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Cheval de bataille

Sujet favori sur lequel on revient constamment et que l'on défend avec acharnement
Plus tard, on s'inspirera de l'appellation enfantine dada pour signifier la même chose, car qu'est-ce qu'un dada sinon une marotte ? Bon, et le rapport avec la Bible dans tout ça ? Yahvé fera son cheval de bataille (littéralement, cheval d'honneur à la guerre) de son troupeau, le peuple de Juda, délaissant les pasteurs (ceux qui vont à cheval) contre lesquels sa colère s'est enflammée. Les guides du troupeau (les bergers mais aussi les boucs) désignent-ils les dirigeants d'Israël et de Juda, ou ceux des nations voisines, que promet de désigner le Seigneur ? La prophétie, ajoutée tardivement à celles de Zacharie, rappelle l'élection des deux tribus (Israël et Juda), mais contient également des anathèmes contre le mauvais pasteur qui délaisse son troupeau. Il est donc difficile de trancher. 
AT - Livre de Zacharie, livre 10, verset 3


La plus noble conquête de l'homme

Buffon, Histoire naturelle, t. IV, le Cheval (1753)
Les 36 volumes de l'Histoire naturelle, générale et particulière que Buffon, intendant du Jardin du roi, publie de 1749 à sa mort, en 1788, constituent une des plus grandes entreprises éditoriales soutenues par un seul homme. Les trois premiers tomes, parus en 1749 et consacrés à la Théorie de la Terre et à l'Histoire de l'homme, lui ont valu une semonce de la faculté de théologie.
En 1753, il est reçu, sans avoir fait acte de candidature, à l'Académie. C'est dire l'importance du volume qui paraît cette année-là, premier des douze consacrés aux animaux, premier de sa carrière académique, et contenant une réponse docile aux admonestations des autorités religieuses... 



Avoir la fringale

Une faim de loup pour un cheval 
En ancien français, avoir une faim de loup se disait avoir la faim-valle (du germain walf, loup). Le mot sera déformé en faim-calle puis en fringale qui est le nom actuel de la boulimie subite du cheval.


Jeter de la poudre aux yeux

Surpasser à la course 
En 1559, jeter de la poudre aux yeux, c'était surpasser ses concurrents à l'image du chevaucheur de tête dont la monture soulève la poussière de la route, aveuglant ses suivants. 
Le mot poussière remplacera la poudre au XVIIe siècle quand cette dernière sera devenue à canon ou de riz. Jeter de la poudre aux yeux prendra alors son sens actuel de chercher à éblouir.


La cheville ouvrière

Réservée à la direction 
Pièce essentielle d'un attelage, la cheville ouvrière reliait le train avant au timon. Si, par malheur, cette grosse cheville de bois cassait, la direction lâchait, c'était la catastrophe. La diligence finissait au fossé. Cette cheville travaillait beaucoup, d'où son nom d'ouvrière. 
Rien à voir donc avec les ouvriers et le monde du travail !


Le coup de l'étrier

Le dernier petit verre 
Le coup de l'étrier, c'est le dernier petit verre avant le départ, supposé aider le cavalier à surmonter la fatigue du voyage. Pour être sûr d'en bénéficier, certains faisaient se même confectionner des étriers creux qui renfermaient une réserve d'alcool. Il en existe un au musée de Pau.


Mettre le holà

Pour arrêter la carriole 
Quand les chevaux tirent à hue et à dia (en sens opposé), ou n'entendent ni à hue ni à dia (n'entendent pas raison), il vaut mieux tout de suite mettre le holà
Ces trois onomatopées qui servent à conduire les chevaux attelés sont entrées dans le langage courant grâce à ces trois expressions : hue ! est pour le faire avancer ou aller à droite ; dia ! pour le faire tourner à gauche, et holà ! pour le faire stopper.


Mettre le pied à l'étrier

Pour mieux monter en selle 
L'étrier est en quelque sorte une marche pour grimper sur le dos du cheval, mais cette marche est tout de même haut placée. Mieux valait donc se faire aider pour prendre place sur la selle. C'est le sens de l'expression.


Ne pas être dans son assiette

Être mal assis 
Au Moyen Âge, même les seigneurs mangeaient avec leurs doigts, se servant à même le pot. Il n'y avait qu'une écuelle pour deux. On partageait le potage avec son voisin. Pas une seule assiette sur la table, seulement autour de celle-ci ! 
En effet, le terme d'assiette a commencé par désigner la manière dont les convives étaient assis autour de la table. On parlerait aujourd'hui de protocole. Il y avait le bon bout de la table, près du seigneur et le bas bout où se tenaient les inférieurs.
Ne pas être dans son assiette signifie donc ne pas se sentir à sa place et par extension se sentir mal. Il faudra attendre Louis XIII pour que le récipient personnel disposé devant chacun prenne le nom d'assiette.
Le sens premier du mot se retrouve chez le cavalier qui a une bonne assiette (il est bien assis en selle) et chez le percepteur : l'assiette de l'impôt est sa base de répartition.

Prendre ombrage (de quelque chose)

Comme un cheval ébloui 
Un cheval n'a pas peur de son ombre mais de l'ombre dans laquelle il rentre brutalement. Sans doute sa pupille met- elle un temps assez long à s'ouvrir. Les cavaliers disent qu'il prend ombrage, qu'il est ombrageux. 
On le disait déjà du temps de Jeanne d'Arc. Un peu plus tard, on le dira de l'homme susceptible ou jaloux. Mais sans percevoir l'analogie avec le comportement du cheval. 
Dans l'expression voisine porter ombrage, seul subsiste la crainte d'être éclipsé relégué dans l'ombre par un personnage qui fait de l'ombre.


