à une pensée de Pascal (277-423), dans la section des moyens de croire.
« Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses. Je dis que le cœur aime l'être universel naturellement, et soi-même naturellement selon qu'il s'y adonne ; et il se durcit contre l'un ou l'autre à son choix. Vous avez rejeté l'un et conservé l'autre : est-ce par raison que vous aimez ? »
Le raisonnement est à double tranchant : faire grief au libertin de préférer l'amour de soi à l'amour de Dieu pour les raisons du cœur et non celles de l'esprit, c'est s'attirer la réponse que l'amour de Dieu n'est pas plus raisonnable. Pis : c'est reconnaître qu'aucun raisonnement ne pourra convertir l'athée, et ruiner l'apologie de la religion que prépare Pascal. Mais celui-ci a prévu l'objection et étudié par ailleurs les moyens de persuasion. Il s'agit de s'adresser au coeur par l'expression autant qu'à l'esprit par les pensées, et d'intéresser l'amour-propre à la réflexion — un comble si l'on considère que le renoncement à l'amour-propre, l'amour de soi, est un des buts de la conversion.
« Il faut se mettre à la place de ceux qui doivent nous entendre, et faire essai sur son propre cœur du tour qu'on donne à son discours » ; le nec plus ultra consistera à convaincre le cœur, qui inspirera lui-même les arguments à la raison, car « on se persuade mieux, pour l'ordinaire, par les raisons qu'on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l'esprit des autres. »


Loin des yeux, loin du cœur

D'après Thomas de Kempis ( ?), L'Imitation de Jésus Christ, I, 23, 1 (XXe siècle) : « Dès qu'un objet est loin des yeux, il sort de l'esprit. »


On ne badine pas avec l'amour

Pièce de Alfred de Musset(1834)
Cette comédie oppose le monde hypocrite des adultes à la fraîcheur maladroite des adolescents qui découvrent l'amour. Ici, l'amour est vu comme une autre religion, celle de la pureté et de la jeunesse, et avec laquelle on ne plaisante pas impunément.
Il suffit pour faire allusion au proverbe de Musset de remplacer l'amour par tout autre domaine dont on ignorait les dangers et où l'on s'est aventuré imprudemment.


Aller acheter un paquet de cigarettes

Symbole de l'abandon de la vie conjugale ou d'une rupture amoureuse
Fondé sur le prétexte que l'on peut mettre en avant sans donner l'éveil. On peut également aller acheter une boîte d'allumettes.
« "Il est parti, voici un mois.
- Et qu'est-ce qu'il t'a dit ? 
- Rien. Il est parti sans prévenir." 
Dur, pensa Matcho, les traditions se perdent. Avant, les gars avaient au moins la décence d'aller chercher une boîte d'allumettes-tison », 
J. Bialot et C. Courchay, Matcho et les Fourmis 


Amant de cœur

Celui qui ne paie pas ou qui paie moins que les autres, par suite d'un caprice passager ou durable, les faveurs d'une fille ou d'une femme entretenue
Cette expression s'est répandue au début du XIXème siècle, et l'éditeur Desloges a publié en 1842 une Physiologie de l'amant de cœur, due à la plume de Marc Constantin.
On disait au XVIIIe siècle l'ami de cœur. Dans un recueil de nouvelles à la main de 1762, on peut lire en effet : « La demoiselle Sophie Arnoult, de l'Opéra, n'a personne. Le seul Lacroix, son friseur, très aisé dans son état, est devenu l'ami de cœur. » 

Ami de cœur, amant de cœur ont remplacé greluchon, fort usité sous la Régence, et qui semble bien être un dérivé du bourguignon grelu (grêle, misérable, pauvre). Faut-il préciser qu'au temps des lorettes sous Louis-Philippe, on appelait aussi Arthur l'amant de cœur« Si la lorette soupçonne son Arthur », écrit Maurice Alhoy, qui en a défini le type dans sa Physiologie de la lorette.


Il a tiré le bon numéro

Mariage d'intérêt, mariage d'argent, mariage de raison, mariage de convenances, même mariage d'amour, le mariage a toujours été une loterie où il faut avoir la chance de tirer le bon numéro.
Comme au tirage au sort des conscrits au siècle dernier. Ceux qui tiraient le bon numéro échappaient à un service militaire obligatoire de sept années (les sept ans de raison ?)

Payer les violons

L'usage de donner des sérénades sous les balcons des belles s'est un peu perdu. Autrefois, c'était une façon comme une autre de faire sa cour, bien qu'un petit peu arrogante et vaniteuse.
« Valderan amena un musicien de ses amis devant nos fenestres, et luy fit chanter un air qui avec le son d'un Luth empescha que je n'allasse prendre mon repos tant j'ay d'affection pour l'harmonie. Je descendis en une salle basse avec ma servante pour escouter, et voyez la vanité de nostre amoureux : afin que l'on sceut que c'estoit luy qui donnoit ou faisoit donner cette sérénade, il se fit appeler tout haut par quelqu'un qui estoit là », Sorel
Mais ce n'était pas toujours celui qui payait les violons qui était récompensé de sa largesse. D'autres que lui pouvaient tirer les marrons du feu. Dans l'exemple de Sorel, du reste, Laurette, à qui était adressé le concert, se trouvait pendant ce temps-là au lit avec un autre homme, elle avait pris son plaisir avec son luth.
« On dit proverbialement : il paye les violons & les autres dansent ; pour dire il fait les frais , il a toute la peine d'une chose, & les autres le plaisir », Furetière.


Un billet doux

Lettre d'amour 
« Ne voilà-t-il pas un billet doux qu'elle laisse tomber de sa poche ? », Beaumarchais, le Mariage de Figaro 
« Entre tant de métiers mis dans votre panage, C'est celui de porter, je crois, des billets doux Qui vous occupe davantage », Regnard 
« Billets de change étaient mes billets doux », Voltaire 
« On sait, pour lire unbillet doux, Quel moyen prennent nos coquettes », Béranger

Notons qu'à en croire une experte, Ninon de Lenclos, les regards sont les premiers billets doux des amants...