Baiser de Judas

Geste d'affection cachant une intention sournoise
C'est au domaine de Gethsémani que Judas salue Jésus d'un baiser qui était en fait un signe de reconnaissance pour les soldats venus l'arrêter.
On s'est interrogé sur la nécessité de ce signe pour un homme aussi public que le Christ. Peut-être y a-t-il un rappel de l'AT : Digne de confiance est l'ami qui blesse, mais un ennemi prodigue les baisers. Mais c'est surtout le symbole du geste d'amour, du baiser sacré censé donner la paix, pour la trahison suprême qui a frappé. On l'a aussi rapproché du baiser de paix que les chrétiens se donnaient à la messe. Jadis, on l'omettait les trois derniers jours de la semaine sainte en souvenir de la trahison.
On a pourtant pu voir dans ce baiser un acte de réconciliation. Judas qui souhaitait conserver à la mission du Christ le caractère d'une rébellion contre Rome, aurait cru que son maître, acculé par la dénonciation, aurait dit oui à la résistance et se serait enfui. La passivité de Jésus aurait été la fin du rêve de Judas, qui n'avait plus qu'à demander pardon de sa trahison. Hypothèse séduisante, mais indémontrable... NT - Évangile selon saint Matthieu, livre 26, versets 48 et 49


Bâtir sur le sable

Se lancer dans une entreprise ambitieuse dont les bases ne sont pas solides, échafauder des hypothèses sans fondement
Celui qui entend les paroles du Christ et les pratique bâtit sur la roche ; mais s'il ne les pratique pas, il bâtit sur le sable.
Jésus dénonce par là tous ceux qui se recommandent de lui mais qui n'appliquent pas son enseignement ; le jour venu, il les renverra.
Pour le repos de bien des chrétiens, il vaudrait mieux oublier ce passage...
NT - Évangile selon saint Matthieu, livre 7, verset 26



Bâton de Moïse

Le bâton, le rameau, la verge d'Aaron, de Moïse
Attribut du commandement et du pouvoir magique
Il s'agit là du bâton de commandement des patriarches qui est la houlette du berger, et l'attribut du chef de clan dans les populations nomades.
Sceptre des rois, crosse des évêques, baguette du magicien (ou du chef d'orchestre !), il restera le symbole du pouvoir qu'il est depuis la Genèse. C'est aussi le symbole du royaume et de la tribu (en hébreu, shêbèt signifie à la fois bâton et tribu. Le bâton de Moïse est celui d'Elohim, il se change en serpent pour convaincre les Hébreux de la mission de Moïse, engendre les dix plaies d'Egypte, ouvre la Mer Rouge, fait jaillir l'eau du rocher du désert. Peut-être indique-t-il l'eau comme une baguette de sourcier ?
AT - Livre des Nombres, livre 17, versets 16 à 26 NT - Épître des Hébreux, livre 9, verset 4


Bâton de vieillesse

Soutien physique ou moral, matériel ou spirituel, d'un homme vieilli
Lorsque Tobit envoie son fils Tobias rechercher de l'argent laissé en dépôt, sa femme lui reproche d'avoir laissé partir le baculum senectutis nostrae, devenu virga manus nostrae (bâton de notre main) dans la Vulgate actuelle.
AT - Tobit, livre 5, verset 18



Benjamin

La coutume de donner à l'enfant nouveau-né le prénom de so rang dans la famille a perduré avec Benjamin qui désigne le cadet de la famille, et d'une manière plus générale, les jeune générations.
Benjamin était le fils de Jacob et de Rachel, l'épouse préférée dont il causa la mort. Il fut d'autant plus cher à son père qu l'appela Binyâmin, le fils de la droite. Dans le contexte biblique il s'agit d'un nom de bon augure, que l'on pourrait traduire pa fils du bonheur. Jacob l'avait choisi à la hâte pour conjurer le mauvais augure du nom donné par Rachel mourante à son fils : Bénoni, fils de ma peine.
Peut-être s'agit-il du nom donné à l'ancêtre éponyme de la tribu de Benjamin, qui aurait été ainsi nommée parce qu'elle s'étai établie au sud des autres tribus d'Israël, et en regardant vers l'est, les fils de la droite étaient en effet les fils du Sud. 
AT- Genèse, livre 35, versets 16 à 20, et verset 24


Bible

Le grec biblon (du nom de Byblos qui contrôle le commerce du papyrus égyptien) signifiait coeur du papyrus et par extension livre. Dans l'AT, c'est encore un substantif ordinaire : livre de la Loi, livre de Moïse... Mais l'emploi absolu se trouve déjà dans Daniel (9,2), où il désigne probablement les livres prophétiques (au pluriel biblia).
C'est sur ce neutre pluriel que l'on forma le féminin singulier bible, qui désigne les deux Testaments dès le IIe siècle (saint Jean Chrysostome).
Par extension, il désigne aujourd'hui un livre de référence, dans lequel tout s'y trouve et retrouve — sauf vous, complètement perdu !!!