Ronger son frein

Pour prendre le mors aux dents 
Les automobilistes d'aujourd'hui ne pensent plus qu'au départ, le frein était le mors du cheval que l'on tirait pour le faire s'arrêter. Ronger son frein, c'est agir comme un cheval impatient qui mâchonne son mors avant de prendre le mors aux dents en saisissant les branches du mors entre ses incisives pour le rendre inopérant.


Ruer dans les brancards

Ruer dans les brancards vient de l'image d'un animal fougueux, voire capricieux, n'en faisant qu'à sa tête, ruant parce que trépignant d'impatience, dans les brancards, car empêtré.
On rue dans les brancards lorsque l'on va trop vite, que l'on est un animal un peu vif, nerveux et agité. Il s'agit d'aller dans tous les sens, sans cohésion (les brancards étant chacune des deux rallonges de bois entre lesquelles on attelle un cheval) : un cheval qui rue dans les brancards est difficile à contenir, donc.


Tenir la dragée haute

Pour un dressage en douceur 
Certains y voient la dragée proposée à l'enfant obéissant ou le petit susucre donné au chien qui fait le beau. Pour d'autres, il s'agit de la dragée de fourrage donnée au cheval.
L'expression plus ancienne avoir mis le râtelier trop haut à quelqu'un (aujourd'hui, on dirait avoir mis la barre trop haute) confirme cette hypothèse. La dragée ordinaire (du latin dravoca, ivraie), faite de fourrage, est toujours à la portée de la bouche du cheval dans sa mangeoire. Mais ce qu'on appelait la dragée de cheval, un mélange de grains poussés en herbe, était tenue hors de sa portée, au-dessus du râtelier. On ne lui en délivrait que pour le récompenser d'un effort méritoire.


Jouer les Cassandre

Elle n'empêcha pas la chute de Troie 
Fille de Priam, roi de Troie, la belle et ténébreuse Cassandre était aimée du dieu Apollon. Pour obtenir ses faveurs il lui donna le don de prophétie. Mais elle se refusa quand même à lui. Terriblement offensé, il se vengea en décrétant que plus jamais les prophéties de Cassandre ne seraient prises au sérieux. 
Elle prédit la chute de Troie. Elle s'opposa à l'entrée du cheval de bois des Grecs. En vain ! Le drame fut consommé par l'incendie de la ville, le massacre des hommes et la réduction des femmes à l'esclavage. Dont Cassandre !


Prendre à défaut

On ne perçoit plus l'origine cynégétique de la locution. Quand un cerf rusé parvient à prendre en défaut la meute et lui fait perdre sa trace, les veneurs font faire aux chiens une grande boucle pour retrouver ses empreintes en avant de l'endroit où ils l'ont perdu. Ainsi peuvent-ils les remettre sur la voie de l'animal. Cela s'appelle prendre les devants.
Prendre à défaut, remettre sur la voie : encore deux autres locutions venues de la chasse à courre sans qu'on en ait bien conscience.


Prendre les devants

Pour retrouver la bête 
On ne perçoit plus l'origine cynégétique de la locution. Quand un cerf rusé parvient à prendre en défaut la meute et lui fait perdre sa trace, les veneurs font faire aux chiens une grande boucle pour retrouver ses empreintes en avant de l'endroit où ils l'ont perdu. Ainsi peuvent-ils les remettre sur la voie de l'animal. Cela s'appelle prendre les devants. Prendre à défaut, remettre sur la voie : encore deux autres locutions venues de la chasse à courre sans qu'on en ait bien conscience.

Remettre sur la voie

On ne perçoit plus l'origine cynégétique (= relatif à la chasse) de la locution. 
Quand un cerf rusé parvient à prendre en défaut la meute et lui fait perdre sa trace, les veneurs font faire aux chiens une grande boucle pour retrouver ses empreintes en avant de l'endroit où ils l'ont perdu. Ainsi peuvent-ils les remettre sur la voie de l'animal. Cela s'appelle prendre les devants.
Prendre à défaut, remettre sur la voie : encore deux autres locutions venues de la chasse à courre sans qu'on en ait bien conscience.


Être fourbu

Expression bien cavalière ! 
Cette expression est effectivement liée aux chevaux, et s'inspire directement de l'ancien français forboire qui signifiait boire hors de raison, à l'excès
Par la suite, son sens a légèrement évolué pour devenir fatigué par suite d'excès de boisson... 
Plus tard encore, son sens se restreindra à la simple fatigue. Et l'expression, peu usitée, se pare même d'une certaine élégance...


Avoir de la branche

Comme un pur-sang 
Cette branche ne pousse pas sur quelque arbre généalogique, fût-il de famille royale. C'est un terme de manège. Un cheval qui a de la branche est celui qui a la tête petite, le cou flexible te le garrot long. 
Par analogie avec les chevaux de race, la formule sera appliquée aux personnes ayant de l'allure et de la distinction.

Bitte de cheval

Boyau de circulation d'air reliant les véhicules d'un train 
L'image du cheval traverse l'histoire des transports à commencer par celle du cheval-vapeur. Elle resurgit dans l'atteleur, agent chargé d'accrocher les wagons et de fixer les boyaux d'un train qui, il faut le croire, ressemblent furieusement à des bittes de cheval. 
La terminologie réglementaire n'a pas maintenu l'image mais file tout de même la métaphore, nommant accouplement une paire de boyaux, et demi-accouplement le boyau seul.